02/06/2020
Depuis quelques temps, on lit çà et là sur différents réseaux sociaux, des posts fantaisistes au sujet de la thermographie, nous tenons à rétablir la vérité sur cette technique très intéressante, pas suffisamment utilisée et qui ne demande qu’à être plus largement développée.
Il n’y a pas de caméra spécifique « bâtiment » ou « médicale » ni « vétérinaire », il n’existe pas de calibration « médicale », il n’y a aucune « norme » sur ces sujets. Il n’y a que des caméras de thermographie infrarouge, avec des capteurs plus ou moins gros, 3 capteurs principaux 120x160, 320x240 et 640x480… il existe depuis quelques temps des capteurs avec d’autres dimensions, mais ce n’est pas la majorité. Ensuite, on doit tenir compte de la sensibilité (résolution thermique) du capteur ce qui va nous donner la finesse et la précision de la mesure cela peut aller, par exemple de 120 mK à 30 mK (milli Kelvin) soit pour 30 mK = 3 centièmes de degré.
Le choix d’une caméra se fera en fonction de ce qu’on veut en faire, on ne choisira pas la même caméra pour faire de la thermographie bâtiment ou de la thermographie équine ou humaine, d’ailleurs les prix ne sont pas les mêmes non plus. Ce ne sera qu’une question de sensibilité thermique.
Pour chaque application, des protocoles plus ou moins contraignants ont été déterminés. Ces protocoles servent surtout à s’assurer que les clichés sont de bonne qualité, qu’il y ait le moins possible de parasitage soit de l’environnement, soit liés à la surface thermographiée. On ne peut en aucun cas faire un cliché « à l’arrache » et soutenir qu’il est interprétable…. Ce n’est pas possible et surtout pas sérieux.
Ce qui décrédibilise cette technique c’est le manque de personnes formées, pour infos, tous fabricants confondus, le ratio vente de caméra et nombre de personnes formées est aux alentours de 2%, ce qui veut dire qu’il y a 98% de détenteurs de caméras qui ne maîtrisent pas leurs outils ni, ce qui est plus grave, l’interprétation des clichés.
La caméra, comme un œil, capte les rayonnements émis par une surface à une certaine longueur d’onde et restitue une image, il y aura des signatures thermiques sur cette image, certaines sont signe de désordres d’autres sont ce qu’on appelle des défauts normaux. Si personne n’explique ce phénomène, on ne peut pas le deviner… et forcément tirer des conclusions erronées pouvant engendrer des frais importants (bâtiment, industrie…) ou des erreurs de diagnostic (thermographie équine ou humaine) dans tous les cas, cela décrédibilisera la technique, alors que c’est l’opérateur qui est en cause.
Il faut se méfier des clichés retrouvés sur les réseaux sociaux avec des affirmations péremptoires, il faut comprendre comment et dans quelles conditions le cliché a été réalisé avant de donner un avis.
En conclusion, la thermographie est une technique fiable avec un potentiel d’applications très important qui ne supporte pas l’amateurisme. Pour bien analyser les images il faut comprendre ce qui se passe sur et dessous la surface, et pour cela seule une formation peut y préparer.