04/25/2025
Voici un petit texte d'infolettre de Nathalie que j'ai reçu cette semaine... Il m'a touché et je vous le partage, ainsi que le lien vers son article de blogue.
«Hier, en plein après-midi, je suis allée déposer mon bulletin pour le vote anticipé, en ce long week-end pascal. Ces élections fédérales sont arrivées vite, avec une campagne express. Je me sens tiraillée entre l’abondance d’informations et l’urgence de devoir choisir. Pour rester critique et connectée à l’actualité, ces derniers temps, je lis la presse, j’écoute la radio (comme toujours) et — fait exceptionnel — je regarde un peu les journaux télévisés. J’essaie de comprendre ce qui se passe ailleurs, et comment les interdépendances politiques et économiques façonnent notre présent, et notre futur.
Mon fils de 20 ans était avec moi. C’était sa première fois. Malgré les désillusions qu’il semble déjà ressentir, il a pris le temps de venir, certain de ce qu’il ne voulait pas. Beaucoup moins sûr, en revanche, qu’un seul parti puisse réellement porter ses valeurs, reconnaître ses besoins ou donner un écho à ses rêves.
Moi-même, j’avais vérifié si le vote selon mes convictions ne risquait pas, par ricochet, de favoriser l’ennemi juré. J’étais prête à effectuer un vote stratégique, cette fois. Même si ça me fait mal. Finalement, l’autre fou d’à côté semble avoir eu un effet décourageant jusqu’à Montréal…
Comment en est-on arrivé·es là ? À voter par dépit ? À choisir le moins pire pour contrer le plus pire ? Comment peut-on accepter autant d’injustices dans un pays aussi riche et développé que le Canada ? La complaisance devant la géopolitique, les loyers exorbitants, les prix de l’épicerie, l’itinérance, la précarité, le racisme, l’âgisme, les écoles à bout de souffle, les profs et éducatrices épuisé·es, les urgences bondées. Le système de santé à genoux.
Je travaille en pédiatrie sociale, et j’ai cette sensation constante d’impuissance. De ne pas pouvoir faire de vraie prévention, même dans un milieu censé être dédié à ça. Les besoins des familles sont trop nombreux, trop complexes, trop urgents.
Mon fils me disait :
« Au moins, je sais ce que je ne veux pas. Je ne veux pas de ceux qui parlent de chasser les immigrants, les demandeurs d’asile, les Noirs, les pauvres, les déplacés climatiques ou celles et ceux qui fuient les guerres et les génocides. Je ne voterai pas pour ces fous qui veulent retirer aux femmes, à mes sœurs, à ma mère, le droit de décider de leur vie et de leur corps. Je ne voterai pas pour ceux qui veulent encore forer des pipelines et détruire ce qu’il reste de nos rivières. »
Alors, on a parlé d’avortement. Du droit de choisir. D’accueillir des enfants dans de bonnes conditions.Ou pas trop mal quand même. Bien sûr, du haut de ses 20 ans, et en pleine session, ce n’est pas le sujet qui le touche le plus directement. Mais il m’a dit :
« Tu sais, maman, quand j’aurai l’âge et l’envie d’y penser, faudrait que ce soit encore possible de vivre dans ce monde-là. Et d’avoir ce genre de projets. »
Alors voilà. Pour celleux qui ne sont pas encore allé·es voter, n’oubliez pas de faire valoir ce que tant de femmes ont mis des siècles à obtenir : une voix.
Peut-être que la démocratie reprendra du poil de la bête, ou qu’elle mutera positivement, quand ces jeunes-là prendront les rênes. J'essaye de cultiver un peu d'espoir et de m'attacher au présent. J'étais fière de mon grand garçon et de son sens critique.
Je m'intéresse vraiment à cette notion de justice reproductive, en même temps que je rêve de justice sociale.»
La justice reproductive : un droit fondamental dans les sociétés occidentalesLa justice reproductive, c’est bien plus qu’une question de santé ou de droits : c’est une question de liberté, de respect et de dignité. Dans nos sociétés occidentales, où l’on se targue souvent de défendr...