11/05/2026
Article du FIGARO ce matin ;-)
Non sans rire ???? on se disait pourtant que manger Picard ou Marie tout les jours ça ne pouvait que faire du bien.
A ne pas dramatiser pour autant on parle ici de la présence quotidienne des aliments ultratransformés (céréales, nuggets, boulettes de viande préparées, plats tout prêts... )
La vraie question est pourquoi notre alimentation censée être précieuse est si désinvestie dans nos vies quotidiennes ?
Anne Prigent observe dans Le Figaro que « les aliments ultratransformés se sont imposés en quelques décennies comme une composante majeure de notre alimentation. En France, ils représentent aujourd’hui près de 30% de l’apport alimentaire des adultes, et jusqu’à 49% chez les enfants ».
« Une banalisation qui n’est pas sans conséquence. Car les signaux d’alerte s’accumulent. De plus en plus d’études pointent un lien entre leur consommation et une hausse des risques pour la santé. À tel point que les cardiologues européens tirent désormais la sonnette d’alarme », indique la journaliste.
Elle explique ainsi que « dans un article publié le 7 mai dans The European Heart Journal, ils appellent à une prise de conscience collective ».
La Pr Mathilde Touvier, directrice de l'Équipe de Recherche en Épidémiologie Nutritionnelle (CRESS-EREN), souligne ainsi : « Dans une méta-analyse publiée fin 2025, nous avons recensé 104 études, dont 93 montrent une association positive entre consommation d’aliments ultratransformés et risque de maladies ».
Anne Prigent constate que « les pathologies les mieux documentées sont l’obésité, le diabète de type 2 et les maladies cardio-vasculaires. […] Une consommation élevée est associée à une augmentation du risque de maladie coronarienne de l’ordre de 13% à 19% selon les cohortes. Une étude montre par ailleurs une augmentation de 5% du risque de fibrillation auriculaire pour chaque hausse de 10% de la part d’aliments ultratransformés dans l’alimentation ».
La journaliste ajoute que « la mortalité cardio-vasculaire est elle aussi concernée, avec des estimations allant de 9% à 65% de risque supplémentaire chez les plus gros consommateurs ».
Anne Prigent relève que « l’explication ne tient pas à un seul facteur, mais à une combinaison de mécanismes. Le premier, bien connu, tient au profil nutritionnel ». Le Pr Atul Pathak, cardiologue au centre hospitalier de Luxembourg, déclare que « ces aliments concentrent tout ce que l’on cherche à limiter en prévention cardio-vasculaire, c’est-à-dire le gras, le sucre et le sel ».
La journaliste note qu’« ils tendent en outre à se substituer à des aliments moins transformés, comme les fruits et légumes, accentuant les déséquilibres alimentaires et favorisant la prise de poids ainsi que les troubles métaboliques ».
La Pr Touvier ajoute que « des études de courte durée comparant des régimes avec ou sans aliments ultratransformés, à apport calorique égal, montrent déjà une prise de poids et des perturbations lipidiques ».
Anne Prigent continue : « D’autres mécanismes sont également à l’œuvre. Au-delà des excès nutritionnels, ces produits exposent à de nombreux composés chimiques dont les effets sur le système cardio-vasculaire commencent à être mieux documentés ».
Elle retient que « ces différents mécanismes augmentent le risque, selon une relation dose-réponse. Plus la part d’aliments ultratransformés dans l’alimentation est élevée, plus le risque de maladies cardio-vasculaires augmente. À l’inverse, leur réduction s’accompagne d’une amélioration des indicateurs de santé. Reste un paradoxe qui brouille les repères des consommateurs : tous les aliments ultratransformés ne sont pas nécessairement mal classés sur le plan nutritionnel ».
La journaliste conclut ainsi que « la Société européenne de cardiologie appelle à une mobilisation à plusieurs niveaux. Sur le plan des politiques publiques, elle plaide pour renforcer l’information des consommateurs, notamment via l’étiquetage. […] Les recommandations portent aussi sur l’éducation nutritionnelle, la régulation de la publicité et l’amélioration de l’accès aux aliments peu transformés. Dans la pratique clinique, les cardiologues sont invités à intégrer cette dimension dans leurs conseils ».