05/10/2020
Je voulais vous partager des extraits d'un texte de Sharon Salzberg, bouddhiste, intitulé : Le calme au milieu du chaos.
"Nous pouvons apprendre à être présents avec nos émotions sans tomber dans les extrêmes de l'accablement ou du déni. L'équilibre d'un gyroscope vient de son noyau fort - son énergie centrale et stable. Le fait de donner un sens à notre vie peut nous donner ce noyau, en élevant nos aspirations, en nous renforçant dans l'adversité, en nous aidant à avoir un sens de qui nous sommes et de ce qui nous importe en dépit des situations changeantes. Pour découvrir (ou redécouvrir) un sens, il faut d'abord identifier et examiner nos valeurs les plus profondes. Lorsque nous alignons nos actions sur ces valeurs ou ces préoccupations qui sont au centre de notre vie - celles auxquelles nous sommes le plus dévoués, qui forment le noyau passionné de ce qui nous tient à cœur - nos actions sont renforcées, quel que soit le défi à relever.
Mais il n'est pas utile de penser que nous allons enfin avoir le contrôle absolu. Nous faisons tout ce que nous pouvons, et ensuite nous devons nous débarrasser de nos attentes et de nos déceptions. Si nous semons la graine de notre effort avec la volonté de faire tout ce que nous pouvons, plus la sagesse de savoir que nous ne faisons pas tout nous-mêmes et que nous ne pouvons pas tout commander à notre guise, nous ne nous sentirons pas vaincus par les circonstances.
Il est difficile pour nous de permettre pleinement notre propre douleur ou celle de quelqu'un d'autre si nous avons peur qu'elle nous vole la possibilité de nous réjouir. Il est difficile de permettre à la joie de s'exprimer pleinement si nous l'avons utilisée pour éviter de nous confronter à la réalité de la douleur. Quand nous regardons la douleur, quand nous la prenons dans nos mains, quand nous pouvons être avec elle et continuer à respirer, alors elle tourne. Elle se tourne pour révéler son autre visage, et l'autre visage de notre douleur pour le monde est notre amour pour le monde, notre connexion absolument inséparable avec toute vie.
L'équanimité tient tout. La paix ne consiste pas à s'éloigner ou à transcender toute la douleur pour se rendre dans un royaume de soulagement facile et spacieux : nous berçons en même temps l'immense douleur et la merveilleuse vie. Pouvoir être pleinement présent avec les deux est le don que l'équanimité nous donne - une tranquillité spacieuse, un calme rayonnant. Nous pouvons reconnaître ce qui est vrai, même si c'est douloureux, et aussi connaître la paix. L'équanimité ne signifie pas que nous ne ressentons rien, ce n'est pas un état de vide. C'est plutôt l'espace qui peut se rapporter à tout sentiment, à tout événement, à toute apparition, tout en restant libre."