13/05/2026
“Certaines naissances passent par l’obscurité avant de révéler la lumière”
N y a t il pas des passages dans une vie qui ressemblent à des naissances?
J’ai traversé certains rituels, certaines médecines, des espaces d’initiation où quelque chose en moi s’est défait pour se recréer autrement. À chaque fois, j’ai reconnu ce même mouvement : mourir un peu à ce que l’on croyait être, pour laisser émerger autre chose, plus vrai, plus nu.
Longtemps, j’ai comparé ces expériences à une naissance.
Pas l’image douce et idéalisée que l’on en garde parfois, mais la réalité brute du passage.
Car un rite de passage n’est pas confortable.
Il ne caresse pas, il bouscule.
Il m a emmené là où je ne voulais pas aller : dans mes zones d’ombre, dans mon chaos intérieur, dans ces endroits où je ne pouvais plus tricher avec moi-même.
J y ai rencontre les peurs, mes résistances, mes parts les plus enfouies.
On s’y confronte, parfois malgré soi.
Et dans cette traversée, il y a souvent de la douleur, du doute, une forme de désorientation.
Mais c’est précisément là que quelque chose se joue.
N est ce pas comme pour un accouchement?? N y a-t-il pas un moment où l’on sent que l on ne peut plus revenir en arrière?
Un moment où il faut accepter de lâcher, de s’ouvrir, de laisser le processus nous traverser.
Alors seulement, une autre qualité peut apparaître.
L’amour.
Pas celui que l’on projette ou que l’on attend, mais celui qui naît de l’intérieur, comme une source que l’on découvre après avoir traversé ses propres ténèbres.
Je pense souvent à ces femmes qui accouchent.
À la puissance de ce qu’elles traversent.
À cet espace entre douleur et création, entre perte de repères et surgissement de la vie.
L’accouchement, n est-il pas l’un des rites de passage les plus universels, les plus incarnés?
Un passage où le corps sait, même quand l’esprit doute.
Un passage où l’inconfort, parfois la souffrance, ouvrent un chemin vers quelque chose d’immense.
Et pourtant, ce n’est pas toujours immédiat.
Le réconfort ne vient pas toujours au moment où l’on croit.
L’amour, lui aussi, peut demander du temps pour être reconnu.
Mais il est là.
Comme une source silencieuse, révélée par la traversée.
Comme une lumière que l’on ne peut voir qu’après avoir accepté de passer par l’obscurité.
Estelle Di Zenzo, Sage-femme 🦋
Maternité en Pleine conscience