30/01/2026
Soutien immense à mes patient·e·s qui se battent chaque jour
Ce que décrit Marianne James dans cette vidéo, c’est quelque chose que je rencontre très souvent en consultation :
un craving intense, envahissant, parfois vécu comme une perte de contrôle.
Dans certains cas, cela s’apparente à un fonctionnement addictif, avec tout ce que cela implique sur le plan neurobiologique, émotionnel et hormonal.
La grande difficulté quand on parle d’alimentation, c’est que — contrairement à d’autres addictions — on ne peut pas “arrêter de manger”.
Il faut continuer à se nourrir plusieurs fois par jour, faire ses courses dans des environnements saturés de produits ultra-transformés, hyper-stimulants, parfois là où on ne les attend pas… et évoluer dans une culture où le sucre et l’alcool sont omniprésents, ritualisés, banalisés.
Galette des rois, anniversaires, fêtes d’école, chandeleur, apéros, Noël…
Comment, socialement et émotionnellement, reprendre le pouvoir quand tout pousse à la surconsommation ?
Hier soir, j’ai reçu une patiente absolument exceptionnelle (et le mot est faible), que j’accompagne depuis le mois d’août.
Elle est arrivée avec une image d’elle-même très abîmée, persuadée de “manquer de volonté”.
Hier, avec une immense fierté, elle m’a annoncé que cela faisait 21 jours qu’elle n’avait plus consommé de produits industriels.
Les seuls sucres qu’elle consomme aujourd’hui proviennent des fruits et de goûters faits maison (recettes MaguyYummy).
Et alors que le poids ne bougeait pas jusque-là, elle a perdu 2,9 kg de masse grasse, dont de la graisse viscérale, sans perte musculaire, tout en intégrant une activité physique régulière.
Qu’on ne vienne pas me dire que c’est “juste une question de volonté”.
La volonté, elle l’avait déjà. Depuis longtemps.
Ce chemin est le résultat d’une combinaison complexe de facteurs :
accompagnement, timing, sécurité émotionnelle, compréhension du corps, régulation hormonale, génétique, environnement alimentaire, confiance, amour de soi, persévérance…
C’est complexe. Profondément complexe.
Et non, tout le monde n’y arrive pas de la même façon, ni au même moment.
Certain·e·s patient·e·s arrêtent l’accompagnement.
Ce n’est pas un échec.
Les graines sont semées. Elles germeront… ou pas. Et c’est OK.
Mais une chose est sûre :
les mots “fainéant”, “manque de volonté”, “il suffit de” n’ont rien à faire dans l’équation.
Et je le redis avec force :
les personnes en surpoids ou en obésité que j’accompagne sont belles, à l’extérieur comme à l’intérieur.
Elles sont intelligentes, sensibles, courageuses, généreuses, aimantes, talentueuses...
J’aimerais tellement que le regard porté sur elles — et surtout celui qu’elles portent sur elles-mêmes — change enfin.
Marre de la grossophobie.
Vraiment.
Na !