02/04/2025
"On s'habitue à tout, même à ce que l'on n'acceptera jamais." – Claude Charron.
Cette citation me fait penser à mon travail en communication consciente. Je rencontre souvent des personnes prises dans une relation hautement inconfortable, résignées à la subir. Parfois, la situation est si complexe qu’il existe peu de marge de manœuvre pour l’améliorer. Mais bien souvent, une transformation significative de notre qualité de vie est possible… à condition d’oser quelques conversations malaisantes.
Ce qui est tough, c'est qu'on a très peu d'exemples de communication consciente autour de nous. Ouvrez la télé, et on voit surtout des gens aborder les conflits comme une compétition de qui a raison. Ouvrez Facebook, et c'est encore pire. L’être humain est hautement influencé par les comportements de ses semblables.
On finit par normaliser ce qu’on voit le plus souvent. Si on est constamment exposé à des débats où l’objectif est d’écraser l’autre, à des interactions où l’émotion est perçue comme une faiblesse ou à des discussions où personne n’écoute vraiment, on intègre inconsciemment ces schémas. Ils deviennent notre réflexe, notre référence en matière de communication.
Quand notre entourage fonctionne de cette façon, difficile d’imaginer qu’une autre manière d’interagir est possible. Exprimer un besoin sans accuser, écouter sans interrompre, poser des questions au lieu de supposer… Ce sont des gestes simples, mais qui demandent une déconstruction de nos réflexes. Et cette déconstruction est d’autant plus difficile qu’on nage dans un environnement qui renforce l’inverse.
C’est pour ça que la communication consciente demande un effort volontaire : c'est un choix de se désolidariser de ce qui nous a été montré et de cultiver activement d’autres manières d’être en relation. Un choix qui, souvent, demande d'être le premier à faire différemment, même quand personne autour de nous ne le fait encore.
J'ai envie de vous laisser avec une citation du poète René Char :
"Impose ta chance, serre ton bonheur et va vers ton risque. À te regarder, ils s'habitueront."