20/08/2026
Vu de l’extérieur, mon parcours peut sembler complètement incohérent.
J’ai passé dix ans chez Christie’s, entre Londres, Paris et New York, dans le monde des ventes aux enchères d’art. J’ai adoré ces années. Puis, un jour, j’ai eu l’impression d’en avoir fait le tour, je me suis sentie déconnectée.
Je voulais aller voir ce que j’appelais à l’époque « la vraie vie ». Le monde ne ressemblait pas aux salons feutrés de Christie’s New York.
J’avais cette intuition très précise : je devais aller sur le front (souvent je me demande d’où viennent nos idées). Je savais que j’y resterais dix ans, puis que je ferais autre chose pour le reste de ma vie qui tournerait autour du yoga.
C’est ainsi que j’ai rejoint le Comité international de la Croix-Rouge. J’ai travaillé au plus près des conflits, là où les structures habituelles vacillent et où l’être humain révèle ce qu’il porte de plus lumineux, et de plus sombre.
J’ai voulu comprendre la violence, les conflits, alors assez naturellement je suis partie faire un Msc à SOAS (School of Oriental and African Studies), à Londres. Pour retourner sur le terrain.
Progressivement, mon chemin a pris une nouvelle direction.
La méditation, le yoga, le qi gong, le travail énergétique, puis l’exploration de la conscience et de l’invisible sont devenus le cœur de mes recherches et, finalement, de mon travail.
Christie’s. Les zones de conflit. Un master en économie politique des violences, des conflits et du développement. Quinze années d’exploration de la conscience et de ce qui échappe au visible.
Sur le papier, cela peut ressembler à une succession de ruptures, incohérente.
Mais les étiquettes m’ont assez peu intéressée. Depuis l’adolescence, je sais que je dois faire ce que je sens juste pour moi, même lorsque cela ne fait de sens pour personne d’autre.
Je ne me suis donc jamais demandé si mon parcours était logique. Il est le mien. C’est déjà pas mal.
En revanche, depuis deux ans, je saisis la profondeur de ce qui relie toutes ces étapes.
Depuis le début, je cherche à comprendre l’humain et ce que signifie la vie sur Terre.
En allant sur le front, j’ai rencontré la violence que l’être humain porte en lui et ce qui peut surgir lorsque les forces inconscientes, individuelles et collectives, prennent le dessus.
J’ai d’abord cherché à le comprendre par l’expérience, puis par l’étude.
Aujourd’hui, je poursuis cette même recherche à travers le travail sur la conscience, l’inconscient et l’invisible.
Le terrain a changé. La question, elle, est restée.
Certains parcours ne deviennent cohérents qu’au moment où nous cessons de les regarder comme une succession de métiers, pour reconnaître la question qui les traverse depuis le début.
Quel fil relie les étapes de votre parcours, même celles qui semblaient incompatibles au moment où vous les avez vécues ?