26/08/2026
Il y a deux jours, c’était la rentrée. Personne n’a pu passer à côté de cette information, on en parle un peu partout… au journal télévisé, à la radio, via les publications sur les réseaux. Et j’ai commencé à réfléchir (cela m’arrive 😃)
J’ai pensé à tous les parents qui n’ont pas pu accompagner un enfant à l’école alors qu’ils rêveraient de le faire, à tous ceux qui ont vécu une rentrée différemment, à tous les enfants qui ont été effrayés à l’idée de retourner à l’école… En somme, à tous ceux qui vivent cette rentrée avec appréhension.
J’ai pensé à tous les élèves que j’ai eu (enfin, presque, parce que je n’ai pas une mémoire d’éléphant 🤓) et à tous ceux que j’aurai à l’avenir, à ce que le futur nous réserve aussi en termes de décrets et de décisions. Et j’ai cogité à nouveau. Je me suis demandé pourquoi j’étais devenue professeur de français.
Ceux qui m’ont eue en classe ont tous entendu cette histoire, celle qui a fait de moi, la personne que je suis devenue.
J’ai la chance inouïe d’avoir un frère que j’aime profondément et qui, à son insu, m’a beaucoup appris. Son parcours scolaire a été semé d’embûches, des classes maternelles à la fin des études secondaires. Non pas qu’il avait des difficultés d’apprentissage insurmontables mais des difficultés relationnelles qui semblaient pour les autres non surmontables. Malgré sa détermination, son acharnement et son travail constants, les remarques récoltées se sont toujours ressemblées.
« Il faudrait peut-être le changer d’établissement… », « d’option ? », « est-il fait pour l’enseignement ordinaire? », autant de phrases assassines qui meurtrissent le coeur d’un enfant et d’un parent.
C’était sans compter sur le soutien inconditionnel de mes parents, premiers piliers ou derniers remparts face à la médiocrité de remarques non constructives. Toujours présents, jamais démissionnaires, persuadés également que mon frère réussirait coûte que coûte malgré les difficultés.
Les années ont passé, offrant une perspective d’avenir plus douce et plus lumineuse. Il a terminé ses secondaires, ses études supérieures de secrétariat de direction et un cursus universitaire en tant que traducteur. Presque parfaitement quadrilingue, il travaille depuis des années à la Commission européenne. Mais que serait-il devenu si mes parents avaient écouté tous ceux qui ne le croyaient pas capable ? Quelle aurait été sa vie si il avait accordé de l’importance à ces propos ?
Cette réussite, il la mérite tellement ; c’est un beau pied de nez face à ceux qui n’ont jamais cru en lui.
Et Qu’est-ce que je suis fière d’avoir la chance d’être sa sœur…
La moralité de l’histoire est qu’il ne faut jamais donner à quiconque la possibilité de nous amoindrir. Les mots sont des a***s dangereuses qu’il faut manier avec sagesse au risque de détruire un enfant. Une simple phrase, un commentaire, une remarque peuvent à eux seuls anéantir un élève. On n’est personne pour présager de la réussite de quelqu’un, encore moins décisionnaire de son avenir.
Au final, si l’on ne croit pas véritablement en soi, qui le fera à notre place ?
Alors, je pense à tous ces élèves en qui beaucoup n’ont jamais cru, qui ont vécu leur scolarité avec souffrance et pour lesquels les difficultés étaient réelles,
à ceux dont le quotidien difficile a effacé toute chance d’envisager des moments sereins, à ceux qui ont démontré qu’ils y arriveraient malgré les remarques désobligeantes, à ceux qui ont réussi qu’elle qu’en soit la manière… Croyez toujours en vous.
Et surtout, l’essentiel est ailleurs 🫶