05/07/2026
La pige de Nina
J’crois que j’ai pigé…
On entend souvent : « Pratique la gratitude!»
Bah non en fait… !!
Comme si c’était aussi simple... 🙄
Comme si le fait de se dire que d’autres vivent pire, que certains sont partis beaucoup trop tôt, devait suffire à nous faire apprécier notre vie.
À une période de ma vie, j’étais tellement mal à l’intérieur que lorsque j’apprenais qu’une personne de mon âge était décédée, ou même plus jeune, je n’arrivais pas à ressentir cette fameuse gratitude.
Je ne me disais pas : « Moi, je suis encore en vie, quelle chance.» Non!
Et j’ai même envie de vous dire que je m’en fichais. Non pas parce que je manquais d’empathie. Mais parce que j’étais tellement en souffrance que je n’avais plus accès à cet endroit en moi capable de ressentir de la gratitude.
Je sais que certaines personnes y arrivent.
Elles apprennent qu’une personne est partie, qu’un drame est arrivé, et ça leur rappelle à quel point la vie est précieuse. Elles ressentent immédiatement de la gratitude pour ce qu’elles ont encore.
Et c’est très bien! 🫶
Mais ce n’est pas le cas pour tout le monde.
En tout cas, c’était pas le mien. À cette période de ma vie, j’étais tellement en souffrance que je n’avais tout simplement pas accès à cet état d’esprit.
Quand on est en train de se noyer intérieurement, on cherche juste à respirer.
Alors entendre : « Tu devrais être reconnaissant parce qu’il y a pire ailleurs », c’est un peu comme demander à quelqu’un qui a 39 de fièvre d’aller faire une grande marche parce qu’il a la chance d’être en vie.
Oui, il est vivant. Mais il est malade!
Et avant de lui demander de marcher, on le soigne.
Aujourd’hui, j’ai envie de dire une chose à toutes les personnes qui culpabilisent de ne pas réussir à pratiquer la gratitude.
« Arrêtez de culpabiliser!!! »
Vous n’êtes pas ingrats! Vous êtes peut-être simplement en train de souffrir.
Moi, il m’a fallu du temps, du temps pour me reconstruire. Il m’a fallu retrouver un peu de sécurité intérieure, de la paix, réapprendre à m’écouter, à accueillir ce que je ressentais sans me juger. Il m’a fallu refaire connaissance avec moi-même.
C’est ce chemin-là qui m’a permis, petit à petit, d’accéder à la gratitude. Pas l’inverse!
Aujourd’hui, oui, je peux dire que je pratique la gratitude tous les jours. Mais ce n’est pas un exercice. Je ne me réveille pas le matin en me disant : « Allez, aujourd’hui, il faut que je sois reconnaissante.» Non!
Ça vient tout seul. Naturellement…
Je m’émerveille d’une maison bien rangée, d’un objet perdu enfin retrouvé, d’un café partagé, d’un moment de calme, d’une conversation, d’une journée ordinaire.
Je ne fais plus l’EFFORT d’être reconnaissante. Je le ressens.
Et je crois que c’est toute la différence!
La gratitude n’est pas arrivée parce que je l’ai travaillée. Elle est arrivée parce que je me suis reconstruite.
Elle est la conséquence de ce chemin!
La gratitude vient vraiment de l’intérieur. C'est pas quelque chose que je vais chercher à l'extérieur et que je dois pratiquer à l'intérieur.
Alors si aujourd’hui vous n’y arrivez pas, ne culpabilisez pas! Ne vous forcez pas.
Ne croyez pas que vous faites mal les choses. Prenez soin de vos racines. 🥰
Parce qu’on ne demande pas à un arbre de donner des fruits quand ses racines sont en train de sécher. On commence par nourrir la terre. Les fruits viendront ensuite.
« La gratitude ne s’est pas invitée dans ma vie parce que je me suis forcée à la pratiquer. Elle est apparue le jour où j’ai enfin commencé à prendre soin de moi. »
Nina B. ❤️