24/12/2022
***A la rencontre des apiculteurs des sources du Nil : 2ème partie*** (ou petit conte de Noel)
Être invité chez quelqu’un à la campagne est une expérience riche en toutes sortes d’émotions.
En franchissant le seuil, vous quittez la lumière vive pour un monde de pénombre profonde.
Nous nous installons sur les banquettes que nous a désigné notre hôte avant de disparaitre.
Assise sur une peau de chèvre, adossée au mur de terre, mes yeux commencent progressivement à distinguer l’intérieur intemporel du siècle dernier, du moyen-âge, de l’antiquité, du début de la civilisation,…. Un cocon naturel rassurant. L’essence même du foyer. Pas besoin de mobilier superflu. Les banquettes sont faites de terre battue comme les murs et le sol. Il suffit de planter un morceau de bois dans le mur pour y accrocher les quelques ustensiles. En franchissant le seuil, j’ai peut-être également franchi une faille spatio-temporelle. Quelques intrus me rassurent sur le fait que je suis toujours au 21ème siècle. Notre hôte réapparaît pour nous servir généreusement. Il est difficile de l’arrêter. Il ajoute des galettes à celles déjà présentes et recouvertes de shiro, des pommes de terres cuites à l’eau. D’une énorme bouilloire, on verse la tella dans les verres. La bière fabriquée dans chaque foyer dont la couleur oscille entre le brun et vert est plate. On est bien loin de la bière pression mais un peu plus proche du lambic. Je joue ma carte joker farangi et je me contente de l’eau en bouteille que j’ai emporté. Vient ensuite l’araki, alcool fort aromatisé d’herbes locales qui ne se sirote doucement dans de touts petits verres. Et puis, un énorme plat de rayons de miel frais comme appelle le miel injera ( du nom de la galette éthiopienne).On croque dans le rayon et on recrache la cire. Délicieux ! Après quelques bouchées, je n’en peux plus. Je suis effarée des quantités que peuvent avaler mes autres compagnons. Par la porte ouverte, seule ouverture de la maison sans fenêtre, le temps est changeant et il risque de pleuvoir. Difficile de se remettre en route après un tel repas. Nous devons encore visiter la ferme de Tèbèta qui a déjà fait prévenir sa femme qui nous attends. Quand je m’interroge sur le fait qu’on était venu pour se rendre chez Kasai, j’apprends qu’il a été décidé de na pas aller jusque chez lui et qu’on a marché dans la direction opposée. Personne n’avait cru bon de me le dire ! Ce sera pour une prochaine fois !