19/06/2026
Rien ne se crée, tout se transforme… surtout chez le chien.
Lavoisier, grand savant du XVIIIe siècle, avait énoncé un principe simple :
« Rien ne se perd, rien ne se crée, tout se transforme. »
À l’époque, il parlait de chimie.
S’il avait été vétérinaire, il aurait probablement ajouté :
« Et les à-côtés se transforment en bourrelets. »
Consultation nutrition.
J’observe un chien dont la silhouette évoque davantage un pouf de salon qu’un lévrier de course.
Je demande :
— « Que mange-t-il ? »
— « Presque rien docteur ! Trois quarts de gobelet de croquettes. »
Je regarde le chien.
Je regarde la gamelle.
Je regarde encore le chien.
Quelque chose ne colle pas.
Parce qu’à moins que ce chien fasse secrètement de la photosynthèse, son tour de taille doit bien venir de quelque part.
Je poursuis donc :
— « Et à côté ? »
— « Oh, presque rien. Juste 100 grammes de viande le matin et 100 grammes le soir. »
Ah.
Les fameux à-côtés.
Cette catégorie alimentaire extraordinaire dont les calories seraient visiblement exemptées des lois de la physique.
Le problème, c’est que chez le chien, les à-côtés ne restent pas à côté.
Ils vont dans le chien.
Oui.
Je sais.
C’est une découverte bouleversante.
Le morceau de jambon.
Le bout de fromage.
Le reste du poulet.
Le biscuit.
La friandise.
La récompense.
La récompense de la récompense.
La récompense parce qu’il a été sage.
La récompense parce qu’il n’a pas été sage mais qu’il est mignon quand même.
Tout cela ne disparaît pas dans un trou noir nutritionnel.
Tout cela finit dans le chien.
Et conformément à Lavoisier :
Rien ne se perd, tout se transforme.
Le poulet se transforme.
Le fromage se transforme.
Le biscuit se transforme.
Et, miracle de la biologie :
le tour de taille se transforme lui aussi.
J’ai parfois l’impression que certains propriétaires considèrent les croquettes comme de la nourriture et tout le reste comme de la décoration.
— « Il ne mange que ses croquettes docteur. »
— « Et le poulet ? »
— « Ah non, ça c’est à côté. »
— « Et le fromage ? »
— « À côté aussi. »
— « Et les biscuits ? »
— « Toujours à côté. »
À ce rythme-là, le chien pourrait manger une raclette complète tous les week-ends et rester officiellement au régime.
La bonne nouvelle, c’est que votre chien, lui, comprend parfaitement le principe de Lavoisier.
Quand vous lui donnez un morceau de saucisson, il ne se dit pas :
“Ceci est un à-côté.”
Il se dit :
“Ceci est de la nourriture.”
Et son ventre est entièrement d’accord avec lui. 🐶😄