12/10/2026
🌸 Un lundi au Japon by Orphéa 🇯🇵 Épisode 28
Hello ☺️
Cette semaine, j'ai choisi comme thème le concept japonais AMAE, 甘え.
La semaine dernière, avec GIRI, on regardait ce qu'on estime devoir aux autres. Cette semaine, AMAE retourne la question : ce qu'on attend d'eux, sans toujours le dire.
Le mot s'écrit avec le kanji 甘 (ama), qui porte l'idée de sucré, de doux. On le retrouve dans amai (甘い), « sucré » ou « doux », et dans le verbe amaeru (甘える), qu'on peut traduire par « rechercher l'affection », « se comporter avec familiarité en comptant sur la bienveillance de l'autre ». Je ne vais pas en tirer de conclusion hâtive sur la façon dont les Japonais voient l'affection, c'est juste la famille du mot.
Son histoire est bien plus ancienne qu'on l'imagine.
On trouve amaeru dès le début du XIe siècle dans le Dit du Genji, un roman écrit à la cour impériale de l'époque de Heian par Murasaki Shikibu, souvent présenté comme l'un des premiers grands romans de l'histoire. Je vous en avais parlé il y a quelques semaines, n'hésitez pas à aller fouiner sur la page pour retrouver la publication ! À l'époque, le verbe pouvait décrire un parfum doux, une familiarité entre proches, ou même une forme de timidité. C'est en 1962 que le psychiatre Takeo Doi s'empare du mot et en fait un concept, qu'il développera dans un livre en 1971.
Selon lui, amaeru désigne le fait de compter sur la bienveillance de quelqu'un, en supposant qu'elle est disponible, sans avoir à la demander.
Imaginez un enfant qui rentre de l'école avec une boule au ventre. Il lâche son cartable en arrivant et court dans les bras de sa maman. Il sait qu'il va être réconforté et câliné. Enfin normalement... Lol !
Bref, les adultes, c'est pareil. On débarque chez notre meilleure pote en pyjama avec une bouteille de vin blanc à 22 h, parce qu'il ou elle vient de se faire larguer par son mec ou sa copine. Soutien et réconfort, obligés. C'est dans le « Bro Code » ! Ou bien, on se sent suffisamment à l'aise avec quelqu'un pour pouvoir parler sans filtre, être soi-même. On rigole bien généralement, c'est souvent les meilleures soirées 😆
Dans un autre registre, je vais vous raconter une des aventures de Mimi. J'ai connu un type, on s'est vus une fois, on a pris un verre. Un seul verre, une seule fois, rien de plus. Il avait l'air plutôt normal jusque-là, même si, au moment où il m'a lâché qu'il kiffait Céline Dion, j'aurais dû partir en courant 😅.. Quelques jours plus t**d, au téléphone, monsieur, qui prend trop la confiance, ose m'expliquer qu'il sait mieux que moi ce que je ressens ! La blague ! D'après lui, j'étais énervée. Alors que pas du tout. J'étais juste agacée par le bruit dans mes écouteurs. Mais allez expliquer ça à quelqu'un qui a déjà rendu son diagnostic. S'ensuit une crise digne d'une drama queen, puis un raccrochage au nez. WTF ? Là, forcément, je serre et je me transforme en Dark Mimi 😆 Je l'ai enchaîné sur WhatsApp, en terminant par un petit « Bonne continuation ». Classique. Il est alors passé en mode victime, à chouiner, blabla blabla. Il m'a saoulée et je l'ai bloqué 🤣
Morale de l'histoire : il avait pris des libertés, juste parce que j'avais été sympa. Il a dépassé les limites. Et il en a subi le courroux mérité 😂
Parce que compter sur la bienveillance de quelqu'un, ce n'est pas considérer qu'elle nous est due. Et être sympa avec quelqu'un ne lui donne pas tous les droits ! 😏
AMAE, c'est cette familiarité qui nous permet de compter sur la bienveillance de l'autre, de nous sentir suffisamment en confiance pour baisser la garde. Mais encore faut-il que cette confiance soit partagée et que chacun respecte les limites de l'autre.
Je vous souhaite une merveilleuse journée
Que la force soit avec vous 🩷
M.V - Orphéa Vibrations ©