20/06/2026
Pourquoi suis-je autant tatouée ?
C'est une question que l'on me pose souvent.
Involontairement, mes tatouages attirent le regard, suscitent la curiosité et le questionnement...
Je ne me rends pas vraiment compte de cette portée car mes tatouages font tellement partie de moi que je les oublie presque.
Ou plutôt, je ne les vois plus comme des tatouages.
Je les vois comme je vois la couleur de mes yeux, celle de mes cheveux ou la forme de mes mains.
Ils sont là.
Ils font partie de moi.
Ils sont moi.
Et chacun d'eux a une histoire.
Je suis une amoureuse des symboles depuis toujours.
Ils me fascinent parce qu'ils racontent bien davantage qu'une image.
Ils portent des histoires, des croyances, des valeurs, des enseignements.
Ils traversent le temps.
On les retrouve dans les mythologies, les contes, les légendes, les traditions spirituelles et les récits fondateurs du monde entier.
Des peuples séparés par des milliers de kilomètres ont donné naissance à des récits différents et pourtant certains symboles reviennent inlassablement.
Ils parlent souvent de transformation, de sagesse, de protection, de renaissance, de voyage, d'ancrage ou de transmission.
C'est cette universalité qui me touche.
Cette capacité qu'ont les symboles à relier quelque chose de profondément intime à quelque chose de profondément humain.
À raconter une histoire personnelle tout en faisant écho à des récits qui nous dépassent.
Mes tatouages sont nés de cela.
Ils racontent mon histoire.
Mes rencontres.
Mes valeurs.
Mes blessures.
Mes apprentissages.
Mes renaissances.
Les moments qui ont façonné la femme que je suis aujourd'hui.
Mais ils racontent aussi les symboles qui m'accompagnent et qui continuent à me guider sur mon chemin.
Un autre aspect du tatouage me parle profondément : la permanence dans l'impermanence.
Un dessin permanent sur un corps éphémère.
Nous vivons dans une époque où beaucoup de choses sont rapides, virtuelles, furtives.
Le tatouage demande autre chose.
Il demande de s'engager.
D'accepter qu'une trace demeure.
Et il y a la douleur.
Une douleur choisie qui a sa place dans le processus.
Lorsque je suis sous les aiguilles, il se passe souvent quelque chose qui dépasse le simple fait d'obtenir un nouveau tatouage.
Le temps ralentit.
L'attention se recentre.
Le corps devient pleinement présent.
C'est probablement pour cela que je perçois le tatouage comme une forme de rite initiatique.
Dans de nombreuses cultures, les passages importants de la vie étaient accompagnés de rituels impliquant le corps afin de marquer une transformation ou une nouvelle étape.
Le regard des autres sur mes tatouages m'importe assez peu.
Certaines personnes les trouvent beaux.
D'autres les trouvent excessifs.
D'autres encore ne comprennent tout simplement pas cette démarche.
Et c'est très bien ainsi.
La beauté reste une notion profondément personnelle qui appartient à celui qui regarde.
Mes tatouages n'ont jamais eu vocation à faire l'unanimité.
Ils ont simplement du sens pour moi.
Aujourd'hui, lorsque je regarde mon corps, je vois une cartographie intime.
Je vois des fragments de mon histoire dialoguer avec des récits bien plus anciens que moi.
Et peut-être est-ce pour cela que je suis auant tatouée.
Les symboles qui me parlent depuis toujours se sont fondus dans ce que je suis.
Comme un processus alchimique.💖💖💖