Camille Tassel - Psychanalyste

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16/02/2026
Et si « l’IA Friend »…
16/02/2026

Et si « l’IA Friend »…

31/01/2026

Et si… l’année 2026 n’était pas bonne mais belle ?
Janvier s’achève bientôt, et avec peut-être enfin nos résolutions mortes-nées : « Cette année, je fais le Dry January et le Off Februray ! » Tous les ans on trinque, avec des bulles de champagne et d’illusions, au même mantra moral : « Quand on veut, on peut ! » Et dès que l’on n’honore pas nos vœux, on s’accuse de manquer de volonté ! Mais c’est une croyance coupable de croire que les faibles mériteraient leur échec tandis que les autres se glorifient de leur succès.
Car ne pas réussir à changer, c’est parfois réussir à se protéger. Derrière chaque volonté consciente gronde une contre-volonté inconsciente qui préserve et que Freud nomme une « formation de compromis ». Dans Inhibition, symptôme et angoisse (1926), le psychanalyste révèle que l’échec de ma volonté est parfois la réponse à ce qui tient en nous à ce qui ne change pas !
Le fumeur préfère parfois fumer sa vie plutôt que respirer l’angoisse de sa fin. Celui qui procrastine se protège d’avoir à se confronter à son désir. La vraie question n’est donc pas : « Que dois-je faire de mieux en 2026 ? » mais : « À quoi suis-je fidèle en échouant ? », à quelles peurs, projections, incertitudes ? C’est dans l’éclat de nos résolutions ratées que se reflète alors la confusion craquelée entre ce qu’on s’impose et ce que l’on désire inconsciemment.
Une réelle résolution ne vise donc pas à vouloir toujours plus mais à savoir contre quoi et contre qui l’on désire. « Est-ce que je veux vraiment ceci ? Ou est-ce que je désire que l’on me voie vouloir cela ? Est-ce mon désir ou celui de mon Surmoi tyrannique qui m’ordonne?»

Dès lors on peut s’interroger non plus sur notre volonté de désir mais sur notre désir de volonté et enfin se demander librement : « qu’est-ce que je perds si je réussis vraiment ? ».

Je ne vous souhaite donc pas une bonne année mais une belle année 2026 inconsciente : 334 jours pour réaliser votre Désir inconscient, en vous demandant qu’est-ce que je désire quand je ne dois enfin plus rien ?
#2026

Et si l'IA devenait mon e-psy ? « Elle m'a dit que j'étais un altruiste triste, un Batman piétiné » me raconte F., l'un ...
21/01/2026

Et si l'IA devenait mon e-psy ? « Elle m'a dit que j'étais un altruiste triste, un Batman piétiné » me raconte F., l'un de mes patients. Depuis 6 mois, il me raconte son e-thérapie, tel un « SAV » entre nos séances. « Elle confirme tout ce que « nous » élaborons ensemble » insiste-t-il – ce qui précisément est pire : preuve qu'il n'y a pas altérité avec l’IA.
Aujourd’hui des millions de personnes e-consultent des chatbots, de ChatGPT à Replika, pour partager leur mal-être. Ces LLM (Large Language Models) offrent la parfaite illusion d’une écoute sans jugement mais sans écoute car ils ne comprennent pas. Ils confirment, valident et prédisent nos attentes. Et nous nourrissons ainsi l’illusion d’une relation à un autre qui n’est autre que notre égo numérique.
Or, le meilleur accès à moi, c’est l’autre, selon le philosophe Emmanuel Lévinas. C'est dans la différence, la divergence, l'incompréhension même, que se dessinent nos identités. C’est pourquoi selon Freud la guérison passe par la confrontation au tout Autre, soit à l’Inconscient ; là où Lacan dirait que l'IA court-circuite le "grand Autre" symbolique ne renvoyant qu'au "petit autre" imaginaire. Loin d'être un dialogue, ce monologue virtuel verse dans une auto-analyse solipsiste et entrave ce qui fait soin : la castration symbolique, la frustration structurante, le conflit nécessaire.
Nous préférons les IA aux psy de même que nous préférons les réseaux sociaux aux dîners entre amis : plus prévisible, maîtrisable, rassurant. L'IA peut simuler l'empathie avec persuasion, mais ne peut offrir ce dont nous avons le plus besoin : une altérité à soi. La prochaine fois que vous consultez une IA, demandez-vous : qu'est-ce que je désire ? Une validation narcissique ou une analyse transformatrice ?
À quand une e-psy capable d'analyser ?

15/08/2023
Et si la nouvelle année 2023 était « nouvelle » ? Et si au lieu des voeux pieux qu’au boulot ou entre amis, l’on souhait...
13/01/2023

Et si la nouvelle année 2023 était « nouvelle » ?
Et si au lieu des voeux pieux qu’au boulot ou entre amis, l’on souhaite par convention ou avec passion, on commençait par se souhaiter à soi un Sankalpa ? Car en sanskrit, « Kalpa » signifie un voeu, un souhait et « san » désigne la Vérité Absolue, en sorte qu’un Sankalpa n'est pas un simple souhait mais un sens véritable vers lequel on s'engage envers soi-même, jusqu'à ce qu'il se réalise ! Incisif et affirmatif, il doit résonner en soi : « Je peux dire non », « Je suis présent là, ici et maintenant », « J’agis ce que je pense »… à chacun sa voie !
Plus puissants que des voeux de bonne santé soufflés par obligation, les sankalpa insufflent le sens que l’on veut donner à sa vie. Plus qu’une résolution ou idéalisation future qu’on remet souvent au lendemain comme les sempiternels régimes, le Sankalpa incarne un serment, qui serre la chair lorsqu’on se ment, lorsque l’on est de mauvaise foi envers soi. Mais contrairement aux bonnes résolutions du nouvel an, qui nous étranglent de culpabilité dès lors qu’on craque, le Sankalpa permet d’agir sa vérité : telle une parole performative, c’est en se le disant qu’il s’actualise, se réalise. « Quand dire, c’est faire », écrivait John Austin en 1962 ; quand se le dire, c’est s’agir ! En 2023, je vous espère de performatifs sankalpa.

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