23/07/2026
TROUBLES DE L’ÉJACULATION : ET SI ON EN PARLAIT SANS AMBAGES ?
L’éjaculation est un phénomène naturel, mais elle peut parfois devenir une source d’inquiétude, de frustration ou de souffrance.
Beaucoup d’hommes vivent ces difficultés en silence, par gêne ou par peur d’être jugés.
Pourtant, les troubles de l’éjaculation sont des problèmes de santé reconnus.
Ils peuvent être évalués et, dans de nombreux cas, pris en charge.
Un trouble de l’éjaculation n’est pas forcément un problème d’érection.
Un homme peut avoir une érection satisfaisante et rencontrer malgré tout une difficulté au moment d’éjaculer.
Quels troubles peut-on rencontrer ?
L’éjaculation précoce : l’éjaculation survient plus tôt que souhaité, avec une difficulté répétée à la ret**der.
Elle entraîne souvent de la frustration, une souffrance personnelle ou des difficultés dans le couple.
L’éjaculation ret**dée : il faut une stimulation très longue pour éjaculer, au point que le rapport devient pénible ou doit être interrompu.
L’anéjaculation : aucune émission de sperme ne se produit malgré la stimulation sexuelle. L’orgasme peut être présent ou absent.
L’éjaculation rétrograde : le sperme passe en partie ou en totalité vers la vessie au lieu de sortir par le pénis.
L’orgasme peut alors être accompagné de très peu de sperme, voire d’aucun sperme visible.
L’éjaculation douloureuse : une douleur ou une sensation de brûlure apparaît pendant ou après l’éjaculation.
Ce symptôme mérite une consultation médicale.
Pourquoi cela peut-il arriver ?
Les causes sont variées et peuvent parfois se combiner :
stress, anxiété de performance, fatigue, dépression ou difficultés relationnelles ;
infection ou inflammation de la prostate et des voies génitales ;
diabète, maladie neurologique ou atteinte des nerfs ;
conséquences d’une intervention sur la prostate, la vessie ou le bassin ;
effets indésirables de certains médicaments, notamment certains antidépresseurs et traitements utilisés pour la prostate ou la tension artérielle ;
trouble hormonal ou autre affection médicale ;
habitudes sexuelles ou contexte psychologique particulier.
Un épisode occasionnel peut arriver à tout homme.
Il ne signifie pas automatiquement qu’une maladie est présente.
En revanche, lorsque la difficulté se répète, apparaît brutalement après une période normale, provoque une souffrance ou perturbe la vie du couple, il est conseillé de consulter.
Que faire concrètement ?
Ne gardez pas le problème pour vous : en parler avec votre partenaire peut réduire la pression et les incompréhensions.
Observez la situation : depuis quand le trouble existe-t-il ? Est-il permanent ou occasionnel ? Survient-il dans toutes les situations ?
Préparez la liste de vos médicaments et signalez au médecin toute maladie connue, notamment le diabète ou un problème neurologique.
N’arrêtez jamais seul un traitement prescrit, même si vous pensez qu’il est responsable du trouble.
Évitez l’automédication, les produits vendus comme stimulants sexuels et les recettes non contrôlées.
Ils peuvent être inefficaces, dangereux ou ret**der le bon diagnostic.
Consultez un médecin ou un urologue. Selon la cause, la prise en charge peut associer des conseils, un accompagnement psychologique ou sexologique, le traitement d’une maladie sous-jacente et, si nécessaire, un médicament prescrit.
Il n’existe pas un traitement unique pour tous les troubles de l’éjaculation.
La bonne prise en charge dépend du type de trouble et de sa cause.
Un entretien médical confidentiel permet souvent d’orienter le diagnostic et de proposer une solution adaptée.
Parler de sa santé sexuelle n’est ni honteux ni un signe de faiblesse.
Consulter, c’est prendre soin de sa santé, de sa fertilité et de son couple.
Vous avez une question sur ce sujet ?
Vous pouvez la poser en privé.
Votre confidentialité sera respectée.
Dr Rafiou TORE SANNI
Chirurgien urologue.
Parlons Urologie