Pour les victimes d’inceste

Pour les victimes d’inceste Cette page est un lieu d’échange dédié aux victimes d’inceste.

« Elle se réveille 20 ans après. »« Elle cherche l’argent. »« Elle veut refaire parler d’elle. »« C’est une femme déçue ...
13/06/2026

« Elle se réveille 20 ans après. »

« Elle cherche l’argent. »

« Elle veut refaire parler d’elle. »

« C’est une femme déçue qui se venge. »

À chaque affaire médiatique impliquant une personnalité connue, les mêmes phrases reviennent.

Mais avez-vous déjà réfléchi à ce que représente réellement le dépôt d’une plainte pour viol ou agression sexuelle ?

Imaginez un instant.

Imaginez devoir raconter à un inconnu ce que vous avez vécu dans les moindres détails.

Répondre à des questions extrêmement intimes.

Raconter encore et encore.

Être auditionnée pendant des heures.

Expliquer où, quand, comment.

Être confrontée au doute.

Au regard des autres.

Aux commentaires sur les réseaux sociaux.

Aux articles de presse.

Aux personnes qui vous traitent de menteuse, de manipulatrice, de femme facile.

Imaginez que la personne que vous accusez soit célèbre, admirée, puissante, entourée d’avocats et soutenue par des milliers de fans.

Auriez-vous le courage de parler immédiatement ?

Ou auriez-vous peur ?

Peur de ne pas être crue.

Peur d’être humiliée.

Peur que votre intimité soit disséquée publiquement.

Peur que votre vie entière soit passée au crible.

Beaucoup se demandent pourquoi certaines femmes parlent des années plus t**d.

La vraie question est peut-être : comment ont-elles réussi à parler malgré toutes les raisons de se taire ?

Car déposer plainte n’a rien de glorifiant.

On n’en ressort pas applaudie.

On n’en ressort pas enrichie.

On n’en ressort pas célèbre.

Très souvent, on en ressort épuisée.

Et parfois encore plus exposée qu’avant.

Il est évidemment indispensable de respecter la présomption d’innocence de toute personne mise en cause.

Mais il est tout aussi indispensable de comprendre ce que coûte une prise de parole.

Avant de dire : « Elle se réveille 20 ans après », posez-vous une question.

Si vous aviez été à sa place, auriez-vous parlé plus tôt ?

Ou auriez-vous attendu le jour où la peur serait enfin devenue moins forte que le silence ?

LYHANNA : COMBIEN D'ENFANTS FAUDRA-T-IL ENCORE ?La France pleure aujourd'hui la petite Lyhanna.Une enfant de 11 ans.Une ...
07/06/2026

LYHANNA : COMBIEN D'ENFANTS FAUDRA-T-IL ENCORE ?

La France pleure aujourd'hui la petite Lyhanna.

Une enfant de 11 ans.

Une enfant qui avait toute une vie devant elle.

Comme beaucoup, je pense à sa famille, à ses proches, à leur douleur que personne ne peut imaginer.

Mais derrière l'émotion, une question me hante.

Une question qui devrait tous nous hanter.

Combien d'alertes faut-il avant qu'un enfant soit réellement protégé ?

Au fil des révélations médiatiques, nous apprenons que plusieurs plaintes visant le principal suspect avaient déjà été déposées avant ce drame.

Certaines avaient été classées sans suite.

D'autres étaient encore en cours de traitement.

Bien sûr, seule l'enquête permettra d'établir précisément ce qui s'est passé et les éventuelles responsabilités.

Mais comment ne pas s'interroger ?

Comment ne pas se demander si notre système de protection de l'enfance dispose réellement des moyens nécessaires pour agir suffisamment vite lorsque des signaux d'alerte existent ?

Parce que cette affaire dépasse malheureusement le seul cas de Lyhanna.

Elle nous oblige à regarder une réalité plus large.

Chaque année en France, des dizaines de milliers de plaintes pour violences sexuelles sont enregistrées.

Des milliers concernent des enfants.

Pourtant, de nombreux dossiers sont classés sans suite, souvent faute de preuves suffisantes, faute d'éléments permettant juridiquement de poursuivre, ou parce que les enquêtes n'ont pas permis d'établir les faits avec certitude.

Lorsqu'une information judiciaire est ouverte dans une affaire de violences sexuelles graves, il faut parfois plus de deux ans avant qu'une décision soit prise sur un éventuel procès.

Deux ans.

Deux ans dans la vie d'un enfant, c'est immense.

Alors je pose les questions que beaucoup de parents se posent aujourd'hui :

Pourquoi les violences faites aux enfants ne sont-elles pas traitées comme une priorité nationale absolue ?

Pourquoi les services chargés de protéger les mineurs manquent-ils encore si souvent de moyens humains et financiers ?

Pourquoi la protection de l'enfance reste-t-elle éclatée entre différentes administrations qui peinent parfois à travailler ensemble ?

Et surtout...

À quand un véritable ministère de l'Enfance en France ?

Un ministère dont la seule mission serait de protéger les enfants.

Un ministère doté de moyens réels.

Un ministère capable de coordonner la justice, l'éducation, la santé, les services sociaux et la protection de l'enfance autour d'un objectif unique :

Ne laisser aucun enfant seul face au danger.

Car protéger un enfant ne devrait jamais être une variable d'ajustement budgétaire.

Ce devrait être le fondement même d'une société civilisée.

Chaque fois qu'un enfant meurt alors que des alertes avaient été émises, la même question revient :

Avons-nous manqué de lois ?

Ou avons-nous manqué des moyens nécessaires pour appliquer celles qui existent déjà ?

Aucune réforme ne ramènera Lyhanna.

Aucune décision politique ne réparera l'irréparable.

Mais nous avons le devoir collectif d'essayer de comprendre.

D'essayer d'améliorer.

D'essayer d'empêcher qu'un autre enfant ne subisse le même destin.

Parce qu'un enfant protégé trop t**d reste un enfant qui n'a pas été protégé.

Pour Lyhanna.

Pour tous les enfants.

Et pour ceux que nous pouvons encore sauver.

Parlez, disent-ils.Mais surtout, guérissez en silence.Le plus difficile après l'inceste n'est pas toujours de parler.C'e...
30/05/2026

Parlez, disent-ils.

Mais surtout, guérissez en silence.

Le plus difficile après l'inceste n'est pas toujours de parler.

C'est de constater à quel point les autres ne veulent pas entendre.

Après être sortie de ma prison de silence en 2021, j'ai cru étouffer.

Les mots que je retenais depuis des années m'empêchaient presque de respirer.

Alors je les ai d'abord chuchotés.
Puis pleurés.
Puis expliqués.
Puis compris.

Je les ai vomis parfois.
Je les ai transcendés aussi.

Et peu à peu, j'ai décidé d'en faire quelque chose d'utile : parler pour aider d'autres victimes à sortir du silence.

J'ai cherché partout des moyens de survivre à cette noirceur :

• les psychologues,
• les groupes de parole,
• les témoignages,
• la sensibilisation,
• les conférences,
• la création de mon propre groupe de parole.

Parler m'a reconstruite.
Pas complètement.
Pas magiquement.

Mais suffisamment pour recommencer à respirer.

Aujourd'hui, je n'ai plus honte de dire ce que l'inceste détruit réellement.

Parce qu'un enfant violé ne redevient pas intact simplement parce que les années passent.

L'inceste ne s'arrête pas au moment des faits.

Il s'infiltre dans le corps.
Dans les relations.
Dans la sexualité.
Dans la confiance.
Dans la capacité même à se sentir en sécurité.

Et pourtant, ce qui dérange encore le plus, ce n'est pas l'inceste.

C'est qu'on ose enfin le nommer.

Dernièrement, j'étais à une soirée entre amis.

On parlait des enfants.
De l'école.
Du travail.
Des vacances.
Des rires.
De la vie.

Puis le sujet de l'intimité est arrivé.
C'était léger.
Ça riait.

Certains plaisantaient sur leur manque de moments intimes dans leur couple.

Et moi ?
Moi, je n'ai plus de vie intime.

Pourtant je suis mariée.

Quand je le dis avec précaution, la réaction est presque toujours la même :

« Mais ton mari est tellement à l'écoute. »

Comme si la compassion se déplaçait immédiatement vers celui qui "supporte" les conséquences.

Comme si la souffrance principale devenait celle du conjoint.

Mais demanderait-on à une personne en fauteuil roulant de courir un marathon sous prétexte que son partenaire est compréhensif ?

Pourquoi attend-on encore des victimes qu'elles fonctionnent "normalement" après avoir subi l'impensable ?

Quand j'ose dire que l'inceste a détruit mon rapport à l'intimité, je sens le malaise.

Je dérange.
Je casse l'ambiance.

Comme si le problème était le fait d'en parler.
Et non ce qui nous a été fait.

On demande aux victimes de parler.

Puis, quand elles parlent vraiment, on leur demande souvent de s'arrêter.

« C'est du passé. »
« Il faut avancer. »
« Pourquoi ça a encore des conséquences aujourd'hui ? »

Parce que le traumatisme ne disparaît pas avec le temps.

Parce que le corps se souvient parfois même quand les mots manquent.

Parce qu'on ne traverse pas un tel crime sans traces.

Il y a quelques jours, quelqu'un m'a dit :

« Tu viens de me dire que tu as été violée enfant. Tu n'as pas besoin de me raconter tout ça. Si tu veux, je peux faire comme si je n'avais rien entendu. »

Cette phrase m'a bouleversée.

Comme si remettre du silence par-dessus la douleur pouvait réparer quoi que ce soit.

Mais non.
Je ne me tairai plus.

Oui, je dérange parfois.

Oui, je refuse désormais d'adoucir certaines réalités pour protéger le confort des autres.

Parce que le silence collectif protège rarement les enfants.

Il protège surtout ceux qui détruisent leur enfance.

Je ne parle pas pour provoquer.

Je parle pour que d'autres enfants aient peut-être une chance d'être entendus plus tôt.

Nous n'avons pas besoin que vous répariez notre histoire.

Seulement que vous acceptiez enfin de l'entendre.

Le problème n'a jamais été que les victimes parlent.

Le problème, c'est le nombre de personnes qui préfèrent encore détourner les yeux.

Le jour où une victime d’inceste parle, ce n’est pas un jour de vengeance.C’est souvent un jour de survie.On imagine par...
23/05/2026

Le jour où une victime d’inceste parle, ce n’est pas un jour de vengeance.
C’est souvent un jour de survie.

On imagine parfois que la parole surgit dans la colère.
Mais non.
Souvent, elle arrive après des années de silence, de réflexions, de culpabilité, de peur de détruire une famille, de peur de blesser, de peur d’être rejetée.

Et quand la parole sort enfin, elle bouleverse tout le monde.
Pas seulement celle qui parle.
Aussi celui qui entend.
Celui qui sait.
Celui qui a fait.

Car après les faits, il y a parfois une vie entière passée à tenter d’oublier.
À enfouir.
À minimiser.
À se convaincre que “ce n’était pas si grave”.
Que “l’enfant allait bien”.
Que “ça appartient au passé”.

Puis un jour, la victime parle.
Et tout ce qui avait été enfermé dans le silence revient.

Alors commence parfois une autre prison : celle de la culpabilité.

Comment continuer à vivre en sachant qu’on a détruit une partie de l’enfance de quelqu’un ?
Comment supporter son propre reflet quand on comprend enfin l’ampleur des blessures laissées ?

Beaucoup choisissent le déni.
Les accusations.
Les menaces.
Le silence organisé.

Parce que reconnaître demande un courage immense.
Reconnaître, c’est accepter d’avoir fait l’impensable.
C’est perdre l’image que l’on avait de soi.
L’image que la famille avait construite aussi.

Et pourtant…

Moi, j’ai évolué.
Moi, j’ai affronté la vérité.
Moi, j’ai traversé la honte, la douleur, les souvenirs, le chaos.
Et aujourd’hui, malgré tout, j’ai retrouvé une forme de paix.

Mais eux ?

J’imagine que cela doit être insupportable à vivre.

Voilà presque cinq ans que la porte est ouverte.
Cinq ans que la parole existe.
Cinq ans que le secret n’est plus totalement enfermé.

Et pourtant, leur porte à eux semble s’être fermée à double tour.

Alors finalement, qui est prisonnier aujourd’hui ?

Pendant longtemps, j’ai cru que parler allait me détruire.
Mais parler m’a libérée.

Parce qu’au fond, révéler l’inceste, c’est aussi remettre la culpabilité à l’endroit où elle aurait toujours dû être portée.

Je ne dis pas que vivre avec leur secret est plus difficile que notre traumatisme.
Rien n’efface ce que vivent les victimes.
Rien ne mesure les conséquences sur une vie entière.

Mais je crois qu’il faut une immense avancée vers soi-même pour réussir un jour à aller vers sa victime…Et trouver la force de dire enfin :

“Oui. C’est vrai.”
“Oui. Ce secret n’en est plus un.”
“Oui. Je porte cette responsabilité.”

Car fuir la vérité enferme.
Alors que la regarder en face, aussi douloureux soit-il, est peut-être le seul chemin possible vers une part d’humanité.

Finalement, qu’y a-t-il de plus difficile ?Reconnaître le mal que l’on a fait…
Ou vivre toute une vie avec l’insupportable poids de cette culpabilité ?

“Mais tu étais toujours collée à lui.”“C’est toi qui le cherchais.”Comme si un enfant pouvait être responsable d’un ince...
16/05/2026

“Mais tu étais toujours collée à lui.”
“C’est toi qui le cherchais.”

Comme si un enfant pouvait être responsable d’un inceste.

Comme si l’attachement affectif effaçait la violence.
Comme si la proximité était une preuve de consentement.

Mais non.

Un enfant n’est jamais coupable d’un inceste.
Jamais.
Même lorsqu’il recherche la présence de son agresseur.
Même lorsqu’il semble attaché à lui.
Même lorsqu’il réclame de l’attention, des câlins ou de l’affection.

Parce qu’un enfant ne voit pas les choses avec les yeux d’un adulte.

Les agresseurs incestueux savent créer l’attachement.
Ils savent donner ce qui manque parfois ailleurs :
- de la présence,
- de l’attention,
- des cadeaux,
- des mots rassurants,
- des gestes tendres,
- le sentiment d’être important,
- le sentiment d’être aimé.

Et un enfant qui manque d’amour, de sécurité ou de reconnaissance devient une cible particulièrement vulnérable.

Alors l’enfant s’attache.

Non pas parce qu’il veut les violences.
Non pas parce qu’il les choisit.
Mais parce qu’il cherche naturellement l’amour et le lien.

Avec le temps, j’ai compris quelque chose de très douloureux :
beaucoup de ces gestes,
de cette proximité,
de cette affection apparente n’étaient pas là pour moi.

Ils servaient leurs propres besoins.
Leur propre vide.
Leur propre désir.

Moi, je n’ai jamais eu de plaisir dans ce qu’ils m’ont fait.
Jamais.

Le seul “plaisir” que je ressentais parfois, c’était celui de les voir heureux.

Parce qu’ils comptaient dans mon cœur.
Parce qu’un enfant veut naturellement être aimé par les personnes auxquelles il est attaché.

Mais ils comptaient seulement dans mon cœur.
Pas dans mon corps.

Mon corps, lui, n’avait rien choisi.

Et c’est cela que beaucoup de victimes portent en silence :
la confusion entre l’attachement créé par l’agresseur…
et l’idée fausse de consentement.

Ce n’est pas parce qu’un enfant aime quelqu’un qu’il accepte ce qu’on lui fait.

L’amour d’un enfant ne devrait jamais être utilisé contre lui.
Jamais.

“Ma fille de 3 ans dit que son papa l’a touchée.”Mardi, une maman m’a confié cette phrase dans mon groupe de parole.Une ...
09/05/2026

“Ma fille de 3 ans dit que son papa l’a touchée.”

Mardi, une maman m’a confié cette phrase dans mon groupe de parole.

Une maman de trois petites filles.
Une femme bouleversée.
Enceinte de son troisième enfant au moment des faits.

Quand elle m’a raconté son histoire, quelque chose en moi s’est arrêté.

Parce qu’en un instant, nous ne parlions plus seulement de traumatismes anciens.
Plus seulement de souvenirs d’enfance.
Plus seulement d’adultes qui tentent de survivre avec ce qu’ils ont subi.

Nous parlions d’une petite fille.
Là.
Maintenant.
Aujourd’hui.

Une enfant de 3 ans.

Cette maman a appelé le 119.

Je crois qu’au fond d’elle, elle espérait qu’on lui dise :

“Votre fille invente.”
“Elle a mal compris.”
“C’est un jeu.”

Mais la réponse a été tout autre.

On lui a expliqué que certains mots employés par une enfant de cet âge ne s’inventent pas.

Alors elle a essayé de rester lucide.
De comprendre.
De faire ce qu’il fallait malgré l’horreur.

Elle en a parlé à sa sœur.
Elles ont convenu que si la petite reparlait, elles lui demanderaient de montrer avec un baigneur.

Une semaine plus t**d, la petite a recommencé à parler.
Avec des détails plus difficiles encore.

Alors cette maman a rappelé le 119.
Un signalement a été fait.

Et ensuite…
Le parcours judiciaire.

Le silence imposé.
Les injonctions à “faire comme si de rien n’était”.
L’obligation de continuer à vivre auprès de l’homme qu’elle soupçonne d’avoir agressé leur fille.

Puis les auditions.
D’abord la mère.
Puis la petite.

Une enfant de 3 ans emmenée dans une brigade de gendarmerie sans pouvoir être préparée.
Parce qu’il ne fallait surtout pas éveiller les soupçons du père.

Une enfant terrorisée.
Muette.
Qui ne répète plus.

Comme tant d’enfants sidérés.

Puis l’examen gynécologique.
Lui aussi non préparé.
Toujours pour éviter que le père ne puisse “préparer sa défense”.

Puis l’expertise psychologique.
Conclusion : l’enfant a très probablement subi des attouchements.

Et malgré cela :
classement sans suite.

Aujourd’hui, cette maman vit seule avec ses trois enfants.
Et le père peut réclamer la garde.

Voilà la réalité que vivent certaines mères.

Des femmes broyées entre l’instinct de protection, la violence du système, le doute qu’on fait peser sur elles et cette culpabilité immense :
celle de séparer leurs enfants d’un père qu’elles aiment parfois encore… ou qu’eux aiment profondément.

Cette maman pleurait en me disant :

“Mes filles réclament leur papa.
M’en voudront-elles ?
Comment faire ?”

Et moi…
je me suis sentie profondément démunie.

Parce qu’aucune phrase ne peut réparer cela.

Mais je lui ai dit ceci :

“Tu n’enlèves pas un père à ta fille.
C’est lui qui a renoncé à être son père.

Tu ne détruis pas une famille.
Tu protèges ton enfant d’un homme qui a commis un crime.”

Dire ces mots m’a fait mal.
Profondément.

Parce qu’aucune mère ne devrait avoir à entendre cela.
Aucun enfant ne devrait vivre cela.
Et aucune femme ne devrait porter seule une responsabilité qui appartient uniquement à l’auteur.

Mais il fallait le dire.

Parce que face au déni…
face au silence…
face aux injonctions sociales qui poussent encore tant de femmes à “préserver la famille”…
mettre des mots est vital.

Nommer ne détruit pas.
Nommer protège.

La parole n’est jamais simple.
Elle est parfois terrifiante.

Mais le silence protège toujours le mauvais côté.

Aujourd’hui, je pense à cette maman.
À ses filles.
À toutes celles qui tentent de protéger leurs enfants tout en portant une culpabilité qui ne devrait jamais être la leur.

Je ne sais pas si les mots peuvent réparer ce genre de violence.
Mais je sais que le silence, lui, la laisse continuer.

L’intimité est parfois un endroit extrêmement douloureux pour les victimes de violences sexuelles.Pas uniquement à cause...
06/05/2026

L’intimité est parfois un endroit extrêmement douloureux pour les victimes de violences sexuelles.
Pas uniquement à cause des actes.
Mais parce qu’après un traumatisme, beaucoup ne savent plus vraiment où elles se trouvent elles-mêmes dans la relation.

On parle souvent de la difficulté à dire non.
Mais on parle beaucoup moins de cette autre réalité :

Certaines victimes ne savent plus ce qu’est un vrai oui.

Parce qu’elles ont appris très tôt à s’adapter.
À observer.
À anticiper les attentes.
À faire plaisir.
À éviter le conflit.
À répondre aux besoins de l’autre avant même de ressentir les leurs.

Alors beaucoup entrent dans l’intimité avec une question silencieuse :

“Qu’est-ce que je veux vraiment, moi ?”

Et souvent… elles n’en savent rien.

Parce qu’elles ont passé des années à construire leur sexualité autour du désir des autres.
Autour du regard des autres.
Autour de ce qu’il fallait accepter pour être aimé(e), gardé(e), désiré(e) ou simplement en sécurité.

Certaines victimes ne savent pas si elles désirent réellement certaines pratiques…
Ou si elles ont simplement appris à être désirables.

Combien ont déjà dit oui en espérant secrètement que cela se termine vite ?
Combien ont déjà participé, souri, répondu “ça va”, alors qu’à l’intérieur tout criait l’inverse ?
Combien se sont forcées en pensant que c’était “normal” ?
Combien ont cru que leur malaise était un problème personnel plutôt qu’un signal d’alerte ?

Certaines se dissocient.
Le corps est là.
Mais intérieurement, tout s’éteint.

D’autres attendent que l’autre décide de tout.
Parce que choisir semble impossible.
Parce qu’exprimer une envie donne l’impression de prendre trop de place.
Parce qu’elles n’ont jamais appris que leurs besoins comptaient aussi.

Alors quand un partenaire demande :

“Tu aimes quoi ?”

Le silence arrive parfois immédiatement.

Non pas par absence de désir.
Mais parce que beaucoup de victimes n’ont jamais eu l’espace nécessaire pour découvrir leurs envies réelles.

Certaines ne savent pas demander une caresse.
Ni guider une main.
Ni dire :
“Plus doucement.”
“Pas comme ça.”
“Là j’aime bien.”
“Je préfère autrement.”
Ou simplement :
“Je n’en ai pas envie.”

Parce qu’exprimer ses besoins demande une sécurité intérieure que les violences détruisent souvent profondément.

Quand on a appris que ses limites dérangeaient,
que son corps ne lui appartenait pas totalement,
ou que dire non pouvait avoir des conséquences,
alors l’intimité devient un espace de survie plutôt qu’un espace de liberté.

Beaucoup de victimes vivent alors avec une immense confusion intérieure :
Est-ce du désir ?
De l’amour ?
De la peur ?
Du devoir ?
De l’habitude ?
De la dissociation ?
Ou simplement la peur d’être abandonné(e) si elles refusent ?

Et cette confusion est souvent accompagnée d’une honte immense.

La honte de ne pas réussir à dire non.
La honte de se forcer.
La honte d’avoir accepté.
La honte de ne pas savoir ce qu’on aime.
La honte de ne pas réussir à ressentir “comme les autres”.

Mais il y a une chose essentielle à comprendre :

Quand on a appris à survivre dans l’intimité, ressentir devient parfois plus difficile que faire.

Alors non, les victimes ne sont pas “froides”, “passives”, “contradictoires” ou “incapables d’aimer”.
Beaucoup tentent simplement de retrouver un lien avec elles-mêmes dans un endroit où elles ont longtemps disparu.

Réapprendre est possible.
Réapprendre à écouter son corps.
À reconnaître ses limites.
À découvrir ses envies réelles.
À dire non sans culpabilité.
À dire oui sans se trahir.
À demander.
À guider.
À exister pleinement dans l’intimité.

Parce que le vrai consentement ne consiste pas uniquement à ne pas dire non.

Le vrai consentement existe lorsqu’une personne peut ressentir, choisir, exprimer et être respectée en sécurité.

Et beaucoup de victimes passent leur vie à apprendre comment faire l’amour…
sans jamais avoir appris comment se sentir en sécurité dedans.

🚨 1 ENFANT MEURT TOUS LES 5 JOURS EN FRANCE 🚨Laissez ce chiffre vous heurter.Pendant que vous lisez ce post…Quelque part...
02/05/2026

🚨 1 ENFANT MEURT TOUS LES 5 JOURS EN FRANCE 🚨

Laissez ce chiffre vous heurter.

Pendant que vous lisez ce post…
Quelque part, un enfant vit peut-être ses dernières heures.

Et pourtant, vous n’en entendez presque jamais parler.
Pas de débats.
Pas de mobilisation nationale.
Pas d’indignation collective à la hauteur.
Juste… du silence.

On appelle ça des “faits divers”.
Mais ce n’est pas divers.
C’est systémique.

Ces enfants ne meurent pas “d’un coup”.
Avant ça, il y a eu :
– des cris
– des coups
– des humiliations
– des violences sexuelles
– de la peur quotidienne

Dans de nombreux cas, les signaux étaient déjà là.
Connus.
Repérés.
Parfois signalés.
Mais pas assez entendus.
Pas assez protégés.

Pendant ce temps, d’autres pays européens ont fait de la protection de l’enfance une priorité réelle :
✔️ prévention dès le plus jeune âge
✔️ tolérance zéro face aux violences
✔️ professionnels formés et coordonnés
✔️ parole de l’enfant prise au sérieux

En France, on manque encore de moyens, de coordination…
et parfois de volonté collective de regarder la réalité en face.

Un enfant ne devrait jamais avoir peur chez lui.

Un enfant ne devrait jamais être frappé, humilié ou violé dans le silence.

Et surtout,
un enfant ne devrait jamais mourir sans que cela ne bouleverse tout un pays.

Alors posons-nous une question simple :

👉 Combien d’enfants devront encore mourir avant qu’on réagisse vraiment ?

Ne détournons plus le regard.

J’ai dans mon entourage une personne qui a vécu des violences physiques, psychologiques et sexuelles pendant l’enfance.E...
01/05/2026

J’ai dans mon entourage une personne qui a vécu des violences physiques, psychologiques et sexuelles pendant l’enfance.

Et parfois, en la regardant vivre… j’ai l’impression de voir quelqu’un enfermé dans son propre corps.

C’est une personne qui fonctionne.
Qui travaille énormément.
Qui connaît parfaitement les codes sociaux.
Qui assume ses responsabilités.

De l’extérieur, beaucoup diraient probablement qu’elle est simplement froide, dure ou distante.

Mais quand on regarde plus profondément, on sent surtout quelqu’un qui semble coupé de lui-même depuis très longtemps.

Il parle très peu de ce qu’il ressent.
Presque jamais.

Comme si l’accès à ses émotions était verrouillé.

Il refuse le contact physique.
On ne peut quasiment pas le toucher.
Il n’embrasse pas ses enfants.
Sa compagne ne peut plus le prendre dans ses bras.

Et pourtant, je ne crois pas qu’il soit “sans amour”.
J’ai plutôt l’impression qu’il ne sait plus comment accéder à la tendresse, à la sécurité ou au lien.

Comme si son système nerveux était resté bloqué en mode survie.

Parfois, il peut être excessivement dur émotionnellement avec ses proches, reproduisant malgré lui certains fonctionnements qu’il a lui-même subis enfant.

Et ce qui est troublant, c’est qu’il semble parfois savoir intellectuellement qu’il devrait réagir autrement…

Mais en être incapable intérieurement.

Comme si quelque chose était figé.

Comme si survivre avait pris toute la place.

Je me demande souvent combien de personnes traumatisées vivent ainsi :
présentes physiquement…
mais absentes à elles-mêmes.

Combien vivent en pilote automatique, enfermées dans l’hypercontrôle, le travail, la distance émotionnelle ou la dissociation depuis des années.

Combien ont appris si tôt à couper leurs émotions qu’elles ne savent même plus comment ressentir la proximité, l’apaisement ou la sécurité.

💬 Est-ce que certains d’entre vous ont connu des personnes vivant ainsi ?

Ou peut-être vous reconnaissez-vous vous-mêmes dans cet enfermement intérieur ?

Avez-vous trouvé des choses qui ont aidé :
une thérapie,
une relation sécurisante,
le temps,
la parole,
le travail sur le corps,
ou autre chose ?

❤️‍🩹 Je trouve ce sujet profondément triste, parce qu’on parle souvent des conséquences visibles du trauma…

💔 mais beaucoup moins de ces personnes qui semblent “fonctionnelles” tout en étant intérieurement éteintes depuis des années.

01/05/2026

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