12/08/2026
Les méridiens sont, dans notre approche, bien plus que des chemins que l’on apprend à reconnaître sous nos doigts.
Ils soutiennent notre état d’esprit, notre rapport au corps, à nos émotions, à notre histoire, peut-être même à notre âme et à notre projet de vie.
Par leur état, ils nous racontent quelque chose de notre vitalité émotionnelle, physiologique et structurelle.
Et puis, il y a quelques jours, tout ce que j’enseigne depuis des années a pris pour moi une dimension que je n’aurais jamais voulu connaître.
Lorsque j’étais auprès de Camille, j’ai cherché sa main.
J’ai cherché, presque instinctivement, ces méridiens que mes doigts connaissent depuis seize ans.
J’ai cherché une vibration.
Un mouvement.
Un point qui réponde.
Quelque chose qui soit encore là, même infime.
Quelque chose qui crie.
Mais rien.
Alors j’ai cherché encore.
Plus doucement.
Plus profondément.
Au plus loin de mon écoute, de mon toucher et de mes seize années d’expérience.
Toujours rien.
Le corps physiologique de Camille était encore relié à une machine.
Mais sous mes doigts, j’ai ressenti autre chose.
Comme si ses méridiens, eux, n’étaient plus reliés à son corps.
Comme s’ils étaient partis avec elle.
Je ne peux pas expliquer cela scientifiquement.
Je ne peux que témoigner de ce que mes mains ont ressenti ce jour-là.
Et peut-être que cette expérience m’a permis de comprendre encore davantage ce que nous cherchons lorsque nous écoutons une zone, un point, un méridien.
Peut-être écoutons-nous l’état de stress d’une âme en souffrance.
Peut-être écoutons-nous un corps qui, à un endroit de son histoire, a rompu ou fragilisé sa communication avec quelque chose de plus profond.
Ou peut-être est-ce l’inverse.
Comment le savoir ?
Je ne le sais pas.
Et finalement, je crois que je n’ai pas besoin de tout savoir.
Ce que je sais, en revanche, après toutes ces années, c’est ce que j’ai vu dans les yeux des personnes lorsque leur corps répond sous nos mains.
Clients.
Élèves.
Curieux.
Personnes convaincues.
Et même celles pour qui tout cela n’existe pas.
Il arrive un instant où il n’est plus nécessaire d’expliquer.
Parce qu’elles ressentent.
C’est peut-être cela que nous transmettons à l’École de Bio-Réflexologie Relationnelle à travers ce toucher qui nous est si propre :
apprendre à écouter ce qui est encore vivant,
ce qui cherche à circuler,
ce qui appelle,
ce qui vibre.
Et reconnaître, simplement, que la vie passe et coule là où l’on peut encore l’entendre chanter.
Auprès de Camille, ce jour-là, mes mains n’ont plus entendu ce chant.
Et pour la première fois, j’ai peut-être compris à quel point, lorsque je l’entends sous mes doigts chez les autres, il est précieux.
Sandrine Rull