06/06/2026
Lettre ouverte.
La pharmacie en ligne n’est pas un progrès. C’est le symptôme d’une société qui se décompose.
Derrière le confort d'un simple clic, se cache une réalité beaucoup plus sombre :
La naissance d’une « pharmacopée algorithmique ».
On remplace le pharmacien — figure de proximité, d'écoute et de savoir — par une plateforme logistique froide.
Le soin devient un simple acte de consommation.
On bascule dans une médecine sans corps et sans contact, où le patient n'est plus qu'une donnée statistique traitée par une machine.
Ce choix de société a des conséquences directes sur nos vies :
👉 L'abandon de nos territoires : L'État délaisse la santé publique et nos villages perdent leurs pharmacies au profit d'un capitalisme nomade.
👉 Le nihilisme technique : On sacrifie la présence humaine sur l’autel de l’efficacité numérique.
Face à cette catastrophe, la neutralité n'est plus possible.
Le monde scientifique et médical doit entrer en « désobéissance créative ».
Il est temps de faire émerger un système de santé alternatif :
1️⃣ Ne plus être des observateurs passifs de la destruction de notre modèle de soins.
2️⃣ Redevenir poètes et philosophes pour penser la complexité du vivant, au-delà des simples calculs.
3️⃣ Oser abandonner les technologies qui détruisent le lien humain.
Pour préserver la flexibilité dans le travail on doit choisir de ne pas tout numériser.
Il est urgent de reprendre le pouvoir sur la technique pour remettre la santé au service de la vie, et non au capitalisme néolibéral dérégulé.
Aujourd'hui, notre système de santé ne soigne plus, il gère. En appliquant sa logique de marché, le patient est devenu un client et le soin une marchandise.
1-La course au rendement pousse à standardiser les actes médicaux.
2-Les tâches administratives et de contrôle confisquent le temps consacré au patient.
3-Les plateformes numériques cassent le suivi médical local.
Laisser le marché s'autoréguler détruit notre modèle social :
1-Services publics sacrifiés (santé, éducation, transports).
2-Travail précarisé par l'ubérisation massive.
3-Besoins vitaux marchandisés (le soin et le logement ne sont pas des produits de consommation).
4-Territoires fracturés par l'abandon de nos campagnes.
Face à cela, il y a une urgence absolue rappelée par Alexandre Soljenitsyne lors du discours prononcé à l’université de Harvard,
le 8 juin 1978: « Revoir à la hausse l’échelle de nos valeurs humaines. »