08/06/2026
Chronique de la Guérisseuse en Roue Libre 🤡
Aide-soignante de nuit, médium en option non désactivable
Bon.
Nouvelle vie professionnelle.
J’ai quitté l’EHPAD pour l’hôpital.
Et franchement ?
Meilleure décision professionnelle de ma vie.
Je suis de nuit maintenant.
Deux services.
Ça tourne.
C’est carré.
C’est vivant.
C’est intense, mais dans le bon sens.
Enfin…
Vivant.
Façon de parler.
Parce qu’en supplément aide-soignante, j’ai pris l’option :
médium de garde non rémunérée sur fréquence paranormale.
Et là, on n’est pas sur le même level.
La nuit, à l’hôpital, il y a déjà la partie classique :
les portes qui s’ouvrent toutes seules,
les robinets à détecteur qui décident de couler sans main, sans patient, sans raison,
les petits bruits dans les couloirs,
les cris d’outre-tombe qui, parfois, sont juste très humains mais quand même très ambiance film interdit aux moins de 12 ans.
Ça, encore, ça va.
C’est la partie “explicable”.
Enfin… disons “entendable par le commun des mortels”.
Mais moi, forcément, je ne suis pas venue avec un cerveau standard.
Non.
J’ai débarqué avec l’antenne 5G de l’invisible intégrée dans le système nerveux.
Donc pendant que tout le monde fait sa pause tranquille, moi j’ai Netflix astral en diffusion continue.
Des ombres qui passent.
Des visages qui regardent.
Des présences qui rasent les murs comme si elles avaient oublié où était la sortie.
Des souffles derrière la nuque.
Des petits sifflements bien vicieux, juste assez près pour te donner envie de dire :
“Frérot, recule. J’ai déjà 12 000 choses à gérer, je ne suis pas l’accueil des défunts ce soir.”
Et le pire, c’est que parfois, j’ai envie de les baffer.
Mais imagine la scène.
Moi, aide-soignante de nuit, au milieu du couloir, en train de taper dans le vide comme si je réglais un conflit avec un moustique invisible possédé.
“Tout va bien Mélanie ?”
Oui oui.
Je fais juste de la régulation énergétique en langage claque.
Normal.
Et puis il y a les défunts.
Ceux qui veulent parler.
Ceux qui passent.
Ceux qui restent.
Ceux qui racontent leur vie pendant que toi, tu es juste censée boire ton café et manger ton pauvre truc froid en paix.
Mais non.
Je suis là, assise, en pause, à me balancer intérieurement comme une antenne vivante du chaos, en train de capter des bouts de messages, des émotions, des présences, des mémoires, des passages, des trucs qui brassent, qui poussent, qui appellent.
Et je ne peux même pas écrire.
Parce que je suis en service.
Je bosse.
Je suis là pour les vivants.
Pour les patients.
Pour les soins.
Pour les sonnettes.
Pour les urgences.
Pour les corps qui ont besoin.
Et en même temps, l’autre monde toque à la porte comme s’il avait pris rendez-vous sur Doctolib.
C’est ça, le paradoxe du médium soignant de nuit.
Tu changes des protections pendant qu’une présence te fixe depuis l’angle du couloir.
Tu prépares ton chariot pendant qu’un défunt tente une conversation existentielle.
Tu fais ton tour pendant que l’énergie du service brasse comme une machine à laver en essorage 1400 tours.
Tu veux juste finir ta nuit proprement, mais l’invisible, lui, a décidé de faire réunion syndicale dans ta nuque.
Et malgré tout…
Je me sens à ma place.
Bizarrement.
F***ement.
Vraiment.
Parce que la nuit, tout est plus vrai.
Les masques tombent.
Les corps parlent.
Les âmes aussi.
Les couloirs respirent autrement.
Les douleurs se voient plus fort.
Les présences se sentent plus proches.
Et moi, au milieu de tout ça, je marche.
Avec mon badge.
Mon café.
Mes baskets.
Mon antenne cosmique mal isolée.
Et ma patience approximative face aux entités qui sifflent dans mon cou comme des relous de l’au-delà.
Alors oui, j’ai quitté l’EHPAD.
Et j’ai gagné en paix professionnelle.
Mais spirituellement ?
On m’a clairement mutée sur une autoroute énergétique de nuit.
Bienvenue à l’hôpital.
Là où les vivants dorment, les morts discutent, les robinets font leur vie, et moi je continue mon service comme si j’étais pas littéralement en train de capter Radio Fantôme FM entre deux transmissions.
La nuit est longue.
Les couloirs aussi.
Et visiblement, je ne suis jamais vraiment seule.
Mélanie – Althéa Énergie ✨️
Tous droits réservés