08/26/2026
Un petite réflexion passagère sur ma publication du 10 août concernant la Paix intérieure, vs Zone de confort.
Comment désamorcer cela ?
Et bien, je n'ai pas de recette, juste une observation qui a émergée au fil des années. Ce qui se passe chez celles et ceux qui commencent vraiment à bouger intérieurement.
Ça commence rarement par une décision.
Ça commence par un instant de lucidité souvent minuscule, une prise de conscience où l'on se surprend soi-même. Une remarque anodine qui nous hérisse plus que de raison. Un silence qu'on refuse de laisser s'installer parce qu'il nous met mal à l'aise. Une phrase qu'on répète depuis des années sans jamais l'avoir vraiment écoutée.
C'est là, dans ce tout petit interstice, que quelque chose peut commencer à se dénouer. Non pas en comprenant intellectuellement, mais en osant rester une seconde de plus dans l'inconfort qu'on aurait, d'habitude, immédiatement refermé.
Parce que la vraie question n'est jamais "Comment devenir plus fort ?". Elle est plutôt "Qu'est-ce que je refuse de ressentir ?
Et la réponse à cette question n'est pas avec le mental. Elle se répond en ralentissant, en écoutant, en laissant, pour une fois, la vague monter sans la couper à la source.
La plupart d'entre nous avons appris, très tôt, à interrompre nos propres ressentis avant même qu'ils ne se déploient, un réflexe si rapide qu'on ne le voit même plus agir. Le désamorçage commence là, dans ce minuscule espace entre ce qui nous touche et ce qu'on décide d'en faire. Entre deux respirations.
Il y a aussi cette chose étrange. Plus nous jugeons rapidement les autres, plus nous protégeons quelque chose en soi. Le jugement, quand il surgit sans être invité, est rarement une vérité sur l'autre. C'est souvent un miroir tendu qu'on referme précipitamment, avant même d'avoir vu ce qu'il reflétait. Un miroir, non pas de ce que nous sommes, mais bien de ce qu'il nous est proposé de reconnaître intérieurement afin de le comprendre, le pacifier ou encore le transmuter.
Cependant, rien de tout cela ne peut se faire d'un coup. La rigidité que nous avons construite pour nous protéger a mis des années à se former. Il serait naïf de croire qu'elle se dissout en une prise de conscience.
Mais chaque fois que nous choisissons de rester, ne serait-ce qu'un instant de plus, dans ce qui nous dérange plutôt que de le repousser, quelque chose en nous, redevient un peu plus vivant, un peu plus vibrant.
Et c'est peut-être ça, la vraie paix. Non pas l'absence de vagues, mais la capacité grandissante à les laisser passer à travers nous, sans qu'elles nous emportent, telle une algue profondément enracinée, qui ondule avec le courant sans jamais perdre son ancrage.
Une posture intérieure à la fois solide et souple, qui ne cherche ni à résister ni à s'effacer, mais à rester juste, fidèle à ce que nous sommes. Car la vulnérabilité, loin d'être une faille, est peut-être notre plus grande force. Celle qui nous garde vivants, ouverts, et pleinement nous-mêmes, même au cœur de la tempête.
France.