22/06/2026
🐝🍓Les choses simples 🐝🍓
Dans les périodes difficiles où le mental est en surcharge, où le système nerveux crie, où la joie n’est qu’une idée lointaine, où le mouvement suivant est juste le mouvement suivant… automatique… tenir, tenir encore.
Encore un peu.
Jusqu’où faut-il aller pour prendre conscience que le fil va se rompre ?
Jusqu’à quel point le masque est-il profondément collé au point de faire presque partie intégrante de notre image aux autres ? Voire de celui/celle que nous croyons devoir être ?
Ne nous leurrons pas, le travail spirituel et les guérisons de nos blessures ne nous libèrent pas de tout d'un coup. C'est couche par couche. Masque par masque.
Qu’en est-il de ce qu’il se passe derrière, en coulisse ?
Parce que derrière le « il faut tenir »… (jusqu’à quand ?? La fin de la semaine, du mois, de la journée, de l’année…?) il y a un profond irrespect de nos ressentis. De notre besoin de ralentir, et de regarder ce qui est là.
Ce n’est pas derrière le travail, un écran, une activité en plus, dormir encore pour s'anesthésier, un service rendu, des choses qui remplissent nos journées, toujours avec ce masque… qu’on va mieux… ça s’appelle juste « Fuir ».
On va mieux quand on décide d’arrêter d’avancer la tête dans le mur, et la première chose est de se reconnecter à des choses simples. Juste pour sentir la Vie.
Aujourd’hui, pour moi, c’était juste cueillir des framboises sous le soleil encore doux du matin.
Quelques gestes simples, qui me sont venus comme ça, juste avant de partir au travail.
Des gestes bêtes dirait-on… Et pourtant… J’ai ressenti à ce moment une forme de paix, une douce normalité, fugace, mais cela m’a imprégné.
Et je me suis rendue compte comme une baffe en plein figure que c’était la première fois depuis longtemps… Comme un choc.
Puis j’ai erré, en mode automatique, car il faut travailler, mais je n’arrivais plus à réfléchir.
Juste ce moment fugace restait en mémoire, faisant remonter toutes sortes d’émotions que je ne m’explique pas.
Comment cela se fait-il que je ne vive pas ça plus souvent ? Je ne m’en rendais pas vraiment compte.
Alors je me suis arrêtée au bord de la route. Et j’ai décidé d’arrêter d’avancer, derrière ce dernier rempart des « Il faut ».
J’ai marché dans les bois, sans but, comme saoûle, sans savoir où ni comment ni quoi… Court-circuit mental. Et j’ai écouté le calme extérieur, mon attention se portait sur un morceau de bois, une fourmi, une fleur, un cri d’oiseau, comme si ma tête ne pouvait plus qu’observer des détails, sans réfléchir,... des choses simples.
Les choses simples, il me semble, nous reconnectent à la Vie en nous. Pas celle du coeur qui bat et du cerveau qui projette, mais celle liée à notre place et à un bonheur paisible, à notre Place.
Je dois avouer que la nature est une alliée de choix. Elle ne demande rien, elle est là. Sans nous, avec nous, avant nous et après nous. En nous ? (je vous laisse méditer là-dessus 😉)
Cueillir un fruit et mordre dedans, marcher pied nus dans l’herbe perlée de rosée le matin, regarder la brume sur les champs, un coquelicot au vent, cuisiner de bonnes choses en prenant son temps, siroter un café face à un beau paysage…
Ce qu’on voit dans des films quoi… on se dit « cool » ou « waouh », mais ce n’est pas pour nous. A quoi ça sert ?
Une perte de temps ?
Mais de quel temps parlons nous ?
Je ne souhaite pas ne plus travailler, et éviter toutes les tempêtes de la vie, elles font partie des cycles inévitables, parfois nécessaires.
Je souhaite pouvoir me connecter aux choses simples qui me ramènent à la légèreté intérieure, là où rien ne m’est demandé, là où je ne m’impose rien moi-même.
Essayer de « remonter la pente », « s’en sortir » comme on dit, demande qu’on puisse prendre conscience en premier lieu d’un déséquilibre, d’une dissonance. Peu importe d’où cela vient, peu importe qu’on se sente faible, vulnérable, nul(le)… ET ALORS ?
Un thérapeute, une aide, une écoute, des mots, des pleurs, des moments de downs, et aussi des petites lumières dans la journée, des moments simples, dehors de préférence.
Respirer, sentir.
Cela paraît tellement anodin, futile que nous ne le faisons même plus ! On y va à coup de médocs, de scroll sur le téléphone, de « ça va » alors qu’on sombre.
Il n’y a pas de remède miracle, mais il n’y a pas de sauveur non plus. Rien d’autre que nous à nous, sans mensonge (car on le sait quand on se ment, n’est ce pas ?)
Par delà notre rôle de thérapeute, nous ne sommes pas à l’abri des difficultés, mais nous savons peut-être mieux que d’autres, les ressources autour de nous et en nous.
Notre expérience enrichit notre Coeur. Si nous voulons continuer d’accompagner les autres, c’est avant tout de soi qu’il faut apprendre.
Je ne connais finalement pas de meilleur apprentissage que les écueils de ma propre histoire. Une fois traversés, quelle richesse et quelle compréhension pour la suite, mais… quel océan de boue à se coltiner!
Soyez plus doux avec vous.🌸 N’attendez pas que le fil rompe. Vivez votre vie, en acceptant de lâcher ce que vous n’avez pas à porter.
Se relever demande d’accepter de s’écrouler.
~Aurore~