26/08/2026
Elle s'appelait Violette Szabo.â
NĂ©e le 26 juin 1921 Ă Levallois-Perret, d'un pĂšre britannique et d'une mĂšre française. Bilingue, modeste â elle quitte l'Ă©cole Ă quatorze ans pour travailler. Vendeuse. CorsetiĂšre. Rien dans son parcours n'annonçait ce qu'elle allait faire.â
En 1940, Ă dix-neuf ans, elle s'engage dans l'armĂ©e britannique. Le 21 aoĂ»t, elle Ă©pouse Ătienne Szabo, officier de la LĂ©gion Ă©trangĂšre ralliĂ© Ă la France Libre. Ils ont Ă peine le temps d'exister ensemble.â
Le 8 juin 1942, leur fille Tania naĂźt. Quatre mois plus t**d, Ătienne tombe au combat Ă El Alamein.â
Ce deuil, elle ne le portera pas en silence. Elle va le retourner contre l'ennemi.â
En 1943, le SOE â les services secrets de Churchill â la recrute. Elle apprend le sabotage, les codes, la vie clandestine. En avril 1944, elle est parachutĂ©e en France pour la premiĂšre fois, chargĂ©e de rĂ©organiser un rĂ©seau de rĂ©sistance dĂ©mantelĂ©. Mission accomplie. Elle rentre Ă Londres.â
La nuit du 7 au 8 juin 1944 â le lendemain du DĂ©barquement â elle saute Ă nouveau au-dessus de la Haute-Vienne, pour coordonner les maquis locaux. Pour tenir. Pour ret**der ce qui vient.â
Le 10 juin 1944, son vĂ©hicule tombe sur un barrage. Face Ă elle : la 2e division SS Das Reich â la mĂȘme qui, ce mĂȘme jour, brĂ»le le village d'Oradour-sur-Glane. Violette ouvre le feu. Elle tire jusqu'Ă Ă©puisement de ses munitions pour couvrir la fuite de son camarade maquisard. Puis elle est prise.â
Limoges. La prison de Fresnes. L'avenue Foch â les sous-sols de la Gestapo. On l'interroge. On la torture. Elle ne dit rien.â
En aoĂ»t 1944, elle est dĂ©portĂ©e par train vers le camp de RavensbrĂŒck. On lui attribue le matricule 61143. On l'envoie aux travaux forcĂ©s â terrassement d'un aĂ©rodrome Ă Torgau, puis Ă Königsberg. En janvier 1945, on la ramĂšne Ă RavensbrĂŒck.â
Vers le 5 fĂ©vrier 1945, sur ordre de Berlin, Violette Szabo est exĂ©cutĂ©e d'une b***e dans la nuque. Les n***s ont dĂ©truit les registres d'exĂ©cution du camp. Le jour exact ne sera jamais connu. Son corps est jetĂ© au four crĂ©matoire.â
Elle avait vingt-trois ans. Sa fille Tania n'en avait pas encore trois.â
En Grande-Bretagne, son histoire est enseignĂ©e, filmĂ©e, commĂ©morĂ©e. En France, son nom n'entre pas dans les manuels scolaires. Non par ignorance. Parce qu'elle Ă©tait un agent de la Couronne britannique â pas une rĂ©sistante des rĂ©seaux intĂ©rieurs. Cette distinction administrative a suffi.â
Sa fille Tania avait deux ans quand Violette a sautĂ© en parachute. Elle n'en avait pas encore trois quand sa mĂšre a Ă©tĂ© exĂ©cutĂ©e. On ne lui a jamais rendu le corps.â
La mĂ©moire ne se transmet pas toute seule.â
Elle s'appelait Violette Szabo.