Ce que nos fonctionnements racontent

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Ce que nos fonctionnements racontent Psychiatre et addictologue, formée au psychotrauma et à la TCC.

Cette page offre des repères cliniques accessibles pour mieux comprendre les fonctionnements psychiques, les vulnérabilités et les ressources mobilisables face aux difficultés psychologiques.

1 personne sur 5 est neuroatypique. Tu connais forcément quelqu'un — peut-être toi-même. ❤️‍🩹Nos cerveaux ne fonctionnen...
25/05/2026

1 personne sur 5 est neuroatypique. Tu connais forcément quelqu'un — peut-être toi-même. ❤️‍🩹

Nos cerveaux ne fonctionnent pas tous de la même façon, et c'est précisément ce qui rend chaque personne unique dans sa façon de percevoir, de ressentir, d'apprendre et d'entrer en relation avec le monde.

Derrière certains comportements qu'on juge trop vite tels que l'inattention, le retrait social, la lenteur, l'intensité émotionnelle, il y a souvent un fonctionnement neurologique différent, pas toujours nommé, pas toujours compris.

Comprendre la neuroatypicité, c'est apprendre à regarder les autres — et soi-même — avec plus de douceur et moins de jugement.

╰┈➤ La neuroatypicité est un univers vaste. Nous continuerons à le déplier, publication après publication. 💜

📚 Doyle N. (2020). British Medical Bulletin, 135(1), 108–125.
📚 Stratégie Nationale TND 2023–2027. France.

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Ton style d'attachement s'est construit bien avant que tu puisses en avoir conscience. 💭Dès les premières années de vie,...
10/05/2026

Ton style d'attachement s'est construit bien avant que tu puisses en avoir conscience. 💭

Dès les premières années de vie, le cerveau fabrique des modèles internes sur ce que sont les relations: peut-on faire confiance aux autres ? Le lien est-il stable ? Mérite-t-on d'être aimé ?
Ces modèles continuent de structurer nos comportements à l'âge adulte, souvent de façon totalement automatique.
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🟢 L'attachement sécure:
Se construit quand la figure d'attachement est disponible, cohérente et sensible. L'enfant apprend que ses besoins trouvent une réponse et que le lien tient dans les moments difficiles.

→ À l'âge adulte : aisance dans l'intimité, capacité à exprimer ses besoins, confiance dans la stabilité du lien.
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🟡 L'attachement insécure-ambivalent:
Naît d'une figure imprévisible — chaleureuse un jour, absente le lendemain. Le cerveau apprend que le lien est incertain et qu'il faut le surveiller en permanence.

→ À l'âge adulte : besoin intense de réassurance, difficulté à tolérer la distance émotionnelle, frustration quand le lien ne suffit jamais tout à fait à apaiser l'anxiété.
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🔵 L'attachement insécure-évitant:
Se construit quand les besoins émotionnels de l'enfant ne trouvent pas de réponse. Le cerveau apprend à les inhiber et l'autonomie devient une stratégie de survie.

→ À l'âge adulte : inconfort face à l'intimité, tendance à gérer seul, difficulté à reconnaître et exprimer ses besoins affectifs.
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🔴 L'attachement désorganisé:
Émerge quand la figure d'attachement est elle-même source de peur (maltraitance, négligence sévère, ou états dissociatifs non résolus chez le parent). Quand la source du danger et la source de sécurité sont la même personne, le cerveau ne peut pas construire de stratégie cohérente.

→ À l'âge adulte : relations intenses et instables, alternance d'idéalisation et de dévalorisation, symptômes dissociatifs fréquents.
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💡 Aucun de ces styles n'est un défaut de caractère. Chacun a une logique. Chacun dit quelque chose d'une histoire singulière.

✨ Et surtout : ils ne sont pas figés. La neuroplasticité permet de former de nouveaux modèles relationnels à tout âge par la thérapie, les expériences sécurisantes et la compréhension de soi.
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Ces mécanismes, on les porte tous. Mieux les comprendre, c'est commencer à s'en libérer. Chaque semaine, on décrypte un mécanisme psychologique — rejoins-nous. 💜

📚 Bowlby, J. (1969). Attachment and Loss.
📚 Ainsworth et al. (1978). Patterns of Attachment.
📚 Main & Solomon (1986). Disorganized attachment pattern.

06/05/2026

❌ "La colère est une émotion négative : une personne émotionnellement stable ne ressent pas de colère."

╰┈➤ La colère n'est ni une émotion négative ni un signe d'instabilité émotionnelle. C'est une émotion désagréable et une messagère précieuse.

Toutes les émotions ont une fonction et nous envoient un message sur ce qu'on vit, ce qu'on ressent, ce dont on a besoin.
La colère en particulier nous signale qu'une limite a été franchie, qu'un besoin n'a pas été entendu ou qu'une valeur importante a été transgressée.

Elle mobilise l'énergie nécessaire pour réagir, se défendre ou poser une limite. Supprimée systématiquement, elle ne disparaît pas — elle se déplace.

— Ce que la science dit sur la suppression —

La recherche de James Gross le montre clairement : on peut masquer sa colère au monde extérieur mais à l'intérieur l'expérience émotionnelle reste entière et l'activation physiologique de l'amygdale et de l'insula augmente. À l'inverse, changer la façon dont on interprète la situation, aussi appelée réévaluation cognitive, réduit cette activation.

╰┈➤ En clair : supprimer sa colère coûte plus cher que l'exprimer de façon régulée.

Réguler sa colère ne signifie pas la faire taire, ni la laisser tout envahir. Il s’agit d’apprendre à l'accueillir, comprendre ce qu'elle signale et choisir comment y répondre.

La TCC et la pleine conscience offrent des outils concrets pour développer cette capacité — pas pour éteindre ses émotions, mais pour ne plus en être prisonnier.

╰┈➤ Apprendre à écouter sa colère pour mieux la réguler : c'est une compétence et elle s'acquiert. ❤️‍🩹

💜 Si ta colère te déborde ou t'échappe, sache que tu peux apprendre à la réguler.

📚 Gross J.J. (2002). Emotion regulation: affective, cognitive, and social consequences. Psychophysiology, 39(3), 281–291.
📚 Goldin P.R. et al. (2008). The neural bases of emotion regulation. Biological Psychiatry, 63(6), 577–586.

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03/05/2026

❌ "Je dors 5 heures mais je suis très productif."

╰┈➤ Voici ce que la science dit vraiment:

Après 17 heures sans sommeil, les performances cognitives équivalent à un taux d'alcoolémie de 0,5 g/L.
Après 24 heures, on atteint 1 g/L.
Personne ne conduirait dans cet état, pourtant beaucoup travaillent, prennent des décisions importantes et interagissent avec leurs proches dans un état équivalent.

Une seule nuit de mauvais sommeil suffit à produire des effets mesurables :

✨ Une amplification de 60% de la réactivité de l’amygdale: le cerveau perçoit davantage de menaces, même là où il n'y en a pas.
✨ Une déconnexion du cortex préfrontal qui ne peut plus exercer son rôle de régulateur émotionnel.
✨ Une altération de la consolidation mémorielle: ce qu'on apprend mal dormi s'ancre moins bien.
✨ Une augmentation de l'impulsivité et une dégradation de la prise de décision.

Et les relations dans tout ça ?

Le manque de sommeil te rend plus irritable, plus réactif, moins capable de réguler ta colère dans toutes tes relations.
Les études montrent une augmentation du cortisol en situation de conflit et une diminution des affects positifs dans les échanges interpersonnels — quelle que soit la nature de la relation.

╰┈➤ Ce que tu interprètes parfois comme un problème relationnel est peut-être, simplement, un problème de sommeil.

Le sommeil est aussi le seul moment où le cerveau élimine ses déchets métaboliques via le système glymphatique , associé à un risque accru de troubles neurodégénératifs en cas de manque chronique.

Bonne nouvelle : la TCC de l'insomnie est recommandée en première intention, avant tout traitement médicamenteux. Efficace, durable, sans effets secondaires.

Dormir suffisamment n'est pas un luxe. C'est une condition neurobiologique fondamentale. 💜

Si tu dors peu par choix ou par nécessité, il n'est jamais trop t**d pour explorer ce que ça coûte vraiment à ton cerveau et ce qu'on peut faire.❤️‍🩹

📚 Yoo S.S. et al. (2007). Current Biology, 17(20).
📚 Cernadas Curotto P. et al. (2022). Affective Science, 3(2), 341–352.
📚 Nedergaard M. et al. (2013). Science, 342, 373–377.

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28/04/2026

Pourquoi on répète toujours les mêmes schémas relationnels ? ❤️‍🩹

Ce n'est ni une fatalité ni un défaut de caractère. C'est la rencontre entre trois mécanismes neuropsychologiques précis, construits tôt et ancrés profondément, mais modifiables.

— Les modèles internes opérants —

Dès les premières années de vie, l'enfant construit des représentations inconscientes de ce que sont les relations, de ce qu'il mérite et de ce qu'il peut attendre des autres.

Ces modèles se forment à partir des interactions répétées avec les figures d'attachement. Quand ces interactions sont marquées par l'imprévisibilité ou la blessure, l'enfant intègre : "voilà ce que sont les relations".

Il passera sa vie à reproduire ce modèle — non par masochisme, mais parce que c'est la seule carte relationnelle qu'il possède.

— La neurobiologie de la familiarité —

Le cerveau ne fuit pas la douleur. Il fuit l’inconnu, même quand l'inconnu pourrait être meilleur. L'amygdale réagit à l'incertitude, pas à la souffrance.
Une relation douloureuse mais prévisible génère moins d'activation qu'une relation inconnue, même bienveillante.

Ce mécanisme explique pourquoi on peut quitter une relation difficile et en recréer une identique sans le vouloir et sans le comprendre.

— Les schémas précoces inadaptés —

Des croyances profondes telles que "je ne suis pas aimable", "les autres finissent toujours par partir", "je ne mérite pas mieux" — orientent nos choix relationnels pour se confirmer elles-mêmes : c'est la confirmation de schéma.

Ces schémas génèrent des pensées automatiques telles que " il s’en fout ", " elle va me quitter " , "vont-ils me supporter ?" — que le cerveau prend pour la réalité.

Nos choix ne sont pas le fruit du hasard. Ce qu'on choisit en l'autre, c'est souvent ce qu'on croit inconsciemment mériter.

La thérapie des schémas et la TCC offrent des outils concrets pour identifier ces patterns et progressivement apprendre à choisir différemment.

╰┈➤ Si tu te reconnais dans ces lignes, sache que ce n'est pas une fatalité. Ces mécanismes ont une histoire qui peut s'écrire autrement. Ton soignant saura t'accompagner. 💜

📚 Bowlby J. (1969). Attachment and Loss. Basic Books.
📚 Young J.E. et al. (2003). Schema Therapy. Guilford Press.
📚 Siegel D.J. (2012). The Developing Mind. Guilford Press.

Tu te reconnais ?

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24/04/2026

❌ "Je ne veux pas qu'on me dise quoi faire de ma vie."

╰┈➤ C'est exactement l'inverse de ce qui se passe en consultation.

La peur de perdre le contrôle de sa vie est l'une des raisons les plus fréquentes qui ret**dent une demande de soin en santé mentale.

Elle repose sur une représentation erronée du rôle du soignant.

— Ce que le soignant ne fait pas —

◾ Il ne juge pas tes choix de vie.
◾ Il ne te dit pas ce qui est bien ou mal.
◾ Il ne prescrit pas de comportements.

Cette posture a un nom scientifique : la non-directivité. Documentée par Carl Rogers en 1951 dans l'approche centrée sur la personne, comme condition essentielle du changement psychique réel.

Le thérapeute ne change pas le patient, il crée les conditions dans lesquelles le patient peut se changer lui-même.

Remarque: non-directif ce n'est pas passif. En TCC par exemple, le soignant est actif, propose des outils, des exercices, une structure.
Ce qui est non directif, c'est le jugement sur tes choix de vie. Pas la méthode.

— Ce que le soignant fait vraiment —

Il crée un espace dans lequel tu peux explorer ce qui se passe en toi (émotions, schémas cognitifs, mécanismes de défense) sans jugement.

À partir de cette compréhension, c'est toi qui décides.
C'est le processus de l'alliance thérapeutique.

Cette alliance se construit sur trois piliers :
◾ Un accord sur les objectifs,
◾ Un accord sur les méthodes
◾ Un lien de confiance mutuelle.

╰┈➤ Ce lien de confiance, c'est toi qui en fixes les limites.

— Une précision importante —

Si tu consultes un psychiatre, sache qu'il est avant tout médecin. Il peut évaluer, diagnostiquer, prescrire si nécessaire mais aussi écouter, accompagner et orienter.
Son rôle n'est pas de contrôler ta vie mais de t'aider à mieux la comprendre.

Consulter, ce n'est pas perdre le contrôle de sa vie. C'est souvent la retrouver. ❤️‍🩹

💜 Si la peur du jugement ou la peur de perdre le contrôle de ta vie t'a jusqu'ici retenu·e de consulter, sache que cette peur est normale et qu'elle mérite d'être dite dès la première séance. Ton soignant saura l'entendre.

📚 Rogers C.R. (1951). Client-centered therapy. Houghton Mifflin.
📚 Bordin E.S. (1979). The generalizability of the psychoanalytic concept of the working alliance. Psychotherapy: Theory, Research and Practice, 16, 252–260.

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22/04/2026

❌ "Palpitations, douleur à la poitrine… je fais une crise cardiaque ?"

╰┈➤ Ces symptômes sont réels. Consulter un médecin pour les explorer et éliminer toute cause organique est indispensable.

Et si les bilans sont rassurants ?
Cela ne veut pas dire que tu inventes. Cela ouvre simplement une autre piste : l'origine psychique.

L'anxiété est l'une des causes les plus fréquentes de symptômes physiques inexpliqués. Elle agit sur trois dimensions:

- Neurobiologique: l'anxiété active le système nerveux sympathique, déclenchant une réponse "combat ou fuite" : tachycardie, tension musculaire, hyperventilation.

- Cognitive: les pensées catastrophiques amplifient la perception des sensations corporelles et entretiennent la spirale de l'alerte.

- Comportementale: l'évitement et la réassurance répétée renforcent le cercle vicieux plutôt que de le rompre.

Ces trois dimensions produisent des symptômes bien réels mais dont les examens classiques ne trouvent pas de cause lésionnelle parce que leur origine est fonctionnelle.

Dans tout le corps, cette activation se manifeste :
✨ Palpitations et douleurs thoraciques: le cœur s'accélère, les muscles intercostaux se contractent
✨ Vertiges et fourmillements: l'hyperventilation modifie le taux de CO₂ dans le sang
✨ Ventre noué, nausées, transit perturbé: le système digestif est directement innervé par le nerf vague
✨ Fatigue inexpliquée: le système nerveux sympathique en alerte permanente épuise les ressources
✨ Sensation d'étouffement, gorge serrée: la tension musculaire du cou et du thorax comprime les voies respiratoires

Des études montrent que jusqu'à 30 % des consultations en médecine générale concernent des symptômes médicalement inexpliqués dont une large part est d'origine psychique.

Tenter de soigner le corps sans explorer l'origine psychique, c'est traiter la conséquence sans toucher la cause. ❤️‍🩹

💜 Si tu vis cela et que tes bilans sont normaux, ton corps exprime quelque chose que les examens ne peuvent pas identifier. Un accompagnement médical et psychothérapeutique pourrait t'aider.

📚 Kroenke K. & Mangelsdorff A.D. (1989). Common symptoms in ambulatory care. The American Journal of Medicine, 86(3), 262–266.
📚 Barsky A.J. & Borus J.F. (1999). Functional somatic syndromes. Annals of Internal Medicine, 130(11), 910–921.

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Ce que nos résistances disent de nos blessures. ❤️‍🩹On résiste souvent à ce qui nous ferait du bien.On reporte la thérap...
21/04/2026

Ce que nos résistances disent de nos blessures. ❤️‍🩹

On résiste souvent à ce qui nous ferait du bien.

On reporte la thérapie, évite les conversations difficiles, fuit l’intimité et sabote ce qui commence bien. On reste dans ce qui fait mal plutôt que de risquer ce qu'on ne connaît pas.

╰┈➤ Ce n'est pas de l'autosabotage au sens péjoratif du terme. C'est une protection.

— La logique des résistances —

Nos résistances ont une logique. Elles se sont construites à un moment de notre histoire (souvent dès l’enfance) où elles étaient nécessaires pour survivre, pour ne pas être blessé à nouveau et pour garder le contrôle sur quelque chose qui semblait menaçant.

En psychotrauma, on appelle cela des réponses adaptatives : face à un environnement imprévisible, douloureux ou insécure, le système nerveux apprend à se protéger:
Il enregistre : "ce type de situation = danger". Et il réactive cette protection chaque fois qu'une situation similaire se présente et ce, parfois des années plus t**d, même quand le danger a disparu.

En TCC, on parle d'évitement expérientiel : la tendance à fuir les émotions, les pensées ou les situations inconfortables qui nous rappellent une douleur ancienne. Cet évitement soulage à court terme mais renforce l'anxiété à long terme.

— Pourquoi elles persistent —

Le problème, c'est que ces résistances continuent de fonctionner longtemps après que le danger a disparu. Le cerveau ne faisant pas la différence entre un souvenir douloureux et une menace réelle, il réagit de la même façon.

Ce mécanisme est bien décrit dans la littérature sur le psychotrauma : les réponses de survie s'automatisent et se généralisent. Ce qui protégeait devient ce qui emprisonne, non pas par faiblesse mais par fidélité à une ancienne logique de survie.

— Ce qu'elles protègent —

Regarder ses résistances avec curiosité plutôt qu'avec honte, c'est déjà commencer à comprendre ce qu'elles protègent.

Et ce qu'elles protègent, c'est presque toujours une blessure qui mérite d'être entendue, non pas pour être ressassée, mais pour être intégrée.

C'est précisément ce que permettent les approches psychothérapeutiques centrées sur le trauma : créer un espace sécure dans lequel la blessure peut être reconnue sans submerger.

╰┈➤ Tes résistances ne sont pas tes ennemies. Elles sont les gardiennes de ce qui t'a fait mal. Et elles peuvent apprendre, progressivement, qu'il est maintenant sécure de baisser la garde .🤍

💜 Si tu te reconnais dans ces lignes, sache que ce n'est pas une fatalité. Ces mécanismes ont une histoire, et cette histoire peut s'écrire autrement. Ton soignant saura t'accompagner.

📚 Hayes S.C. et al. (1996). Experiential avoidance and behavioral disorders. Journal of Consulting and Clinical Psychology, 64(6), 1152–1168.
📚 Van der Kolk B.A. (2014). The Body Keeps the Score. Viking.

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20/04/2026

❌ "Il suffit de vouloir arrêter."

╰┈➤ La phrase la plus blessante qu'on puisse dire à une personne qui souffre d'addiction.

L'addiction n'est pas un défaut de caractère, c'est un trouble neurobiologique qui modifie structurellement et fonctionnellement le cerveau.

Dans ce trouble, le fonctionnement de ces deux structures est altéré :
▸ Le noyau accumbens: circuit de la récompense et de la motivation
▸ Le cortex préfrontal: siège du contrôle inhibiteur et de la prise de décision.

La substance ou le comportement addictif génère une libération massive de dopamine, qui reconfigure progressivement le système de récompense.
Avec le temps, le cerveau ne cherche plus le plaisir, il cherche à éviter le manque. C'est le mécanisme de la tolérance et de l'allostasie : le seuil de récompense se déplace, et rien d'ordinaire ne suffit plus à l'atteindre.

Parallèlement, le cortex préfrontal perd progressivement sa capacité à inhiber les comportements compulsifs et à évaluer les conséquences à long terme.

╰┈➤ Ce n'est plus un choix. C'est un cerveau dont les circuits ont été profondément remaniés.

La volonté seule ne peut pas compenser ces modifications neurologiques.

C'est pourquoi l'arrêt brutal sans accompagnement échoue si souvent , et pourquoi la rechute fait partie du processus de soin, pas de son échec. ❤️‍🩹

💜 Si tu vis cela, ou si tu accompagnes quelqu'un qui le vit, chercher de l'aide est la décision la plus courageuse qui soit.

📚 Volkow N.D. et al. (2016). Neurobiologic advances from the brain disease model of addiction. New England Journal of Medicine, 374, 363–371.

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18/04/2026

"Un traitement psychiatrique ? Pas pour moi, les gens vont penser que je suis fou." ❌

On entend souvent cette phrase. Elle mérite qu'on s'y arrête.

Cette phrase révèle deux phénomènes bien documentés qui, ensemble, constituent l'un des obstacles les plus puissants à l'accès aux soins en santé mentale:

⟡ L'autostigmatisation : l'idée qu'accepter un traitement psychiatrique serait l'aveu honteux d'une fatalité sur ce qu'on est. Or un psychotrope n'est pas un jugement, c'est un médicament. Un médicament qui agit sur des systèmes de neurotransmission dont le dysfonctionnement génère une souffrance réelle, documentée et traitable.

┈➤ On ne questionne pas l'identité d'un patient diabétique parce qu'il prend de l'insuline. Le cerveau n'échappe pas à cette logique.

⟡ La stigmatisation sociale : la peur, légitime, du regard des autres. Elle est l'une des premières causes de non-recours aux soins en psychiatrie dans le monde (OMS, 2021). Elle est le produit d'une méconnaissance collective, pas une vérité sur ceux qui se soignent.

┈➤ La recherche l'établit clairement que cette stigmatisation recule là où l'information progresse.

Refuser un traitement adapté par crainte de ce regard, c'est laisser une souffrance s'aggraver pour préserver une image. 💜

📚 Corrigan, P.W. (2007) · OMS, Mental Health Action Plan 2013–2030

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