06/09/2026
Il y a les jours où l’on reçoit en étant pleine d’élan.
Et puis il y a ceux où, nous aussi, nous sommes dans le creux de la vague.
Parce qu’être thérapeute ne nous épargne pas les périodes de fatigue, les émotions plus présentes, les doutes, les passages où l’on se sent un peu moins solide, un peu moins lumineuse.
Longtemps, j’ai pensé qu’il fallait aller parfaitement bien pour recevoir.
Être disponible à 100 %.
Avoir l’esprit léger.
Ne rien laisser dépasser de ce qui nous traverse.
Aujourd’hui, je crois que c’est plus nuancé que ça.
Il y a une différence entre ne pas être en état de recevoir… et simplement traverser soi-même une période plus basse.
Dans ces moments-là, je me demande surtout :
« Est-ce que j’ai suffisamment d’espace en moi pour accueillir quelqu’un d’autre ? »
Et parfois, la réponse est non.
Alors il faut savoir respecter cette limite.
Mais parfois, la réponse est oui.
Et curieusement, masser peut même devenir un endroit où le bruit s’apaise.
Pendant un instant, je ne suis plus dans mes pensées.
Je suis dans mes mains.
Dans le mouvement.
Dans l’huile.
Dans la respiration de l’autre.
Dans cette présence très simple qu’exige le toucher.
Je n’ai pas besoin d’être au sommet de ma propre vague pour offrir quelque chose de juste.
J’ai simplement besoin d’être suffisamment présente pour ne pas demander, inconsciemment, à la personne sur ma table de porter ce qui m’appartient.
Nous sommes thérapeutes.
Mais nous restons profondément humains.
Avec nos vagues, nous aussi. 🌊