08/03/2026
La vérité c'est que j'ai appris à ravaler la honte.
Ce qui fait que lorsqu'une personne a un comportement déplacé envers moi, me déçoit ou me juge, j'ai 2 modes de réponse : tout faire pour ne pas que mon malaise paraisse ou me fermer avec colère sans expliquer pourquoi.
Et pendant toutes ces années, la honte a été lourde et à double sens puisque je portais celle qu'on me traite mal, mais aussi celle de ne pas défendre mon intégrité clairement, dignement et avec une affirmation saine et assumée.
En ce moment, je choisis qui je laisse s'approcher de moi et la vie me teste à fond parce que je suis en reconstruction et en réalignement. Je suis dans une vague de nouvelles rencontres et je sais que c'est un Y dans mon parcours relationnel.
La chance de choisir oser utiliser ma vulnérabilité en toutes circonstances et d'arrêter d'avoir honte de qui je suis, de mes réactions, de mes limites, de mes blessures et de mes besoins.
J'apprends à écouter mon intuition, à honorer mes émotions et mes besoins enfouis derrière mes malaises. Mais changer des schémas relationnels bien actifs dans des liens qui portent un bagage émotionnel chargé, c'est un cycle à briser. La roue tourne et elle semble par moment inarrêtable. Ça prend une révolution interne pour y arriver!!
C'est exigeant changer. Dans mon cas, ça me demande une lucidité brutale, de la confiance, un calme puis une capacité à me légitimer et me valider seule que je n'incarne pas encore pleinement.
Sauf que maintenant que je comprends mieux mes réactions et tout ce qu'elles étouffaient depuis toute petite, je mise sur mon courage à être vulnérable là où je m'abandonnais systématiquement par peur d'être trop, incomprise et dérangeante.
Au final, à force de me fermer pour me protéger, certaines personnes n'ont aucune idée de ce qui se vit en moi et de qui je suis vraiment.
Non seulement, ça isole, mais ça fait qu'il y a ce grand fossé de protection entre soi et l'autre. Ces non-dits, ces silences, ces malaises contenus, cette colère qui boue dans l'estomac.
Le temps est venu d'arrêter de devenir froide et silencieuse ou suradaptée et chaleureuse pour taire mon propre malaise et épargner l'autre.
Une nouvelle posture s'invite en moi.
Celle de la femme qui ne veut plus porter la honte d'être dérangée, dérangeante, sensible et affirmée.
Je ne suis pas un tapis sur lequel on peut marcher sans considération.
L'autre n'est pas un ennemi duquel je dois me protéger.
Je ne suis pas un volcan en éruption.
Je suis cette lionne capable de rugir, mais qui veut apprendre à défendre sa place et ses besoins avec courage et dignité.
Je ne veux plus fuir ou refouler pour ne pas déplaire avec ma vérité.
Je ne veux plus me faire croire que je suis trop parce qu'on me l'a reflété.
Je sais qu'il existe des relations où on peut exister librement sans se sentir invisible et invalidée.
Je sais qu'il existe des gens capables de saisir que mes blessures ne me définissent pas.
Je sais que ce que je peux offrir peut être réciproque à ce que je reçois.
Je ne veux plus me taire.
Je veux trouver le courage de traduire ce qui se passe en moi en assumant que l'autre n'aura pas toujours les capacités ou la volonté de me comprendre.
J'ai fini de me cacher et d'avoir peur de déranger.
Je sais que cela va déranger. Moi la première...
Et je me pratique à renoncer, à faire les bons choix pour moi, à me choisir même quand je suis ébranlée, blessée et insécure.
Je connais ma nature profonde et mes intentions, peu importe ce que les gens pourront en penser. Je n'ai rien à prouver. Le défi sera d'arrêter de douter de moi là où l'autre projette sur moi ses jugements et ses perceptions.
Sortir de cette spirale d'invalidation et de dévalorisation.
S'aimer assez pour ne plus avoir besoin de se justifier et d'être comprise à tout prix.
S'aimer assez pour honorer la solitude qui viendra parfois avec la cohérence, la lucidité et l'économie d'énergie.
Ne plus ouvrir les portes qui menacent ma sécurité affective.
Ne pas cogner sans arrêt à la même porte après qu'elle m'ait été claqué au nez.
Me choisir même quand l'autre ne me choisit pas.
Ne pas accorder plus d'importance à l'opinion des autres qu'à la mienne.
Sortir du jugement pour revenir à cet espace de légitimité où je suis appelée à tout moment à faire des choix et non à subir.
Connecter avec cette autorité intérieure que je n'ai jamais développé.
Délaisser cette honte toxique internalisée qui m'a fait croire que j'étais victime, prisonnière, sauveuse et bourreau.
Je défriche de nouveaux mode de réflexions et d'actions. C'est un changement identitaire. Une révolution intérieure.
Et je sais que nous sommes plusieurs à nous délester de nos masques et nos armures pour oeuvrer et exister avec plus de légèreté.
Oui, ça fait peur. Parce que nous savons très bien qu'au bout de cette route notre vie ne sera définitivement plus la même.
En disant oui à ce que nous voulons vraiment, nous devons aussi renoncer à ce qui ne nous convient pas vraiment.
Et cette traversée identitaire exige une foi bien ancrée, car nous devrons continuer de marcher même quand rien n'aura encore de sens.
Sans repères, sans réflexes, sans un environnement adapté à la personne que nous devenons.
Cet entre-deux fait partie du passage.
Avoir le courage de garder la tête haute même quand rien ne nous confirme que nous sommes sur le bon chemin.
C'est l'affranchissement de la validation extérieure pour vivre une totale connexion à notre autorité intérieure.
Dans ces moments de croissance, le vide est nécessaire pour mieux se remplir de soi.