26/08/2026
« Les filtres tombent …
Un geste, dans une rencontre, m’a permis de voir quelque chose qui, je crois, peut nous permettre, à chacun et chacune, de VOIR. Quand je parle du VOIR en majuscule, c’est une grand VOIR où je vois, tout à coup, toutes mes histoires.
C’est tellement puissant tout ça, qu’on en arrive à croire que nous sommes cela. On arrive à croire que nous sommes ce personnage qui fait ça. Et on s’attache à ce personnage qui est un rôle en train de se jouer. Quand je parle du “film”, c’est ça. Ce sont des filtres et on croit que le filtre est la réalité.
Ce qu’on vit en ce moment, c’est un filtre : qu’il s’appelle “Covid”, qu’il s’appelle “Projet”, qu’il s’appelle “Famille”, qu’il s’appelle “Maladie” (peu importe), ce sont des filtres (les mains posées l’une sur l’autre, les doigts écartés, devant les yeux) et nous, on voit à travers ces filtres là.
Dans tous ces petits trous différents, on voit un aspect différent, on a un point de vue différent. Ce sont des filtres. On peut imaginer les mailles d’un tricot ou d’un tissu à travers lesquelles on voit des facettes de la réalité. C’est un peu comme ça, sur Zoom. Il y a toutes sortes de facettes de la réalité, toute cette mozaïque (de facettes/points de vue).
Ouvrir les bras, faire l’étoile, s’enlever du chemin, c’est ça : pour un instant, pourrait-on cesser de voir la vie à travers les filtres pour, tout doucement, glisser ça (les mains s’écartent et les bras s’ouvrent très grands de chaque côté du corps) et voir la réalité telle qu’elle est ? C’est beau, n’est-ce pas ?
Soudain, je vois tous ces filtres et je prends conscience !
Je prends conscience que je vois la vie à travers mes filtres.
Sans filtres, sans concepts, sans idées préconçues, sans histoires du passé, sans tout ce qu’on a mis par-dessus… qui serions-nous ? Libres de tout ça !
Ce qui semble être cet obstacle en ce moment dans votre vie, c’est juste un filtre. Il n’y a pas de projet, pas d’avenir, pas de projection, pas de passé non plus. Il n’y a que cet Instant qui existe.
On passe notre temps à mettre notre attention sur ce qui n’est pas réel, plutôt que de mettre notre attention sur ce qui est réel, ici (en Soi).
La seule chose qui est réelle, c’est l’Instant, ce vivant qui me traverse Là, dans l’Instant. Tout le reste, c’est pour occuper mon temps, pour me faire sentir vivant, pour me projeter dans l’espace. C’est une trame, c’est un film, c’est un filtre. Ce n’est pas la réalité.
Moi, je peux quitter “ÇA” mais “ÇA” ne me quitte jamais.
Ce qui est magnifique, c’est que cela me fait sortir de toute attente. Quand je reviens Ici, dans cet instant précis, je vois bien que plus rien ne tient.
Ici, dans cet espace, il n’y a plus d’attente. Goûter Ça, Ici-Maintenant.
Je continue d’entretenir mon histoire, c’est cela qui fait que ça revient.
Ce n’est pas “ça” qui revient pour me détruire, c’est moi qui continue de projeter cette histoire là (de moi vers l’extérieur). C’est dans ce sens là que ça se passe ! (La projection va de l’intérieur vers l’extérieur)
Cela n’a l’air de rien, c’est super simple... Mais c’est vraiment bon de laisser cet espace (s’élargir) et, tout à coup, se poser là, dans cet espace tout ouvert… tout libre.
Comment serait notre vie sans toutes ces interprétations, ces histoires ? Libre de tout ça, dans cet instant, Ici-Maintenant ?
Tout ce qui a à se faire, va se faire “avec” ou “malgré” moi, peu importe. Cela va se faire, parce que c’est ÇA l’essence de ce que nous sommes.
Nous sommes ÇA ! Le vivant qui se vit.
Alors, êtes-vous prêts à expérimenter ça ? À laisser ÇA faire ? À (vous) s’abandonner à ÇA qui sait ce que ça fait ? »
Ginette Forget