26/08/2026
HOMMES, FEMMES : RESSENTONS-NOUS VRAIMENT NOS ÉMOTIONS DIFFÉREMMENT ?
« Il ne parle jamais de ce qu’il ressent. »
« Elle a besoin de parler pendant des heures. »
« Il se ferme dès que j’aborde un sujet sensible. »
« Elle pleure alors que moi, je préfère rester seul. »
Dans un couple, une famille ou simplement dans nos relations, nous pouvons parfois avoir l’impression que les hommes et les femmes ne vivent pas leurs émotions de la même manière.
Mais ressentons-nous réellement différemment ?
Ou avons-nous surtout appris à exprimer différemment ce que nous ressentons ?
NOUS RESSENTONS TOUS DES ÉMOTIONS
La peur.
La tristesse.
La colère.
La joie.
La honte.
La culpabilité.
La frustration.
Le besoin d’être aimé, reconnu ou rassuré.
Ces émotions ne sont pas réservées aux femmes ou aux hommes.
En revanche, nous n’avons pas tous appris à les reconnaître, à les accueillir et surtout à les montrer de la même manière.
Notre histoire personnelle compte.
Notre éducation aussi.
Et pendant longtemps, les attentes envers les garçons et les filles n’ont pas toujours été les mêmes.
« UN GARÇON, ÇA NE PLEURE PAS »
Combien de petits garçons ont entendu :
« Sois fort. »
« Ne pleure pas. »
« Ce n’est rien. »
« Il faut être courageux. »
Même lorsque ces phrases étaient prononcées avec de bonnes intentions, elles pouvaient transmettre un message implicite :
Certaines émotions doivent rester cachées.
Un garçon qui apprend très tôt à retenir ses larmes ne cesse pas pour autant de ressentir de la tristesse.
Il peut simplement apprendre à ne plus la montrer.
Plus t**d, à l’âge adulte, cette tristesse pourra parfois apparaître autrement.
Par du silence.
Du retrait.
De l’irritabilité.
Une envie de s’isoler.
Ou parfois de la colère.
Non pas parce qu’un homme ressent moins.
Mais parce qu’il n’a peut-être jamais appris à mettre des mots sur ce qui se passe à l’intérieur.
ET LES FEMMES ?
Les petites filles ont souvent été davantage autorisées à pleurer, à parler de leurs émotions ou à rechercher du réconfort.
Mais elles ont pu recevoir d’autres messages :
« Sois gentille. »
« Ne fais pas d’histoires. »
« Pense aux autres. »
« Ne te mets pas en colère. »
Certaines femmes ont ainsi appris à exprimer leur tristesse mais beaucoup moins leur colère.
À préserver la relation.
À éviter le conflit.
À prendre soin des émotions des autres avant d’écouter les leurs.
Et parfois à culpabiliser lorsqu’elles osent dire :
« Non. »
« Je ne suis pas d’accord. »
« Cela m’a blessée. »
« J’ai besoin de penser à moi. »
QUAND UNE ÉMOTION EN CACHE UNE AUTRE
Ce que nous montrons à l’extérieur n’est pas toujours exactement ce que nous ressentons à l’intérieur.
Derrière une colère peut se cacher une peur.
Derrière un silence, une blessure.
Derrière une irritabilité, une grande fatigue.
Derrière des larmes, parfois une colère que l’on n’a jamais réussi à exprimer.
Derrière un besoin de contrôler, une peur de perdre.
Nos réactions sont parfois simplement la partie visible d’une émotion plus profonde.
DANS LE COUPLE, LE MALENTENDU PEUT COMMENCER ICI
L’un a besoin de parler immédiatement.
L’autre a besoin de silence avant de pouvoir mettre des mots sur ce qu’il ressent.
L’un cherche une présence et des paroles rassurantes.
L’autre pense qu’en proposant rapidement une solution, il aide.
L’un interprète le silence comme de l’indifférence.
L’autre vit les questions comme une pression supplémentaire.
Et chacun peut finir par penser :
« Il ne me comprend pas. »
« Elle ne m’écoute pas. »
« Il ne ressent rien. »
« Elle en fait trop. »
Alors qu’en réalité, deux personnes peuvent ressentir énormément…
mais ne pas parler la même langue émotionnelle.
NOUS NE SOMMES PAS CONDAMNÉS À RESTER AINSI
Ce que nous avons appris pendant l’enfance n’est pas une fatalité.
Un adulte peut apprendre à identifier ce qu’il ressent.
À différencier la colère de la peur.
À reconnaître une blessure derrière une réaction.
À dire ce dont il a besoin sans attaquer l’autre.
À écouter une émotion sans chercher immédiatement à la faire disparaître.
Et surtout, à comprendre que montrer sa vulnérabilité n’est pas une faiblesse.
Exprimer une émotion ne signifie pas perdre le contrôle.
Cela peut au contraire permettre de mieux se comprendre et de mieux communiquer.
EXERCICE : DERRIÈRE MA RÉACTION, QU’EST-CE QUE JE RESSENS ?
Pensez à une situation récente dans laquelle vous avez réagi fortement ou, au contraire, vous vous êtes complètement refermé(e).
Prenez une feuille et écrivez quatre phrases :
« CE QUI S’EST PASSÉ »
Décrivez simplement la situation, sans l’interpréter.
Puis :
« CE QUE J’AI MONTRÉ »
De la colère ?
Du silence ?
Des larmes ?
De l’irritation ?
De l’indifférence ?
Puis demandez-vous :
« QU’EST-CE QUE J’AI RÉELLEMENT RESSENTI ? »
Peut-être de la peur.
De la tristesse.
De la honte.
Un sentiment d’injustice.
De la déception.
Ou simplement le besoin d’être entendu(e).
Enfin, terminez par :
« DE QUOI AURAIS-JE EU BESOIN À CE MOMENT-LÀ ? »
D’être rassuré(e) ?
Écouté(e) ?
Respecté(e) ?
Compris(e) ?
De pouvoir vous isoler quelques instants ?
De poser une limite ?
Il ne s’agit pas de juger votre réaction.
Il s’agit d’aller regarder ce qu’elle essayait peut-être d’exprimer.
À RETENIR
Les hommes ne sont pas dépourvus d’émotions.
Les femmes ne sont pas « trop émotionnelles ».
Derrière nos différences se trouvent souvent notre histoire, notre éducation, notre personnalité et tout ce que nous avons appris à montrer… ou à cacher.
Avant de demander à l’autre :
« Pourquoi réagis-tu comme ça ? »
nous pouvons parfois commencer par nous demander :
« Qu’est-ce que cette réaction essaie de dire ? »
NOUS N’AVONS PEUT-ÊTRE PAS APPRIS À PARLER LA MÊME LANGUE ÉMOTIONNELLE.
MAIS NOUS POUVONS APPRENDRE À NOUS ÉCOUTER.