27/09/2026
J’ai participé récemment au colloque des proches aidants à Lyon. (Porté par et )
J’y ai entendu qu’accompagner son proche dans un geste aussi quotidien que la toilette pouvait représenter une dépense d’énergie considérable, jusqu’à être comparée à celle d’un demi-réacteur nucléaire, si on la traduit en kWh.
Ça m’a fait sourire… puis réfléchir.
Parce que l’énergie d’un aidant ne se mesure pas seulement dans les gestes physiques.
C’est l’énergie de penser, d’anticiper, de stimuler, de chercher, de créer, de recommencer.
L’énergie de s’adapter en permanence, d’encaisser les imprévus, les regards, parfois les critiques.
L’énergie de traverser les montagnes russes émotionnelles et, malgré tout, de continuer à avancer.
Soren a 17 ans.
Voilà bientôt 16 ans que nous sommes entrés, les deux pieds, dans le monde du handicap.
Et depuis 16 ans, au-delà du quotidien, il y a ce cerveau qui ne s’arrête jamais.
Un vélo en mouvement permanent : réfléchir, construire, déconstruire, reformuler, imaginer, stimuler, anticiper, être en veille… encore et encore.
Je sais que nous n’avons pas tous la même énergie, les mêmes ressources, la même capacité ou la même envie d’agir. Et c’est très bien ainsi.
Mais je crois profondément que cette énergie des proches aidants mérite d’être davantage reconnue.
Parce qu’elle ne fait pas que tenir une famille debout.
Elle permet à des personnes de vivre, d’apprendre, d’aimer, de participer, de trouver leur place.
Et quelque part, elle fait aussi tenir une partie de notre société.
Alors peut-être que la vraie question n’est pas seulement :
« Combien d’énergie dépense un aidant ? »
Mais plutôt :
« Que pourrions-nous faire, collectivement, pour que cette énergie ne soit jamais dépensée en vain ? »
Plus d’écoute.
Plus d’empathie.
Plus de soutien.
Plus de répit.
Parce que l’énergie des aidants est immense.
À nous de faire en sorte qu’elle puisse aussi devenir une énergie de vie, de lien et de possibles.