26/07/2026
L'intelligence artificielle ouvre aujourd'hui des perspectives inédites dans le domaine de l'accompagnement. Certains professionnels de la relation d'aide invitent désormais leurs patients à l'utiliser entre deux séances : pour clarifier une émotion, organiser leurs pensées, tenir un journal de bord, approfondir une réflexion ou explorer certaines questions grâce à des prompts adaptés.
Cette évolution est intéressante. Elle montre que l'IA peut devenir un support de réflexion, un outil d'apprentissage ou un espace de verbalisation. Elle facilite l'accès à l'information, aide à structurer des idées et peut favoriser une première prise de recul.
Mais, après plus de trente-cinq années d'accompagnement et d'aide, une conviction s'est progressivement affirmée. La connaissance ne suffit pas à transformer une personne.
L'intelligence artificielle traite des informations. Elle établit des liens, reconnaît des modèles et produit des analyses remarquablement élaborées. En revanche, elle ne participe pas à une rencontre humaine.
Elle ne partage pas une présence. Elle ne fait pas l'expérience de la conscience. Elle ne perçoit pas ce qui se joue dans un silence, dans une respiration qui change, dans une hésitation, dans une émotion qui apparaît ou dans une posture qui se transforme au fil de l'échange.
Au cours de mon parcours, j'ai appris que l'accompagnement repose autant sur ce qui est dit que sur ce qui est vécu dans la relation. Dans mon approche, cette dimension dépasse les mots. Je parle d'une présence consciente, parfois aussi d'une présence totalement disponible c=à-d cette qualité d'attention profonde qui permet d'être pleinement disponible à l'autre, sans interpréter trop vite, sans projeter, sans contre-transfert et avec suffisamment de discernement pour accueillir ce qui émerge.
Cette présence ne relève pas uniquement d'un savoir-faire. Elle se construit avec l'expérience, la qualité d'écoute, la capacité d'observer, mais aussi avec la conscience de soi que développe progressivement la praticienne.
L'intelligence artificielle ne possède pas cette expérience vécue. Elle n'a ni conscience d'elle-même, ni vécu émotionnel, ni intuition clinique. Elle ne peut pas entrer dans une relation où deux consciences se rencontrent et évoluent mutuellement.
C'est pourquoi je ne pense pas que la question soit de choisir entre l'humain et l'intelligence artificielle.
La véritable question est de savoir comment utiliser intelligemment les outils disponibles, tout en préservant ce qui fait la singularité de la relation d'aide : une présence incarnée, un discernement nourri par l'expérience et une rencontre humaine qui ne se limite jamais à un échange d'informations. Car si l'intelligence artificielle peut transmettre des connaissances, seule une présence humaine consciente peut accompagner une personne dans le mouvement intérieur qui lui permet de retrouver progressivement davantage de liberté, de responsabilité et de présence à elle-même. Voir moins
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