26/06/2026
: Sauvetage à Dédougou : elle accouche une mère en pleine rue et sauve deux vies...................
Ce mercredi 17 juin 2026, la ville s'éveillait doucement, bercée par la fraîcheur de l'harmattan et les appels à la prière. Mme Coulibaly / Sanou Agathe, anesthésiste au CHR de Dédougou, avançait d'un pas tranquille vers l'église, son esprit tourné vers la messe de 6 heures. Elle portait son chapelet comme une promesse de paix. Et dans son sac, comme un signe du destin, elle avait glissé ses gants médicaux. Une habitude. Une précaution. Une prémonition.
À 5h50 précises, ce mercredi 17 juin, la paix a cédé la place à l'urgence. Et le trottoir est devenu salle d'accouchement.
Le cri qui a déchiré l'aube
Un cri. Pas celui de la prière. Celui d'une femme terrassée par la douleur, accroupie au bord de la route, soutenue par un mari dont le regard trahissait la peur panique. La scène était effroyablement claire : le bébé était déjà là, prêt à naître, la dilatation complète, les secondes qui s'égrènent comme des couperets.
Agathe aurait pu passer son chemin. Elle allait à la messe, après tout. Mais ce mercredi 17 juin, sa foi ne se vivait pas à l'intérieur d'une église. Elle se jouait sur ce bitume, dans les yeux suppliants de cette mère et le souffle court de cet enfant à venir.
Elle s'est agenouillée. Sans blouse, certes. Mais elle avait ses gants. Heureusement, ils étaient dans son sac. Comme si, sans le savoir, elle s'était préparée à ce moment. Elle les a enfilés rapidement, geste mécanique d'une professionnelle rompue à l'urgence. Et avec ses mains désormais protégées, elle a accompagné l'enfant vers le monde.
« J'ai attrapé la vie »
En quelques gestes précis, elle a procédé à l'accouchement. Une traction douce, une rotation, et soudain, les premiers vagissements ont déchiré le silence de ce mercredi 17 juin. Le bébé était vivant. La mère pleurait. Le mari sanglotait. Mais Agathe, elle, n'avait pas fini.
La délivrance restait à faire. Et pour cela, il lui fallait plus que des gants. Il lui fallait du matériel stérile. Alors, elle s'est relevée, a traversé la rue à grandes enjambées, a gravi les escaliers de sa maison, a attrapé sa boîte d'accouchement, sa blouse. Elle est revenue en courant, essoufflée, comme une athlète de l'humanité. Et elle a terminé ce qu'elle avait commencé : la délivrance parfaite, le placenta expulsé, les premiers soins administrés à cette petite vie qui venait de naître au bord du chemin.
Le taxi-moto de l'espoir
Faute d'ambulance, c'est sur un taxi-moto que la mère, le bébé et le mari ont pris la direction du CHR. Trois âmes sur une moto, le nouveau-né blotti contre la poitrine de sa mère, le père serrant sa femme pour qu'elle ne vacille pas. Une image de survie, d'amour, de dignité.
Agathe les a regardés s'éloigner. Ce mercredi 17 juin, elle avait accompli plus qu'un geste médical. Elle avait tendu la main à deux destinées qui lui doivent tout.
« Le destin avait mis des gants dans mon sac »
Interrogée plus t**d, la voix encore tremblante d'émotion, elle confie : « Je suis anesthésiste, pas sage-femme. Mais ce mercredi 17 juin, je n'étais ni l'une ni l'autre. J'étais simplement une femme qui a vu deux vies en danger. Et je ne pouvais pas passer. Heureusement, mes gants étaient dans mon sac. Sans eux, j'aurais dû le faire à mains nues, et le risque d'infection aurait été terrible. »
Son humilité désarme. Mais derrière ce récit, une vérité plus grande affleure : au Burkina Faso, en ce mercredi 17 juin comme tant d'autres jours, des femmes continuent de donner la vie sur les trottoirs, faute de structures accessibles. Ce miracle est aussi un cri d'alarme.
À Dédougou, ce geste héroïque s'est répandu comme une traînée de poudre. Sur les réseaux sociaux, on salue cette « héroïne en blouse blanche », cette femme qui a su transformer l'horreur en victoire. Les messages d'encouragement affluent pour Agathe, et les félicitations pleuvent pour le couple T., devenu parent dans des circonstances que plus jamais une famille ne devrait connaître.
Certains y voient la main de Dieu. D'autres, le fruit d'une préparation minutieuse. Agathe, elle, sourit : « Je ne sais pas si c'était le hasard ou la providence. Toujours est-il que ce matin-là, j'avais des gants dans mon sac. Et c'est avec eux que j'ai sauvé deux vies. »
Ce mercredi 17 juin 2026, Dédougou a vu naître un enfant. Mais il a aussi vu naître une légende. Celle d'une femme qui, au lieu d'aller à la messe, a rencontré Dieu sur un trottoir. Et elle avait tout prévu, jusqu'aux gants.
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