19/05/2026
𝐉𝐞 𝐬𝐮𝐢𝐬 𝐞𝐱𝐩𝐞𝐫𝐭𝐞 𝐝𝐚𝐧𝐬 𝐥’𝐚𝐫𝐭 𝐝𝐞 𝐥𝐚 𝐟𝐮𝐢𝐭𝐞 𝐞́𝐦𝐨𝐭𝐢𝐨𝐧𝐧𝐞𝐥𝐥𝐞.
Tu sais…
j’ai ce don subtil de sentir quand l’autre va déborder.
Je perçois les prémices.
Les micro-changements.
Les variations de ton qui mettent mon système en alerte.
Et là…
⚠️ Warning interne activé.
Fort avis de tempête émotionnelle en approche.
Alerte.
Alerte.
La vague est proche.
Tous aux abris.
Alors je sors ma cape de super-héroïne.
J’agis en amont pour éviter le tsunami émotionnel :
— je dis “oui” alors que je voulais dire “non”
— je ravale ma frustration
— je me tais
— je minimise
— je fais à la place de…
Bref, je deviens le service de protection civile émotionnelle.
Je porte la responsabilité de l’autre.
Et le pire ?
J’ai sincèrement le sentiment d’avoir fait au mieux pour tout le monde.
Sauf qu’en réalité…
Oui, l’héroïne a empêché la vague d’emporter les autres.
Mais elle, elle se l’est prise de plein fouet.
“Ce n’est pas grave.”
“Je suis forte.”
“Je peux tenir le choc.”
“L’important, c’est que les autres ne souffrent pas.”
Sauf que…
ce n’était pas juste une fois.
C’est devenu un automatisme.
Une seconde nature.
Un réflexe de survie tellement bien entraîné
qu’il ressemble presque à de la gentillesse.
Et puis un jour…
je m’étonne d’avoir mal au dos,
aux épaules,
aux jambes,
partout.
D’être fatiguée.
Épuisée.
Vidée.
Comme si mon corps essayait enfin de m’expliquer
ce que moi, je refuse d’entendre depuis des années :
On ne peut pas passer sa vie
à servir de digue émotionnelle pour tout le monde
sans finir fissurée quelque part.
C’est fou comme c’est devenu naturel
de tout porter pour les autres.