29/08/2026
⚕️| Recommandations ESC 2026 sur l’insuffisance cardiaque : principaux messages à retenir.
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1. Classification simplifiée selon la fraction d’éjection.
L’insuffisance cardiaque à fraction d’éjection réduite (HFrEF) est définie par une FEVG < 50 %, tandis que l’insuffisance cardiaque à fraction d’éjection préservée (HFpEF) correspond à une FEVG ≥ 50 %. La catégorie HFmrEF (fraction d’éjection légèrement réduite) est supprimée.
2. L’« insuffisance cardiaque aiguë » devient l’« insuffisance cardiaque décompensée »
Il faut évaluer rapidement la congestion, la perfusion, la pression artérielle, l’oxygénation, la fonction rénale ainsi que les facteurs déclenchants réversibles.
3. La décongestion doit être guidée par la réponse au traitement.
Commencer les diurétiques de l’anse par voie intraveineuse et évaluer précocement la diurèse ainsi que la natriurèse urinaire. En cas de réponse insuffisante, envisager l’acétazolamide ou l’hydrochlorothiazide.
4. Introduire le traitement de fond pendant l’hospitalisation
Une fois le patient stabilisé, débuter ou optimiser les inhibiteurs de SGLT2, les inhibiteurs du système rénine-angiotensine-aldostérone (RAAS)/ARNI, les bêtabloquants et les antagonistes des récepteurs des minéralocorticoïdes (ARM/MRA), puis réévaluer le traitement toutes les 1 à 2 semaines après la sortie.
5. Les traitements modifiant le pronostic s’étendent à l’ensemble du spectre de la FEVG
Les inhibiteurs de SGLT2 et les antagonistes des récepteurs des minéralocorticoïdes prennent une place plus large, notamment dans l’HFpEF, parallèlement à l’utilisation des IEC/ARA/ARNI adaptée au phénotype du patient.
6. Poursuivre le traitement après récupération de la FEVG
L’insuffisance cardiaque avec amélioration de la fraction d’éjection correspond à une rémission, et non nécessairement à une guérison. Le traitement de fond doit généralement être poursuivi aux doses maximales tolérées.
7. Le traitement par dispositifs devient davantage personnalisé
Les critères et le moment d’indication de la resynchronisation cardiaque (CRT) sont affinés. Les décisions concernant le défibrillateur automatique implantable (DAI/ICD) tiennent de plus en plus compte de l’étiologie, de la fragilité, des autres causes potentielles de mortalité, de l’espérance de vie et des préférences du patient.
8. Les traitements structurels et spécifiques au phénotype progressent
La réparation mitrale percutanée bord à bord (TEER) prend une place plus importante chez certains patients présentant une insuffisance mitrale secondaire sévère. Le sémaglutide ou le tirzépatide pourraient également être bénéfiques chez les patients présentant une insuffisance cardiaque liée à l’obésité avec une FEVG ≥ 45 %.
9. Aller au-delà de la FEVG pour déterminer l’étiologie
Lorsque cela est indiqué, utiliser l’imagerie multimodale, la caractérisation tissulaire et les tests génétiques afin de déterminer précisément le phénotype de l’insuffisance cardiaque et son mécanisme sous-jacent.
10. Prévenir la progression et les épisodes de décompensation récidivants
L’élargissement des traitements de l’amylose, la surveillance de la pression artérielle pulmonaire, l’implication précoce d’une équipe spécialisée dans le choc cardiogénique (« Shock Team ») et l’orientation rapide vers les centres d’insuffisance cardiaque avancée permettent une prise en charge plus proactive et individualisée.