21/04/2026
Ce que nos résistances disent de nos blessures. ❤️🩹
On résiste souvent à ce qui nous ferait du bien.
On reporte la thérapie, évite les conversations difficiles, fuit l’intimité et sabote ce qui commence bien. On reste dans ce qui fait mal plutôt que de risquer ce qu'on ne connaît pas.
╰┈➤ Ce n'est pas de l'autosabotage au sens péjoratif du terme. C'est une protection.
— La logique des résistances —
Nos résistances ont une logique. Elles se sont construites à un moment de notre histoire (souvent dès l’enfance) où elles étaient nécessaires pour survivre, pour ne pas être blessé à nouveau et pour garder le contrôle sur quelque chose qui semblait menaçant.
En psychotrauma, on appelle cela des réponses adaptatives : face à un environnement imprévisible, douloureux ou insécure, le système nerveux apprend à se protéger:
Il enregistre : "ce type de situation = danger". Et il réactive cette protection chaque fois qu'une situation similaire se présente et ce, parfois des années plus t**d, même quand le danger a disparu.
En TCC, on parle d'évitement expérientiel : la tendance à fuir les émotions, les pensées ou les situations inconfortables qui nous rappellent une douleur ancienne. Cet évitement soulage à court terme mais renforce l'anxiété à long terme.
— Pourquoi elles persistent —
Le problème, c'est que ces résistances continuent de fonctionner longtemps après que le danger a disparu. Le cerveau ne faisant pas la différence entre un souvenir douloureux et une menace réelle, il réagit de la même façon.
Ce mécanisme est bien décrit dans la littérature sur le psychotrauma : les réponses de survie s'automatisent et se généralisent. Ce qui protégeait devient ce qui emprisonne, non pas par faiblesse mais par fidélité à une ancienne logique de survie.
— Ce qu'elles protègent —
Regarder ses résistances avec curiosité plutôt qu'avec honte, c'est déjà commencer à comprendre ce qu'elles protègent.
Et ce qu'elles protègent, c'est presque toujours une blessure qui mérite d'être entendue, non pas pour être ressassée, mais pour être intégrée.
C'est précisément ce que permettent les approches psychothérapeutiques centrées sur le trauma : créer un espace sécure dans lequel la blessure peut être reconnue sans submerger.
╰┈➤ Tes résistances ne sont pas tes ennemies. Elles sont les gardiennes de ce qui t'a fait mal. Et elles peuvent apprendre, progressivement, qu'il est maintenant sécure de baisser la garde .🤍
💜 Si tu te reconnais dans ces lignes, sache que ce n'est pas une fatalité. Ces mécanismes ont une histoire, et cette histoire peut s'écrire autrement. Ton soignant saura t'accompagner.
📚 Hayes S.C. et al. (1996). Experiential avoidance and behavioral disorders. Journal of Consulting and Clinical Psychology, 64(6), 1152–1168.
📚 Van der Kolk B.A. (2014). The Body Keeps the Score. Viking.
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