Pour les victimes d’inceste

Pour les victimes d’inceste Cette page est un lieu d’échange dédié aux victimes d’inceste.

03/09/2026

🎬 En cette semaine de rentrée, 2 documentaires et 1 film sur le sujet de l'inceste méritent toute votre attention.

Nous savons que la libération de la parole est essentielle. L'art, le cinéma, le documentaire sont des vecteurs puissants pour briser le silence. J'ai pleinement confiance en nos enseignants, nos proviseurs, nos CPE pour accueillir cette parole dans nos écoles — mais c'est aussi la société tout entière qui doit s'emparer du sujet. Ces 3 créations y contribuent :

🎥 "La Frappe" : au cinéma depuis le 2 septembre
Premier long-métrage de Julien Gaspar-Oliveri, présenté à la Semaine de la Critique du Festival de Cannes 2026, ce film s'inspire d'une expérience personnelle du réalisateur. Il suit Enzo, dont le père vient de sortir de prison, et qui doit désormais vivre avec cette contradiction d'aimer celui qui a détruit une partie de lui.

🔗 Séances et infos : https://www.allocine.fr/film/fichefilm_gen_cfilm=314290.html

📺 "Inceste, le combat d'une vie" : sur Arte
Ce documentaire s'appuie notamment sur le témoignage de Steffy Alexandrian (Association Carl) dont nous avons pu entendre la parole poignante et alarmante lors de la commission d'enquête sur le traitement judiciaire de l'inceste. Un témoignage qui illustre crûment les manques de notre système judiciaire dans la lutte contre l'inceste en France.

🔗 À voir sur Arte : https://www.arte.tv/fr/videos/118653-000-A/inceste-le-combat-d-une-vie/

📽️ "Inceste : du silence à la loi" : sur LCP
Ce documentaire recueille les témoignages de mes collègues Emilie Bonnivard Christian Baptiste et Arnaud Bonnet ainsi que le mien, sur notre combat parlementaire pour mieux protéger les victimes d'inceste, faire avancer la parole et agir concrètement pour que notre système judiciaire soit enfin à la hauteur.

🔗 À voir en intégralité : https://youtu.be/XomD5VWQn30?is=Mfw2k3uL2NFcbtgV

⚖️ La pause des travaux parlementaires n'a en rien ralenti notre détermination. Dès la mi-septembre, la commission spéciale sur la loi intégrale et ses 69 articles sera l'occasion de porter à nouveau des amendements issus des recommandations de la commission d'enquête sur le traitement judiciaire de l'inceste, ainsi que ceux qui n'ont pas été retenus lors de l'examen du PJL protection des enfants en juillet dernier.

Le combat continue. Pour nos enfants. Soyez-en certains 💪

02/09/2026



Le 7 septembre, on se retrouve dans la rue. Avant l’été, la mobilisation autour de la loi intégrale a été exceptionnelle : partout en France, nous étions des milliers à nous rassembler pour exiger une vraie volonté politique face aux violences s3xuelles faites aux femmes et aux enfants.

Pour la rentrée, la mobilisation doit reprendre avec la même force. Nous n’obtiendrons pas cette loi sans pression collective, nous avons besoin de retrouver toutes celles et ceux qui étaient là avant l’été, et d’être encore plus nombreux.ses

Rendez-vous le 7 septembre devant tous les tribunaux et les le mairies de France ✊ On reprend la rue.

02/09/2026
JOUR 3IL EXISTE UN DEUIL SANS CERCUEIL.11h42.Je suis avec quelqu’un.On parle de tout et de rien.Puis, au détour d’une co...
02/09/2026

JOUR 3

IL EXISTE UN DEUIL SANS CERCUEIL.

11h42.

Je suis avec quelqu’un.

On parle de tout et de rien.

Puis, au détour d’une conversation :

« Tu as des nouvelles d’untel ? »

Un membre proche de ma famille.

J’hésite quelques secondes.

« Non… je n’en ai pas. »

Alors la personne me demande :

« Mais… tu sais au moins s’il va bien ? »

Je réponds honnêtement :

« Non. Je ne sais pas. »

Un silence.

Puis cette phrase :

« Enfin quand même… s’il était mort, tu serais au courant. »

Cette phrase m’est restée.

Parce qu’elle part d’une évidence pour la plupart des gens.

Mais pas pour moi.

Quand une famille se déchire après que quelqu’un a parlé de violences…

Quand les téléphones ne sonnent plus.

Quand les messages n’arrivent plus.

Quand on ne vous invite plus.

Quand on ne vous raconte plus les anniversaires, les naissances, les mariages, les maladies…

Comment êtes-vous censé savoir ?



14h00.

Je suis en voiture.

Au loin, je reconnais une voiture.

Je connais cette voiture.

Je reconnais sa couleur.

Sa silhouette.

Peut-être même la façon dont elle roule.

Mon cœur se serre avant même que je sache qui est au volant.

Pendant quelques secondes, je me demande :

« Est-ce que c’est lui ou elle ? »

Puis je continue ma route.

Comme si de rien n’était.

Parce qu’on finit par apprendre à faire ça aussi.

Continuer.

Faire semblant.

Ne pas chercher à savoir.

Ne pas regarder trop longtemps.

Ne pas se demander ce qu’ils deviennent.



17h30.

Je fais mes courses.

Je pousse mon chariot.

Je pense au repas du soir.

À ce qu’il manque dans le réfrigérateur.

À demain.

À la vie ordinaire.

Puis, au détour d’un rayon…

je les croise.

Ma famille.

Ou une partie d’elle.

Je reconnais les visages.

Les voix.

Cette façon de parler que je connais depuis des années.

Je pourrais presque m’arrêter.

Dire bonjour.

Demander :

« Comment allez-vous ? »

Mais je ne le fais pas.

Je baisse les yeux.

Je continue mon chemin.

Eux aussi.

Comme si nous étions des inconnus.

Et c’est peut-être ça, le plus étrange.

Voir des personnes qui ont compté toute une vie…
et devoir faire comme si elles n’avaient jamais compté.

Comme si nous n’avions jamais partagé de repas.

Jamais ri ensemble.

Jamais grandi ensemble.

Jamais eu de souvenirs communs.



On parle beaucoup du deuil lorsqu’une personne meurt.

On vous accompagne.

On vous présente ses condoléances.

On comprend votre tristesse.

Mais que se passe-t-il quand la personne est toujours vivante ?

Quand elle continue sa vie.

Quand elle fête son anniversaire.

Quand elle retrouve le reste de la famille.

Quand elle apparaît sur des photos.

Quand vous savez qu’ils sont tous réunis…

sans vous.

Il n’y a pas de cérémonie.

Pas de cercueil.

Pas de fleurs.

Pas de condoléances.

Juste une absence.

Et parfois même…

l’incertitude.

Est-ce qu’il va bien ?

Est-ce qu’elle est malade ?

Qu’est-ce qu’ils deviennent ?

Est-ce qu’ils pensent encore à moi ?

Est-ce que je leur manque ?

Et parfois…

je ne sais même pas s’ils sont encore en vie.



Pendant longtemps, je me suis demandé si ma parole avait tout détruit.

Si j’aurais dû me taire.

Si j’aurais dû attendre.

Si j’aurais dû protéger tout le monde.

Puis j’ai compris quelque chose.

Ce n’est pas ma parole qui a créé les fractures.
Ma parole les a rendues visibles.

Je n’ai pas créé les violences.

Je n’ai pas créé le silence.

Je n’ai pas choisi ce qui m’est arrivé.

J’ai parlé.

Et parfois, parler signifie aussi perdre des personnes que l’on aurait voulu garder toute sa vie.

Une mère.

Un père.

Un frère.

Une sœur.

Des cousins.

Des oncles.

Des tantes.

Des personnes qui sont toujours vivantes…

mais qui ne font plus partie de votre vie.



Le plus difficile, parfois, ce n’est même pas de ne plus leur parler.

C’est de ne plus savoir.

Ne plus savoir comment ils vont.

Ne plus savoir ce qu’ils deviennent.

Ne plus savoir s’ils pensent à vous.

Ne plus savoir si, quelque part, vous leur manquez.

Et devoir continuer à vivre avec toutes ces questions sans réponse.

Alors si un jour vous croisez une victime d’inceste qui a perdu sa famille après avoir parlé, ne lui dites pas :

« C’est quand même ta famille. »

Demandez-lui plutôt :

« Qu’est-ce que ça t’a coûté de la perdre ? »

Parce qu’il existe des deuils dont personne ne vous présente les condoléances.

Des personnes que l’on pleure…
alors qu’elles sont encore vivantes.

JOUR 2« ÇA VA ? »Il est 8h15.J’arrive au travail.« Ça va ? »Je souris.« Oui, ça va. Et toi ? »Premier « ça va » de la jo...
31/08/2026

JOUR 2

« ÇA VA ? »

Il est 8h15.

J’arrive au travail.

« Ça va ? »

Je souris.

« Oui, ça va. Et toi ? »

Premier « ça va » de la journée.

À 10h30, un message arrive :

« Coucou, comment tu vas ? »

Je regarde mon téléphone quelques secondes.

Est-ce que je raconte ma nuit ?

Mes pensées ?

La tristesse ?

Le manque ?

Non.

J’écris :

« Ça va ❤️ »

Deuxième « ça va ».

À midi, on parle du week-end.

« Samedi, je vais chez mes parents. »

« Dimanche, c’est l’anniversaire de ma sœur. Toute la famille sera là. »

Je souris.

J’écoute.

Je participe à la conversation.

Parce que je ne veux pas que mon histoire prenne toute la place.

Puis quelqu’un me demande :

« Tu peux échanger ton samedi avec moi ? J’ai une fête de famille. »

« Oui, bien sûr. »

Pour elle, c’est juste du planning.

Pour moi, c’est parfois un petit rappel.

Moi, je n’ai plus ça.

Je n’ai plus les repas où tout le monde se retrouve.

Les anniversaires.

Les photos de famille.

Les « Tu viens dimanche chez papa ? »

Ma famille existe toujours.

Ils sont vivants.

Ils rient.

Ils se retrouvent.

Ils fêtent leurs anniversaires.

Mais moi, je n’en fais plus partie.

Et ça aussi, c’est un deuil.

Un deuil sans décès.

Sans cérémonie.

Sans fleurs.

Sans condoléances.

Juste une absence.

Une place vide. La mienne.



À 17h30, je rentre.

Je prépare le repas.

Je m’occupe du linge.

Je souris.

Je vis.

De l’extérieur, tout va bien.

Et pourtant, à 18h02, j’appelle mon psychologue pour décaler un rdv :

« Comment vous sentez-vous aujourd’hui ? »

Et cette fois, j’ai envie de répondre autrement.

Parce que je peux aller bien le matin…

et m’effondrer le soir.

Je peux rire…

et être triste.

Je peux faire des projets…

et avoir mal.

Je peux être heureuse avec ma fille…

et souffrir de ceux qui ne sont plus dans ma vie.

Les deux peuvent exister en même temps.



Alors peut-être qu’un jour, quand on me demandera :

« Ça va ? »

Je ne répondrai plus automatiquement oui.

Je pourrai dire :

« Aujourd’hui, c’est difficile. »

Ou :

« J’ai besoin que tu restes un peu avec moi. »

Ou simplement :

« Je tiens debout. »

Parce qu’une victime ne répond pas toujours « ça va » parce que tout va bien.

Elle répond parfois « ça va » parce qu’elle ne sait pas comment raconter tout le reste.

Alors si vous me demandez aujourd’hui :

« Ça va ? »

Peut-être que je vous répondrai simplement :

« Je suis là. »

Et parfois…

c’est déjà beaucoup.

JOUR 1 — UNE JOURNÉE ORDINAIRE, APRÈS AVOIR PARLÉCette photo a été prise à Paris.Je souris.Nous venions de passer trois ...
30/08/2026

JOUR 1 — UNE JOURNÉE ORDINAIRE, APRÈS AVOIR PARLÉ

Cette photo a été prise à Paris.

Je souris.

Nous venions de passer trois jours ensemble pour les 19 ans de ma fille.

Demain, elle fera sa rentrée.

Une nouvelle année commencera pour elle.

Et demain, comme pour des millions de personnes, une semaine ordinaire recommencera.

Alors j’ai regardé cette photo.

Et je me suis dit :

Voilà ce que vous voyez.

Une femme qui sourit sur les toits de Paris.

Une maman qui profite d’un moment avec sa fille.

Une vie qui semble continuer normalement.

Mais voilà aussi ce que vous ne voyez pas.



6h42.

Je me réveille.

Avant même d’ouvrir les yeux, je pense à eux.

À ma famille.

À ceux qui ne me parlent plus.

À ceux qui me parlent encore, mais différemment.

À ceux qui ont choisi leur camp.

À ceux qui disent qu’ils « ne veulent pas prendre parti ».

Je prends mon téléphone.

Aucun message.

Je savais pourtant qu’il n’y en aurait probablement pas.

Mais je regarde quand même.

Parce qu’une partie de moi espère encore recevoir :

« Comment vas-tu ? »

Un simple message.

Rien.

Je me lève.

La journée commence.

Et personne autour de moi ne voit que je viens déjà de prendre un coup.

Je prépare mon café.

Je fais ce que font les gens ordinaires.

Je m’habille.

Je travaille.

Je réponds aux messages.

Je souris.

Je plaisante même parfois.

Parce qu’il faut continuer.

Parce que le monde, lui, n’a pas changé.

Il faut payer les factures.

Faire les courses.

Prendre rendez-vous.

Répondre aux enfants.

Penser au dîner.

Faire semblant que tout va bien.

Mais certaines choses ont changé.

Avant, je pouvais entendre le mot « famille » sans avoir mal.

Aujourd’hui, il peut suffire d’une photo de famille sur les réseaux sociaux pour me couper le souffle.

Une fête.

Un anniversaire.

Un repas.

Une photo où tout le monde sourit.

Et moi, je regarde cette image avec une question qui me traverse :

« Comment ont-ils réussi à continuer comme si rien ne s’était passé ? »

Parfois, je vois qu’ils se sont retrouvés.

Sans moi.

Je ne dis rien.

Je ferme l’application.

Je pose mon téléphone.

Et je continue ma journée.

Parce que je ne veux pas leur donner le plaisir de savoir que ça me fait mal.

Mais ça fait mal.

Énormément.

Puis il y a les rencontres.

Celles que je redoute.

Un membre de ma famille dans un magasin.

Dans une rue.

Chez quelqu’un.

Je reconnais sa voiture avant même de voir son visage.

Mon cœur accélère.

Je me demande :

« Est-ce qu’il va me dire bonjour ? »

Et parfois, il ne me regarde même pas.

Alors je fais semblant de ne pas l’avoir vu.

C’est étrange de devenir une étrangère pour des gens avec lesquels on a partagé toute une vie.

Et puis il y a les phrases.

Celles qui restent.

« Tu aurais dû te taire. »

« Tu as détruit la famille. »

« Pourquoi maintenant ? »

« Tu es sûre de vouloir aller jusque-là ? »

« C’était il y a longtemps. »

« Tu ne peux pas penser aux conséquences ? »

Alors parfois, le soir, je me demande :

Est-ce que j’ai vraiment détruit ma famille ?

Et puis je me rappelle.

Non.

Je n’ai pas créé les violences.

Je n’ai pas créé le secret.

Je n’ai pas créé les années de silence.

Je n’ai pas choisi ce qui m’est arrivé.

J’ai seulement choisi de ne plus le porter seule.



19h37.

Je prépare le repas.

Une journée presque normale.

Personne ne pourrait deviner qu’au fond de moi, je suis épuisée.

Pas seulement par ce que j’ai vécu.

Par ce qui est arrivé après.

Parce qu’il faut aussi faire le deuil d’une famille telle qu’on la connaissait.

Faire le deuil de certaines personnes encore vivantes.

C’est probablement l’une des choses les plus difficiles à expliquer.

On peut perdre quelqu’un sans qu’il soit mort.

On peut perdre une mère.

Un père.

Un frère.

Une sœur.

Des cousins.

Des oncles.

Des tantes.

Sans qu’aucun cercueil ne soit jamais posé devant vous.

Et personne ne vient vous présenter ses condoléances.

Au contraire.

On vous demande parfois pourquoi vous ne faites pas un effort.

Pourquoi vous ne pardonnez pas.

Pourquoi vous ne tournez pas la page.

Comme si tourner la page était possible quand ceux qui ont écrit votre histoire continuent parfois de nier les chapitres les plus douloureux.



23h18.

Je suis dans mon lit.

La maison est silencieuse.

Et c’est souvent là que tout remonte.

Les souvenirs.

Les questions.

La solitude.

La culpabilité.

Cette pensée qui revient parfois :

« Si je n’avais jamais parlé, est-ce que tout le monde serait encore là ? »

Je connais pourtant la réponse.

Mais mon cœur, lui, ne l’accepte pas toujours.

Alors je respire.

Je me répète que je n’ai pas détruit ma famille.

J’ai cessé de protéger un silence qui me détruisait.

Et demain matin, à 6h42,

je regarderai peut-être encore mon téléphone.

J’espérerai encore un message.

Un « je pense à toi ».

Un « je te crois ».

Un « comment vas-tu ? »

Peut-être qu’il n’arrivera jamais.

Mais je continuerai.

Parce qu’un jour, j’ai compris quelque chose :

Je ne peux pas obliger ma famille à me croire.

Je ne peux pas obliger mes proches à me défendre.

Je ne peux pas obliger ceux qui aiment l’agresseur à regarder ce qu’il a fait.

Mais je peux choisir de ne plus me trahir pour préserver leur confort.

Alors oui…

Ma parole a peut-être changé ma famille.

Elle a peut-être fait tomber des liens.

Elle a peut-être révélé des fractures qui étaient déjà là.

Mais ma parole n’a pas créé les violences.

Et surtout…

je refuse désormais de m’excuser d’avoir survécu au silence.

Demain, une nouvelle semaine commencera.

Ma fille fera sa rentrée.

La vie continuera.

Et moi aussi.

Avec mon sourire.

Avec mes blessures.

Avec mon histoire.

Avec ma parole.

Une image de chaque jour.

Parce que derrière chaque image, il y a peut-être une histoire que vous ne voyez pas.

30/08/2026

Merci Maud Petit 🙏🏻

30/08/2026

Rentrée 2026 : ce que l’on sait du questionnaire "violences sexuelles" qui sera proposé aux élèves de la maternelle au lycée
➡️ https://l.femmeactuelle.fr/0m5

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