08/26/2026
DES PEINES D’AMITIÉS, ÇA SE PEUT!
(Je ne peux parler ici que des relations entre filles, car je ne suis pas à même de commenter les amitiés masculines…)
Quand tu vis seule, spécialement après une séparation difficile, tu te reposes pas mal beaucoup sur ton cercle d’amies, ton filet de sûreté.
Je dis « cercle », mais l’important n’est pas le nombre. C’est la qualité de la relation qui te lie à elles. Parce que lorsqu’on n’a pas de conjoint qui nous attend à la maison, les amies prennent parfois une place immense. Elles deviennent celles qu’on appelle quand ça va mal, mais aussi quand ça va bien. Celles avec qui on sort, on voyage, on célèbre, on pleure.
Sans toujours se l’avouer, on peut finir par avoir peur de les perdre. On a peut-être appris à ne plus craindre la solitude amoureuse, mais on n’est pas certaine d’être aussi solide devant une solitude sans amies. Si l’émotion de base est différente, les relations d’amitié et d’amour se ressemblent beaucoup. Il ne faut surtout pas minimiser l’impact que peut avoir sur nous la rupture avec une amie.
LES AMITIÉS SOLIDES
Certaines amitiés croisent nos vies et repartent. Les plus fortes et les plus sincères durent. En fait, celles qui résistent au temps sont celles qui sont basées sur la sincérité, mais aussi sur l’absence de susceptibilité et de jugement. Tu sais, ces amies indéfectibles qui ne comprennent pas toujours tes choix de vie, mais qui ne te jugent pas pour autant et te laissent le bénéfice du doute…
Elles essaieront parfois de t’empêcher de prendre certaines décisions qu’elles n’approuvent pas, mais elles savent bien que tu feras à ta tête et te font confiance quand même. Elles te font confiance parce qu’elles t’aiment, autant que tu les aimes. Elles savent que tu es solide et que tu survivras aux conséquences de tes mauvais choix… Mieux encore, elles t’accueilleront et t’écouteront quand tu admettras qu’elles avaient raison. Encore et encore.
LES AMITIÉS QUE TU CROYAIS SOLIDES
Il y a aussi les amitiés que tu croyais solides, mais qui deviennent chambranlantes avec les années et qui finissent par s’éteindre. Ces amitiés que tu pensais voir durer toute ta vie, mais qui malheureusement s’effilochent pour des raisons que tu n’avais pas vues venir. Cette amie chère qui, tout à coup, ne partage plus tes valeurs et qui devient tristement aigrie par la vie, alors que toi, tu te débats pour rester à flot dans la tienne. Tu n’as plus les mots pour la rassurer, et elle non plus. Tu ne peux plus rester liée à elle simplement parce que vous avez une longue histoire ensemble. Tu te dois aussi de respecter tes valeurs à toi. Les gens changent. C’est triste. C’est ça, une peine d’amitié.
Et puis il y a ces amitiés que tu finis par être la seule à entretenir. Les chemins se séparent, la distance s’installe. La communication disparaît peu à peu, jusqu’à ne plus exister. Tu te demandes un moment si tu devrais relancer encore, faire un effort de plus. Puis tu comprends qu’elle et toi n’aviez probablement pas la même perception de l’amitié qui vous liait. Tu décides de ne pas t’acharner et tu laisses aller. C’est décevant… et c’est aussi ça, une peine d’amitié.
QUAND LA MALADIE S'EN MÊLE
Il y a aussi une réalité dont on parle peu : certaines amitiés résistent très bien à la distance, aux longues périodes sans nouvelles… mais beaucoup moins bien à la maladie.
Quand tu vis solo, cette possibilité peut être particulièrement inquiétante. Parce qu’il n’y a personne à la maison pour prendre le relais si tu tombes malade. Alors, quelque part dans ta tête, tu comptes sur ces amies qui, tu l’espères, seront là si un jour tu as besoin d’aide.
Mais la maladie fait parfois le tri d’une façon brutale. Certaines personnes ne savent pas quoi dire, sont inconfortables devant la souffrance ou craignent d’être trop sollicitées. Alors elles s’éloignent. Et quand tu es déjà fragilisée par la maladie, constater la disparition d’une amie peut faire doublement mal. Mais peut-être faut-il aussi accepter ce que l’épreuve vient nous révéler sur nos relations. Et surtout, ne pas faire reposer tout notre filet de sécurité sur une seule personne, autant que faire se peut…
LAISSER ALLER
Il est important de se rappeler qu’une amitié, ça s’entretient dans les deux sens. Il ne sert à rien de s’accrocher aux amitiés qui s’éteignent, peu importe la raison. Et quand on vit solo, il faut être encore plus attentive à ça. La dépendance affective peut s’exprimer aussi dans les relations d’amitié. On peut s’accrocher à une amie comme on s’est déjà accrochée à un amoureux. Accepter certaines choses, faire des compromis qui nous ressemblent de moins en moins, simplement parce qu’on redoute le vide que son départ pourrait créer. Il faut être vigilante…
Les gens changent. Il faut parfois admettre l’échéance d’une relation qui ne peut plus exister, qu’elle soit d’amour ou d’amitié, même si ça nous rend triste. La priorité restera toujours notre bien-être, et le partage de nos inconforts devrait toujours avoir sa place dans toute relation. Quand cette place n’existe plus, quand on devient consciente qu’il ne nous est plus possible d’être nous-même à l’intérieur d’une relation, c’est le signal qu’il est temps de laisser aller… et d’accepter sa peine d’amitié.
LE PRIVILÈGE DES AMITIÉS INDÉFECTIBLES
Je me considère extrêmement privilégiée de compter dans mon entourage de ces femmes extraordinaires, de ces amitiés indéfectibles. Celles qu’on retrouve après six mois, sans remise en question ni reproche, comme si on s’était parlé la veille. Ces femmes qui savent bien que j’aurai toujours besoin d’elles dans ma vie, mais qui savent aussi que ce besoin est un choix.
Elles savent que je suis capable d’être seule. Elles savent aussi que leur présence rend ma vie plus riche. Et elles savent très bien qu’elles peuvent compter sur moi à tout moment, même à trois heures du matin.
Appréciez ces liens. Rappelez régulièrement à vos amies indéfectibles la richesse qu’elles apportent à votre vie. Il y a de fortes chances qu’elles aient, elles aussi, besoin de savoir à quel point elles comptent pour vous.💙