29/08/2026
De retour de Montreuil-Paris…
Il y a des semaines que l’on prépare.
Et puis il y a celles qui, dès les premières heures, décident de nous raconter une tout autre histoire.
Après une camionnette chargée de bols chantants, de tables de massage et de tout ce qui accompagne une formation, six heures de route m’ont menée jusqu’à Montreuil, aux portes de Paris.
Et Montreuil m’a accueillie sous un orage impressionnant.
Avec Serge Poncelet, qui m’offrait une nouvelle fois sa confiance et son aide précieuse, nous avons déchargé la camionnette sous des trombes d’eau. En quelques minutes, nous étions trempés, la rue se transformait en ruisseau et, comme si cela ne suffisait pas, une vitre de ma camionnette se brisait.
La semaine commençait fort.
Et pourtant, le lendemain matin, lorsque la porte du théâtre s’est ouverte.
Il y avait ce lieu simple et plein de charme, son magnifique parquet, ses murs chargés de vie.
Il y avait Montreuil, cette ville aux mille visages, aux cultures qui se croisent, où l’on ressent quelque chose de profondément humain : le désir de vivre ensemble, de créer, de se rencontrer, de prendre soin de ce que l’on mange, de sa culture, de son quartier, de ses liens.
Et puis il y avait elles – « La formation »
Peu nombreuses, oui.
Trois participantes pour poursuivre les Modules II, III et IV, plus trois pour le Module I.
Mais quelle richesse dans ce petit cercle.
Des histoires, des cultures, des personnalités et des projets tellement différents et cette capacité, presque immédiate, à nous accorder.
Comme des instruments qui n’ont pas besoin d’être semblables pour entrer en harmonie.
Nous avons appris, pratiqué, questionné, recommencé, précisé les gestes, affiné l’écoute.
Nous avons traversé ensemble les trois piliers qui donnent au Massage sonore selon Peter Hess® toute sa profondeur : le massage sonore, la connaissance des bols chantants, mais aussi les valeurs et l’éthique qui accompagnent notre manière d’être auprès de l’autre.
Car derrière la précision d’un geste, il y a toujours une personne.
Et derrière la vibration d’un bol chantant, une rencontre.
Il y eut des rires, des sourires, quelques larmes aussi.
Des repas partagés aux parfums de différentes cuisines.
Des conversations qui nous emmenaient ailleurs.
Et cette sensation, parfois, que la petite salle de Montreuil contenait beaucoup plus que quatre personnes.
Car le monde, lui aussi, est entré dans notre semaine.
Les nouvelles et les images venues du Népal nous ont profondément bouleversées. Elles ont réveillé l’inquiétude pour des amis, pour des familles, pour cette terre que Peter Hess a tant parcourue, une terre intimement liée aux racines de la méthode et qui fait aussi partie de ma propre histoire.
Alors, forcément, nos échanges ont pris une autre profondeur.
Comment continuer à prendre soin dans un monde qui change si vite ?
Comment rester ouverts sans nous laisser submerger ?
Comment apprendre à nous adapter sans perdre ce qui nous relie, ce qui nous porte, ce qui donne du sens ?
Je n’ai pas de réponse toute faite.
Mais cette semaine à Montreuil m’a rappelé quelque chose.
La qualité d’une rencontre ne se mesure pas au nombre de personnes présentes.
Parfois, quelques êtres réunis dans une salle suffisent pour créer un petit espace où l’on apprend encore à écouter, à prendre soin, à rire, à partager, à vibrer ensemble.
Et peut-être est-ce aussi ainsi que nous traverserons les changements de ce monde :
Non pas seuls, mais reliés avec nos différences, nos fragilités, nos ressources. Et avec cette capacité profondément humaine à nous accorder, encore et encore.
Me voilà de retour à Aubel, la camionnette déchargée, les bols chantants retrouvant doucement leur place mais avec quelque chose de Montreuil qui continue encore à résonner en moi.
Merci à celles qui ont vécu cette semaine avec moi.
Merci à Serge Poncelet d’avoir rendu cette rencontre possible.
Merci à Elodie et à Clara, la petite équipe qui est source de complicité dans le travail.
Et une pensée toute particulière pour nos amis du Népal et pour tous ceux qui, aujourd’hui, doivent trouver en eux la force de reconstruire, de s’adapter et de continuer.
Parce qu’au milieu d’un monde qui change, prendre soin de ce qui nous relie est peut-être déjà une manière de prendre soin du monde.