16/08/2026
J’ai passé des années à courir après l’abondance.
Puis je l’ai trouvée dans un appartement miteux.
Noël 2016. Je vivais dans un petit appartement miteux. Je n’avais pas beaucoup d’argent, je n’avais pas l’impression d’avoir réussi et, si vous m’aviez demandé à ce moment-là si je vivais dans l’abondance, j’aurais probablement ri.
Pendant des années, je m’étais évalué selon l’image que je me faisais d’un homme qui réussit. L’argent, une belle maison, une carrière réussie, la reconnaissance, la capacité de subvenir aux besoins de sa famille. Selon ces critères-là, disons que je n’étais pas exactement en train de gagner.
Mais ce Noël-là, mes deux plus jeunes filles étaient avec moi. Elles avaient six et huit ans et nous étions simplement assis dans leur chambre à jouer ensemble.
Il ne se passait rien d’extraordinaire. Pas de voyage dispendieux, pas de Noël spectaculaire, pas de moment digne d’Instagram. Juste un père et ses deux petites filles.
Elles me posaient des questions et je leur répondais franchement. Parfois, mes réponses les faisaient rire. Parfois, leurs questions me faisaient rire. Et pour une fois, je n’étais pas ailleurs dans ma tête.
Je ne pensais pas à l’argent ni au lendemain. Je n’essayais d’impressionner personne. J’étais simplement là, présent à cent pour cent.
Et tout à coup, je l’ai ressenti. L’amour. Un amour pur, simple, sans conditions.
J’avais tellement peur que mes filles ne m’aiment pas parce que j’avais l’impression de n’avoir rien à leur offrir. Pourtant, elles étaient là et ne me demandaient que la seule chose qu’elles voulaient réellement de moi : ma présence.
Quelque chose a changé en moi ce soir-là.
Et si je m’étais trompé sur l’abondance?
Pendant la majeure partie de ma vie, je pensais que l’abondance était quelque chose qu’on devait atteindre. Quelque chose qui nous attendait au bout du chemin. Travaille assez fort, fais assez d’argent, réussis suffisamment et, un jour, tu vas finir par y arriver.
Mais assis dans cet appartement avec mes filles, j’étais en train de vivre l’abondance alors que matériellement, j’avais très peu. C’est là que j’ai commencé à remettre ma définition en question.
Et si l’abondance n’était pas seulement financière? Et si l’abondance, c’était aussi la paix, l’amour, l’harmonie, la santé, les relations, la gratitude et les fous rires?
Et oui, la prospérité financière aussi. L’argent est important. Je suis entrepreneur, je ne vais certainement pas prétendre le contraire. Mais l’argent est une forme d’abondance. Ce n’est pas toute l’abondance.
Cette prise de conscience a commencé à transformer ma vie. Pas du jour au lendemain, pas par magie et certainement pas parfaitement. Ça a pris des semaines, des mois et éventuellement des années.
Parce qu’ensuite, j’ai dû faire face à quelque chose de beaucoup plus difficile : ma propre responsabilité.
La responsabilité sans se condamner
J’avais passé beaucoup de temps à expliquer pourquoi ma vie était rendue là. Des choses m’étaient arrivées, dont certaines vraiment difficiles.
J’avais vécu des traumas dans mon enfance, des dépendances, des échecs familiaux et professionnels et la guerre. J’avais certainement assez de raisons pour expliquer ma situation.
Mais un jour, j’ai dû me poser une question inconfortable : quelle partie de ma vie m’appartient?
Pas parce que tout ce qui m’était arrivé était de ma faute. Ce ne l’était pas. La responsabilité et le blâme sont deux choses complètement différentes, et comprendre cette distinction a changé énormément de choses pour moi.
Parce que si tout ce qui se trouvait dans mon présent était la responsabilité de quelqu’un d’autre, alors je donnais aussi à quelqu’un d’autre le pouvoir de changer mon avenir. Je ne voulais plus vivre comme ça.
Accepter ma responsabilité est devenu un geste d’amour envers moi-même. Je m’aimais assez pour arrêter de me mentir.
Puis j’ai compris autre chose. Si je pouvais m’aimer assez pour accepter ma responsabilité, peut-être que je pouvais aussi m’aimer assez pour me pardonner.
Me pardonner mes mauvaises décisions, les gens que j’avais blessés, mes échecs et toutes les fois où j’aurais dû faire mieux, mais où je n’avais tout simplement pas les outils pour le faire.
Puis est arrivée la dernière pièce : l’action.
Me pardonner sans rien changer m’aurait simplement ramené au même endroit. J’ai donc commencé à changer, lentement, imparfaitement, une décision à la fois.
Mes erreurs sont devenues des panneaux indicateurs
Je fais encore des erreurs. Bien sûr que j’en fais. Je suis humain.
La différence, c’est qu’aujourd’hui, je ne les regarde plus de la même façon. Je les vois davantage comme des panneaux indicateurs sur le chemin de la vie.
Si vous conduisez quelque part et que vous réalisez que vous êtes sur la mauvaise route, vous ne vous stationnez pas à côté du panneau pendant trois ans pour vous traiter d’idiot. Vous ajustez votre direction.
C’est ce que nos erreurs peuvent devenir. De l’information. Un petit panneau qui dit : « Jeff, cette direction-là ne fonctionne pas. »
Parfait. J’ajuste, j’avance et je continue.
Ce Noël de 2016 n’a pas changé instantanément ma situation. Mais il a changé ma direction. Et des années plus t**d, il m’a aidé à mettre des mots sur le principe qui allait devenir la fondation de mon livre : **Amour + Actions = Abondance.**
L’amour nous donne une raison d’avancer et nos actions donnent à cet amour une façon de s’exprimer dans le monde réel.
L’abondance n’est pas toujours l’argent, la reconnaissance ou une réussite spectaculaire. Parfois, l’abondance, c’est la paix. Parfois, c’est le pardon, la santé, une relation qu’on reconstruit ou simplement le bonheur de rire à nouveau.
Et parfois, l’abondance ressemble à deux petites filles assises dans un appartement miteux, en train de rire avec leur père pendant que celui-ci réalise enfin que ce qu’il cherchait depuis des années était déjà juste devant lui.