09/09/2026
🧠 TDAH : une tâche de 5 minutes… deux heures pour s’y mettre.
Il est 10 heures. Une seule chose à faire : répondre à un e-mail.
La personne ouvre sa messagerie ; une notification la détourne. Un autre message lui rappelle une date à vérifier dans son agenda. Là, elle découvre un rendez-vous à confirmer. Elle cherche le numéro de téléphone et, en ouvrant son navigateur, aperçoit une facture en attente : autant la payer maintenant, sinon elle risque de l’oublier.
À 11 h 30, plusieurs actions ont été commencées ; pourtant, l’e-mail attend toujours.
Vu de l’extérieur, cela ressemble à de la procrastination ou à un manque d’organisation. Vu de l’intérieur, c’est différent : la personne savait ce qu’elle devait faire, mais chaque stimulus a créé une nouvelle priorité, jusqu’à faire disparaître l’objectif initial.
Dans le TDAH, les fonctions exécutives peuvent être fragilisées : inhiber les distractions, maintenir l’objectif en mémoire de travail, hiérarchiser les informations et revenir à la tâche principale.
Le cerveau n’évalue pas uniquement la durée de la tâche ; il évalue aussi son coût d’activation. Répéter « cela ne prend que cinq minutes » aide donc rarement : la personne le sait déjà.
Le problème n’est pas toujours de faire ; c’est de démarrer, puis de rester sur la bonne trajectoire.
Quelques ajustements peuvent réduire le seuil d’entrée : fermer les autres fenêtres, écrire uniquement la première phrase, lancer un minuteur de cinq minutes et noter les tâches parasites sans les commencer.
Avec un TDAH, la motivation n’arrive pas toujours avant l’action ; très souvent, elle apparaît après le démarrage.
Face à une montagne, demander davantage de volonté ne suffit pas : il faut construire la première marche… puis éviter de changer de montagne en chemin.
TurbulencesCérébrales