07/07/2026
Aidants : pourquoi est-il si dur de demander de l’aide ?
Demander de l’aide est une évidence en apparence. On pense qu’une personne qui accompagne un proche au quotidien n’a qu’à faire appel à la famille, aux amis ou aux professionnels pour souffler un peu mais dans les faits, de nombreux aidants repoussent ce moment pendant des mois ou des années.
Ce n’est pas qu’ils veuillent tout faire seuls, c’est souvent que demander de l’aide est bien plus difficile qu’il n’y paraît.
L’aidant commence à s'occuper de petites choses : un rendez-vous, des courses, un oubli de médicaments, des démarches administratives puis les responsabilités s'accumulent peu à peu, de plus en plus. Sans s’en rendre vraiment compte, il devient celui qui sait, celui qui organise, celui qu’on appelle dès qu’un problème survient. À la longue cette place finit par paraître naturelle, il est alors difficile d’imaginer quelqu’un d’autre prendre le relais.
• Certains craignent d'importuner les gens qui les entourent, d’autres ont déjà reçu des réponses du type : « Je viendrai quand j’aurai un moment », « Tu gères si bien », « Je ne saurais pas faire ». Ils demandent de moins en moins.
• Certains craignent que l’entourage ne soit pas accueillant à cette nouvelle personne, soit désemparé, soit réticent aux soins, vive mal ce changement. Pour de nombreux aidants, chaque aide nouvelle est une source d’inquiétude supplémentaire avant de devenir un soulagement.
• Il y a des moments où la culpabilité l'emporte. L’aidant se dit qu’il devrait pouvoir y arriver tout seul, qu’il a le devoir d'accompagner, qu’il n’a pas le droit de se sentir fatigué alors que son proche est malade.
Et pourtant, nul ne peut, seul, assurer jour après jour, des mois ou des années de vigilance permanente sans en subir les conséquences.
Demander de l'aide ne veut pas dire qu'on aime moins son proche, ça ne veut pas dire non plus qu'on renonce à son rôle. C’est simplement reconnaître qu’une personne ne peut pas porter seule un fardeau qui était autrefois supporté par une famille, un voisinage ou des professionnels.
En acceptant une passerelle, même ponctuelle, on arrive souvent à préserver ce qui compte le plus : la qualité de la relation avec son proche. Or, quand la fatigue s’installe, la patience s’amenuise, les tensions grimpent et la culpabilité pèse encore plus lourdement.
Alors demander de l’aide n’est pas un signe de faiblesse. C’est parfois une façon de continuer à accompagner plus longtemps sans se perdre complètement. Il n’est pas toujours nécessaire de demander tout de suite une aide importante. De petits changements suffisent parfois à faire la différence.
Voici quelques idées pour commencer, sans se sentir coupable :
• Accepter qu’une autre personne procède autrement, sans rechercher l’excellence.
• Préciser la tâche à confier plutôt qu’une aide générale : faire les courses, accompagner à un rendez-vous, préparer un repas est plus souvent accepté par l’entourage.
• Se renseigner sur les aides existantes avant d’être totalement épuisé : aide à domicile, accueil de jour, plateformes de répit, associations d’aidants ou groupes de parole.
• Oser dire quand ça devient difficile. Les proches n’ont pas toujours conscience de la charge que représente le quotidien d’un aidant.
• S'accorder de petits temps pour soi, même courts, sans les considérer comme un luxe mais comme une nécessité.
• Se rappeler qu'un aidant en meilleure forme est souvent un aidant qui accompagne mieux.
Prendre soin de soi ne retire rien à l'amour que l'on porte à son proche, au contraire, c'est souvent ce qui permet de continuer à être présent dans la durée.
Et vous, qu'est-ce qui est le plus difficile lorsque vous pensez à demander de l'aide ? La peur de déranger, la culpabilité, le manque de solutions ou la difficulté à faire confiance ?