04/19/2026
Pourquoi pardonner peut-il être si difficile ?
Qu'est-ce qui empêche une personne de passer par dessus un événement douloureux, des paroles incisives, des actes répréhensibles ? Est-ce la colère, l'amertume, la jalousie, les remords, le sentiment d'injustice ? Je crois fondamentalement qu'il y a du bon dans chaque personne. Que nous avançons tous avec un bagage qui teinte nos relations, nos façons d'être. Est-ce que ce bagage excuse pour autant des agissements regrettables ? Non. Il peut sans doute parfois les expliquer.
J'ai déjà lu que le pardon était crucial pour notre bien-être mental, qu'il permettait de réduire la colère, l'anxiété, la dépression et qu'il permettait de retrouver un état de penser positif. Certaines recherches indiqueraient même que la pardon diminuerait le taux de mortalité. Mais comment fait-on pour pardonner à quelqu'un qui nous a fait mal ? Avant toutes choses, remettons le pardon en perspective. Pardonner ne signifie pas qu'on excuse les actions des personnes, ni qu'on a plus rien à ressentir en pensant à un événement. Cela ne signifie pas oublier ce qu'il s'est passé dans notre vie, ce n'est pas non plus ce qu'on doit faire pour quelqu'un parce qu'on nous le demande. D'ailleurs, ce dernier point me fait penser aux professeurs d'école qui, pour résoudre un différent entre deux élèves, demandent à ce qu'ils se disent pardon, haut et fort, alors que les émotions négatives sont encore bien présentes...
Lorsqu'on pardonne, on accepte la réalité de ce qui s'est produit et on accepte de vivre avec en paix. Vous imaginez donc que ce processus prend du temps. Il semble que pardonner demande des efforts et de la volonté. J'ose donc croire que lorsque les émotions sont encore à vif, il est juste impossible de pardonner, ne serait-ce que d'y penser... Il ne sert alors à rien de pardonner tant que la colère n'a pas été identifiée, ressentie, exprimée, et relâchée. Auquel cas, le pardon ne représentera rien et n'aura aucun effet bénéfique. Il pourrait même apporter plus de troubles qu'autre chose, en se faisant croire, et à l'autre par la même occasion, que tout est correct.
Il y a des choses, des situations, des paroles qui ne sont pas correctes et que nous ne pouvons tolérer. La vie va nous exposer à cela quelque fois. À nous de voir ce que nous voulons en faire. Changer le passé est impossible. Donc, quoi faire :
1. exprimer honnêtement ce qu'on ressent et accepter de ressentir cela (on peut le faire devant un miroir, par écrit, etc.);
2. prendre du recul en se demandant si on y repensera vraiment dans six mois, si c'est une frustration ou une colère passagère.
3. penser au positif de la relation. Il est possible que sur le coup on perçoive la personne comme un monstre, mais que la vie nous ait permis de partager tant de bons moments.
4. partager avec quelqu'un de confiance la situation que l'on traverse peut aider à clarifier ce que l'on ressent.
5. se laisser du temps avant d'en parler à la personne concernée. Des fois, en agissant dans le feu de l'action, on pourrait dire ou faire des choses blessantes qu'on regretterait.
6. écouter l'histoire de l'autre, cette autre version qui parfois surprend, nous apaise, nous amène sur un autre chemin que celui que nous avions scénariser dans notre tête. Je n'irai peut être pas jusqu'à dire que nous devrions nous mettre à la place de l'autre (un peu prématuré surtout si les émotions sont présentes) mais au moins être en réelle posture d'écoute.
7. commencer à aller de l'avant, avec ou sans cette personne. Donc on peut décider de reconstruire la relation ou de laisser aller l'autre. Le plus important ici est de se respecter et de respecter son rythme. Au fond de vous, vous le saurez si en gardant cette personne dans votre vie vous aurez fait le bon choix, pour vous.
8. peut-être le plus difficile : laisser le passé au passé. Parfois, on a la fâcheuse manie de ressasser le passé. Ici, il ne s'agit pas d'oublier, mais d'apprendre de l'expérience.
Malgré tout cela, après ces 6 premières étapes, il est possible qu'on ne puisse pardonner et que couper les liens est ce qui est le mieux pour nous. Comment le savoir ? Si à chaque fois qu'on revoit cette personne ou qu'on entend parler d'elle on ressent de l'amertume ou de la rancœur, c'est que que quelque chose est brisé. Rompre les liens est une solution si elle nous rend plus à l'aise, plus serein.
Je crois que mon père et mon frère ont fait ce choix respectif de rompre leurs liens étant incapables de pardonner. C'est leur droit. J'espère juste qu'ils ne sont pas malheureux de cela et qu'ils continuent leur chemin respectif sans regrets. J'ai été longtemps à leur en vouloir de ne pas réussir à trouver de solution pour rebâtir les ponts entre eux. Aujourd'hui, je leur pardonne pour trouver la paix en moi. Une chose demeure : je les aime profondément.
Dans deux semaines je serai en France pour un court séjour. J'espère pouvoir nourrir le lien qui m'unit à eux deux. Et surtout, je me souhaite d'agir dans le plus grand respect de qui je suis. J'emmène la petite Marion avec moi. La petite fille et la petite sœur toutes deux réunies en moi - la grande de 47 ans qui va passer du temps précieux et authentique avec deux hommes d'exception, qui, au fond, se ressemblent plus qu'ils ne veulent bien le croire ;)
Amitiés,
Marion ###
Énergie Reiki
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