02/06/2026
Ce qui se passe avec l'affaire Bruel me met hors de moi.
Pas parce que c'est surprenant. Parce que c'est tellement prévisible. Les femmes parlent, et hop on retourne la situation. L'homme accusé devient la victime. On pleure sa carrière, son image, ses années de bons souvenirs. Et les femmes qui ont osé ouvrir la bouche ? On les dissèque, on met en doute, on les accuse.
"C'était une autre époque." Cette phrase me révolte. Non. Ce n'était pas une autre époque. C'était hier. Et même si ça avait été il y a cent ans, une violence normalisée reste une violence. Le fait que tout le monde fermait les yeux ne rendait pas ça acceptable. Ça rendait juste tout le monde complice.
Croire les femmes, ce n'est pas être naïve. C'est comprendre que quand une femme parle, elle prend un risque énorme. Personne ne fait ça pour le plaisir.
Et pendant qu'on débat de la culpabilité de l'un, on questionne la tenue de l'autre. Ce qu'elle portait. Comment elle se comportait. Ce qu'elle "renvoyait". Comme si une jupe courte était une invitation. Comme si sourire était un consentement. Comme si une femme pouvait, par sa simple façon d'être, mériter ce qu'on lui fait subir.
Rien. Rien ne justifie ça. Ni la tenue, ni l'heure, ni l'endroit, ni le passé, ni l'image qu'elle donne d'elle-même.
Et le pire, c'est que beaucoup de femmes finissent par y croire elles-mêmes. Par se demander si elles n'ont pas "mal géré", si elles auraient dû s'habiller autrement, parler autrement, être autrement. On leur a tellement répété que leurs signaux étaient mal interprétés, qu'elles exagéraient, qu'elles étaient trop sensibles qu'elles ont intégré le doute comme une vérité.
C'est exactement pour ça que j'ai créé l'atelier Mes Limites, pour qu'on réapprenne à s'écouter, à reconnaître ce qui nous convient et ce qui ne nous convient pas, à faire confiance à ce qu'on ressent. Et à oser le dire, sans s'excuser d'exister.