09/09/2026
Nous croyons important de vous faire connaître une situation qui perdure depuis plusieurs mois et qui touche une dizaine de projets de périnatalité sociale à travers le Québec dont Le Bourgeon.
En 2021, le gouvernement du Québec a lui-même lancé un appel de projets afin de mettre sur pied des centres de périnatalité sociale partout au Québec. Des organismes ont répondu à cet appel, se sont mobilisés, ont bâti des équipes, développé des partenariats et mis en place des services pour répondre aux besoins des femmes enceintes, des parents et des tout-petits. Le financement était alors assuré pour une période de trois ans. Depuis, nous devons année après année attendre, faire des démarches et nous battre pour obtenir la confirmation de notre financement.
Plus tôt cette année, nous avions reçu une lettre nous informant que le renouvellement du financement des projets étaient envisagés favorablement, mais que nous devions attendre l’étude des crédits budgétaires avant d’obtenir une confirmation officielle. Nous avons fait preuve de patience. Nous avons attendu. Nous avons effectué des suivis. Puis d’autres suivis.
Notre année financière a débuté le 1er avril. Nous sommes maintenant en septembre et, malgré toutes nos démarches, nous n’avons toujours pas reçu la confirmation officielle des sommes qui nous seront accordées.
Pendant ce temps, les services continuent.
Au Centre Marie Eve, nous sommes notamment l’organisme porteur du Centre de périnatalité sociale Le Bourgeon. Nous avons choisi de faire tout ce qui était possible pour éviter que cette incertitude financière se traduise par une interruption des services offerts aux familles. Mais nous ne pouvons pas fonctionner indéfiniment sans savoir sur quelles ressources financières nous pouvons compter.
Et les conséquences commencent maintenant à être très concrètes.
Dans certains projets, des membres de l’équipe médicale quittent faute de pouvoir travailler dans des conditions suffisamment prévisibles. Des employés doivent même être mis à pied ou placés sur le chômage, simplement parce que les organismes n’ont toujours pas obtenu la réponse qui leur permettrait de confirmer leur financement et de maintenir leurs postes.
Ce n’est plus seulement une question de paperasse ou de délais administratifs. Ce sont des équipes qui se fragilisent et des services aux familles qui sont directement menacés.
Certains centres ont déjà dû réduire ou suspendre certaines activités au cours des derniers mois, alors même que les besoins des familles demeurent bien présents.
Les femmes enceintes, les parents et les tout-petits ne peuvent pas attendre que les processus administratifs se règlent.
Les centres de périnatalité sociale offrent des services de proximité essentiels : accompagnement, soutien, prévention, intervention et création de liens avec les familles. Ces services permettent d’agir tôt, de prévenir des situations plus difficiles et de soutenir les parents dans une période déterminante de leur vie.
Alors, nous nous questionnons.
👉 Pourquoi créer des projets de périnatalité sociale, investir dans leur développement pendant trois ans et permettre aux organismes de bâtir des services et des équipes, pour ensuite les placer chaque année dans une situation d’incertitude quant à leur survie?
👉 Comment peut-on demander aux organismes communautaires d’assurer la continuité de services essentiels sans leur confirmer les ressources financières qui leur permettront de le faire?
👉 Comment des équipes peuvent-elles planifier leurs activités, leurs ressources humaines et leurs services lorsque leur financement demeure incertain plusieurs mois après le début de leur année financière?
Alors que la campagne électorale est maintenant amorcée, nous croyons que la population a le droit de savoir ce qui se passe.
Nous interpellons donc le gouvernement du Québec et la ministre de la Santé, Mme Sonia Bélanger :
Nous avons besoin de réponses.
Nous souhaitons connaître rapidement :
• si le financement sera renouvelé;
• quelles sommes seront accordées;
• et quand les organismes pourront officiellement compter sur ces sommes.
Nous ne demandons pas un privilège.
Nous demandons la prévisibilité nécessaire pour maintenir des services que le gouvernement du Québec a lui-même choisi de développer.
Parce que derrière les budgets, les crédits et les décisions administratives, il y a des femmes, des parents, des bébés, des professionnels et des équipes qui comptent sur nous.
Et eux ne peuvent pas attendre.
Madame la Ministre, nous vous demandons d’agir. Il est temps que cette attente prenne fin.