18/06/2026
🎤 « Nous devons investir maintenant dans la prise en charge de l'obésité pour éviter un tsunami de maladies associées, était l’une de vos conclusions du colloque. Mais que se passera-t-il si, malgré l'accès à ces soins, les personnes souffrant d’obésité ne les sollicitent pas, par honte ou parce qu'elles ne considèrent pas leur surpoids comme un problème médical ? »
🗣 « Il est unanimement reconnu que le système de santé belge est soumis à une pression croissante. Le vieillissement de la population en est une cause majeure, entraînant inévitablement une augmentation du nombre de maladies chroniques telles que le diabète de type 2, les maladies cardiovasculaires et autres problèmes de santé liés à l'âge. On oublie souvent, dans ce contexte, que nombre de ces maladies sont étroitement liées au surpoids et à l'obésité. En améliorant l'accompagnement des personnes dans le maintien d'un poids santé et la prise en charge de l'obésité, nous pourrons également réduire significativement le nombre de maladies qui y sont associées.
Si nous voulons faire face au tsunami de maladies chroniques qui nous menace, nous devons agir sans tarder. Nous ne pouvons pas rajeunir les gens, mais nous pouvons les aider à lutter contre le surpoids et l'obésité. Il s'agit non seulement d'un gain pour la santé du patient, mais aussi d'un investissement nécessaire pour l'avenir de notre système de santé.
Pour y parvenir, deux conditions doivent être remplies de toute urgence.
🛟 Premièrement, il est impératif de mettre en place un système de soins structuré et accessible aux personnes souffrant d’obésité. À ce jour, les efforts déployés dans ce domaine sont insuffisants.
🛟 Deuxièmement, nous devons faire en sorte que les personnes concernées trouvent ces soins et osent y recourir. L’obésité est encore trop souvent perçue comme une question de volonté ou de responsabilité individuelle, alors qu’il s’agit d’une maladie complexe et chronique où convergent des facteurs génétiques, biologiques, psychologiques et environnementaux. Cette conception erronée engendre une stigmatisation sociale, mais aussi une auto-stigmatisation. Nombreuses sont les personnes qui éprouvent de la honte ou de la culpabilité, ce qui les conduit à reporter, voire à éviter complètement, toute aide professionnelle.
Il nous faut donc investir non seulement dans les soins, mais aussi dans la sensibilisation, le dépistage précoce et une communication différente sur l'obésité. Il est essentiel que chacun sache que l'obésité se soigne et que le recours à un accompagnement professionnel n'est pas un échec, mais une démarche logique, au même titre que pour d'autres maladies chroniques. Le défi est donc double : organiser des soins suffisants, de qualité et accessibles, et lever les obstacles pour que les personnes se sentent écoutées et soutenues, et non jugées.
Ce n'est qu'en prenant l'obésité au sérieux et en l'attaquant de manière structurelle que nous pourrons freiner l'augmentation prévue des maladies chroniques et garantir l'accessibilité financière de nos soins de santé. L'heure des analyses et des bonnes intentions est révolue. Il est temps d'agir et de recentrer notre modèle de soins : de la prise en charge des complications à leur prévention. »