31/08/2026
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Jâai parfois lâimpression quâon imagine les personnes qui accompagnent les autres comme des ĂȘtres humains qui ont Ă©tĂ© touchĂ©s par la grĂące. Elles ont fait des formations, elles ont lu des livres, elles ont compris les mĂ©canismes Ă©motionnels, elles connaissent les blessures, les schĂ©mas, les rĂ©actions, les mĂ©canismes de dĂ©fense⊠Donc forcĂ©ment, elles ont tout compris. Et surtout, elles ne sont plus jamais activĂ©es.
Jâaimerais bien, mais en tout cas, pour moi, ça nâest pas le cas⊠đ€
Je suis Delphine, et avant dâĂȘtre praticienne en kinĂ©siologie et accompagnante en libĂ©ration Ă©motionnelle, je suis une femme qui a 47 annĂ©es de vie derriĂšre elle. Avec de trĂšs jolies choses, et dâautres beaucoup moins jolies. Des expĂ©riences qui mâont construite, des blessures, des prises de conscience, des erreurs, des rĂ©actions dont je me serais bien passĂ©e.
Des moments oĂč je suis parfaitement capable de savoir intellectuellement ce qui est en train de se jouer⊠et de quand mĂȘme rĂ©agir Ă chaud.
Parce quâapprendre et comprendre quelque chose ne nous vaccine pas contre le fait de le vivre.
Ăa ne veut pas dire que le travail sur soi ne change rien. Bien au contraire. Au fil du temps, des prises de conscience et des libĂ©rations, certaines choses peuvent continuer Ă nous toucher, mais beaucoup moins fort. Et parfois, on se rend compte quâon ne rĂ©agit plus du tout comme avant.
Je peux encore avoir peur, me mettre en colĂšre, ĂȘtre touchĂ©e en plein dans une blessure ou me retrouver complĂštement Ă cĂŽtĂ© de mes pompes.
Et je trouve ça normal (mĂȘme si ce nâest pas franchement agrĂ©able).
Parce que je ne considĂšre pas que la vie soit quelque chose quâon finit par « comprendre » une bonne fois pour toutes. Pour moi, câest un apprentissage en continu. Parfois doux, parfois un peu chaotique.
Je ne suis pas au-dessus de ce que jâaccompagne. Je ne suis pas arrivĂ©e Ă un endroit oĂč plus rien ne mâatteint. Et je nâai certainement pas envie de jouer à ça.
Jâai longtemps essayĂ©, pourtant, de rentrer dans le costume de la personne « comme il faut », de lisser un peu mon naturel, de mettre de cĂŽtĂ© ce qui dĂ©passait. Mais chez moi, le naturel finit toujours par pousser trĂšs fort Ă la porte. đ
Alors aujourdâhui, je prĂ©fĂšre simplement ĂȘtre moi.
Avec ce que je sais, et ce que je ne sais pas. Avec ce que jâai compris. Et avec tout ce que je continue encore Ă dĂ©couvrir, avec vous et souvent grĂące Ă vous.
Je continue moi aussi Ă ĂȘtre accompagnĂ©e, Ă travailler sur moi, Ă libĂ©rer ce qui reprĂ©sente encore un frein, une peur, une croyance ou une vieille rĂ©action.
Et je trouve que câest justement ça qui est beau.
Je ne serai probablement jamais touchĂ©e par la grĂące, en lĂ©vitation au-dessus de mes Ă©motions. đ
Il me reste toute la suite de ma vie pour apprendre, libérer, évoluer, avancer⊠et continuer à devenir un peu plus moi.
Alors quand une personne que jâaccompagne me dit parfois, un peu dĂ©couragĂ©e : « pfff, il y a encore tellement de travail⊠»
Jâai envie de lui rĂ©pondre : Oui. Et alors ? Regardez dans le rĂ©tro ce qui a dĂ©jĂ Ă©tĂ© parcouru. Toutes les anciennes versions de vous. Sans ces Ă©tapes-lĂ , vous ne seriez pas celle ou celui que vous ĂȘtes aujourdâhui.
Il nây a pas une montagne Ă gravir pour enfin ĂȘtre « rĂ©parĂ© ». Il y a un chemin Ă explorer, et chacun avance Ă son rythme.
Parce quâau fond, je ne crois pas que lâaccompagnement consiste Ă ĂȘtre une personne qui a tout compris face Ă une personne qui cherche. Je crois que câest plutĂŽt un ĂȘtre humain qui rencontre un autre ĂȘtre humain, avec ses connaissances, son expĂ©rience⊠et tout ce quâil est au milieu.
Delphine.