11/08/2026
Ces mots sont vraiment inspirants…
ECLIPSE SOLAIRE- 12 Août- en LION
« Tu as toujours choisi de te laisser enfermer par ce que tu es. À présent, choisis de te laisser libérer par ce que tu es. »
— Œil-de-Nuit, L’Assassin royal, tome 10
Cette phrase pourrait à elle seule nous servir de fil conducteur pour comprendre les énergies puissantes du 12 août.
Une éclipse nous ramène nécessairement aux Nœuds lunaires, ces deux points que les anciens ont associés à l'image d'un Dragon. Le Nœud Nord en serait la tête, attirée par ce qui demande à être maturé, ce qui en nous cherche à grandir tandis que le Nœud Sud en serait la queue, portant le passé, ce qui est déjà profondément inscrit en nous, mais qui peut aussi finir par nous enfermer et même nous faire régresser lorsque nous nous y identifions trop fortement.
Et pour comprendre le sens de cette éclipse, il faut savoir qu'actuellement le Nœud Nord est en Verseau tandis que le Nœud Sud traverse le Lion, signe dans lequel a lieu cette Nouvelle Lune.
Autrement dit, c'est précisément quelque chose du Lion qui demande aujourd'hui à être revisité. Je vous invite à aller voir quelle maison est touchée par l’orbe exacte de la Nouvelle Lune, cela vous donnera une indication sur le domaine de vie à travailler.
Pour autant, le Nœud Sud n'est pas une énergie qu'il faudrait abandonner au profit du Nœud Nord. Il est plutôt une énergie à transmuter. Tant qu'elle est vécue inconsciemment, elle peut nous maintenir prisonniers de fonctionnements anciens ; mais lorsqu'elle est rencontrée, conscientisée et transcendée, elle peut devenir un véritable point de libération. C'est d'ailleurs ainsi que j'aime comprendre Ketu, le Nœud Sud de la tradition indienne, associé au détachement et à la libération spirituelle. C’est une vision peu répandue dans l’astrologie moderne mais qui donne une autre dimension à l’étude des nœuds lunaires.
Avec le Nœud Sud en Lion, ce n'est donc pas le Lion qu'il nous est demandé de quitter, mais une certaine manière de vivre son énergie. Quelque chose de sa puissance doit se transformer pour que sa lumière ne soit plus seulement au service du moi, mais puisse jaillir d'un centre plus profond.
Et c'est peut-être exactement ce que nous demande cet axe Lion-Verseau.
Le Lion nous parle de notre identité, de notre créativité, de notre besoin d'exprimer ce que nous sommes et de rayonner depuis notre propre centre. Mais tant que cette énergie reste prisonnière du moi, elle peut aussi chercher à être reconnue, aimée, admirée ou constamment confirmée par le regard extérieur.
Et c'est précisément ici que le premier des douze travaux d'Héraclès devient particulièrement intéressant pour comprendre ce qui se joue : le Lion de Némée.
Ce lion possède une peau qu'aucune a**e ne peut transpercer. Héraclès essaie ses flèches, son épée, sa massue… rien n'y fait. Il comprend finalement qu'il doit abandonner ses a**es et pénétrer dans la grotte pour affronter le lion à mains nues.
Dans une lecture jungienne, ce lion pourrait représenter cette identité que nous avons progressivement construite pour survivre, être aimés, reconnus, acceptés, trouver notre place dans le monde. Notre personnage, notre moi, cette histoire que nous avons tellement répétée que nous avons fini par la confondre avec ce que nous sommes. Et ce moi s'est fabriqué une peau. Une peau qui se croit invulnérable parce qu'elle a appris à ne plus être touchée. Nous avons développé des défenses, caché certaines fragilités, refoulé certaines parts de nous-mêmes et parfois confondu force et insensibilité. Mais cette invulnérabilité-là est fragile, car tout ce que nous refusons de rencontrer continue à agir depuis l'ombre.
Alors Héraclès entre dans la grotte sans a**es.
Il accepte de devenir vulnérable et rencontre enfin le lion à bras-le-corps. Il le regarde bien en face. Et symboliquement, peut-être est-ce précisément cela qui lui est demandé : reconnaître que ce lion est aussi une part de lui-même. Symboliquement, il descend là où vivent ses peurs, ses ombres, ses mécanismes de défense, tout ce que le personnage avait précisément construit pour ne pas se rencontrer. Et quelque chose peut mourir. Non pas l'individu, mais son identification au personnage.
Une fois le lion vaincu, Héraclès ne parvient pourtant toujours pas à découper sa peau. C'est avec l'une des griffes du lion lui-même qu'il réussira à l'ouvrir. Ce qui l'enfermait contient donc également l'instrument de sa libération.
Puis Héraclès revêt la peau du lion. Mais symboliquement, ce n'est plus la même peau. Nous pourrions dire qu'elle est devenue la peau du Soi.
Elle aussi est invulnérable, mais d'une tout autre invulnérabilité. La peau du moi cherchait à être invulnérable en devenant insensible. On pourrait dire aussi en se racontant des histoires, en ne descendant pas dans le cœur. La peau du Soi peut rester profondément sensible parce qu'elle n'a plus autant besoin de se défendre.
Non pas parce que plus rien ne peut nous blesser ou nous atteindre, mais parce que ce que nous avons rencontré consciemment dans notre propre grotte ne peut plus nous gouverner de la même manière. C’est vu.
Je peux connaître ma peur du rejet sans lui permettre de choisir à ma place. Reconnaître mon besoin d'être aimé sans me trahir pour obtenir cet amour. Voir ma colère, ma jalousie, mon orgueil, ma peur ou mon besoin de reconnaissance sans devoir les projeter sur les autres.
La véritable invulnérabilité ne consiste peut-être pas à ne plus avoir d'ombre, mais à ne plus être inconsciemment gouverné par elle.
Le Lion n'a donc pas été détruit, sa puissance n’est plus gouvernée par le même maître si je puis dire.
Et voilà pourquoi ce mythe me semble si beau pour accompagner une éclipse solaire en Lion. Car pendant une éclipse, le Soleil disparaît. Pour les Anciens, voir celui qui représentait la lumière, l'ordre et le souverain s'effacer en plein jour était profondément bouleversant. Les éclipses furent associées aux ruptures de l'ordre établi, aux basculements, à ces moments où quelque chose semblait échapper à la volonté humaine.
Nous savons aujourd'hui ce qu'est une éclipse et nous n'avons plus besoin d'y voir l'annonce d'une catastrophe. Mais nous pouvons conserver toute la puissance symbolique de cette image. Une éclipse est un entre-deux, un carrefour.
L'ancienne lumière s'obscurcit alors que la nouvelle manière de voir n'est pas encore apparue.
On raconte parfois que notre libre arbitre serait moins important durant ces périodes. Je préfère imaginer qu'il existe dans nos vies des carrefours où nous choisissons moins ce qui nous arrive que la manière dont nous allons le traverser.
Les Grecs avaient pour cela une image magnifique : les Moires, ces trois femmes qui présidaient au fil de l'existence. Elles nous rappellent que tout ne dépend pas de notre volonté. Certaines rencontres, certains bouleversements, certaines fins de cycle ou prises de conscience nous placent simplement devant un seuil.
Et entre ce qui n'est déjà plus et ce qui n'est pas encore, il y a parfois du flou.
Peut-être n'est-il pas nécessaire de rallumer immédiatement la lumière. Certaines transitions nous demandent d'accepter de rester quelque temps dans la grotte et surtout de ne rien faire de particulier : pas de rituel, pas d’intentions à la lune… Juste entrer en soi.
Pourtant, Mercure et Jupiter traversent eux aussi le Lion au moment de cette éclipse, comme si quelque chose cherchait déjà à se reformuler et à s'agrandir.
Mercure nous interroge sur les histoires que nous racontons encore à propos de nous-mêmes. Jupiter, lui, élargit le champ des possibles et nous invite à dépasser les frontières devenues trop étroites de ces anciennes définitions.
Alors peut-être cette éclipse nous pose-t-elle deux questions très Lion :
Où ai-je diminué ma lumière pour être aimé, accepté ou pour ne pas déranger ?
Mais aussi : Où ai-je eu besoin du regard des autres pour me sentir rayonner ?
Car nous pouvons être dépendants du regard extérieur en nous cachant comme en cherchant à briller. L'authenticité ne consiste ni à diminuer sa lumière ni à la mettre en scène. Elle consiste peut-être simplement à la laisser être.
Vénus en Balance nous rappelle cependant que cette transformation ne concerne pas seulement notre petite aventure personnelle. Sa dynamique avec Mars et Neptune peuvent mettre en lumière nos projections, nos idéalisations, nos désirs contradictoires ou certains vieux scénarios relationnels, tandis que ses liens harmonieux avec Jupiter, mercure Uranus et Pluton ouvrent une possibilité d'élargissement et de transformation de notre manière d'aimer et d'être en relation.
Et Saturne, en harmonie avec cette éclipse, semble ajouter quelque chose de très simple : Maintenant, il faut grandir en maturité.
Le Lion pourrait nous conduire vers cette expérience essentielle du « Je Suis », vers la découverte d'un centre intérieur qui n'a plus autant besoin du regard extérieur pour exister.
« Je suis en train de devenir ce que Je Suis. »
Nous ne devenons pas le Soi en un instant. Nous apprenons à lui faire une place dans nos choix, nos relations, notre manière d'aimer, de créer, de parler, de nous positionner.
Nous voilà donc partis d'un loup, puis à la rencontre d'un Dragon, avant d'entrer dans une grotte avec un lion… Il ne nous reste finalement qu'à nous pencher sur le plus curieux de tous ces animaux : l'être humain.
Dernier point du mythe que j’ai envie de vous partager…
Lorsque le lion est vaincu, Molorchos, le berger qui avait accueilli Héraclès, devient planteur d'arbres. La terre que le lion empêchait jusque-là de cultiver peut enfin porter autre chose.
Peut-être reconnaissons-nous notre propre maturation à cela.
Est-ce que ma présence permet aussi aux autres de devenir ce qu'ils sont ?
Ma présence éclaire-t-elle ou cherche-t-elle encore à être regardée ?
Est-ce que je laisse suffisamment d'espace autour de moi pour que d'autres puissent y faire pousser leurs arbres ?
Et l'être humain qui grandit apprend peu à peu à mettre cette lumière au service du vivant, du collectif… Là où se trouve le Nœud Nord en Verseau.
Alors si cette éclipse nous place quelque temps dans un entre-deux, peut-être pouvons-nous accepter le carrefour. Entrer dans la grotte. Rencontrer le lion. Écouter les histoires que nous racontons encore sur nous-mêmes et laisser mourir celles qui sont devenues trop étroites.
Je ne suis plus tout à fait celle ou celui que je croyais être.
Je suis le Soleil qui se voile, puis se dévoile.
Je suis en train de devenir ce que Je Suis.
Il y a un avant. Et il y a un après.
« Tu as toujours choisi de te laisser enfermer par ce que tu es. À présent, choisis de te laisser libérer par ce que tu es. »
Que vous décidiez de profiter du spectacle ou non, je souhaite à toute la petite communauté une merveilleuse éclipse solaire !
A bien vite
Catherine