23/08/2026
Ouvrons-nous à une autre vision au-delà de l’anxiété légitime que procure l’intelligence artificielle.
Bien entendu, il faudra apporter des nuances, et des débats à ce sujet sont plus que bienvenus (par exemple en ce qui concerne mon métier, beaucoup préférons toujours avoir un humain en face d’eux).
La nuance la plus importante est étant certainement celle qui est que ces outils puissants peuvent être merveilleux tout comme destructeurs. Tout dépend de l’intention qui est derrière.
Cependant, l’essentiel est de pouvoir croiser différentes sources de prospectives afin de prendre de la hauteur et ne pas sombrer dans le piège des émotions destructives.
« J’ai jamais été aussi optimiste pour le futur, et je vais vous prouver par A + B qu’il faut l’être. C’est pour ça qu’il faut se battre pour résoudre toutes les problématiques, notamment liées au (NDLR: l’extrémisme du) gauchisme et à la centralisation.
Récemment, dans son interview avec The Economist, Elon Musk a lâché une phrase qui m’a littéralement traversé : en 2036, le concept même de l’argent pourrait être remis en question. « Money won’t matter in 2036. »
Pourquoi ? Parce que l’argent, au fond, à quoi ça sert ? À accéder à des biens et des services. Et aujourd’hui, la majorité absolue de ce qui coûte de l’argent, ce sont précisément des biens et des services. Ces biens et ces services sont faits par des humains. L’humain est le goulot d’étranglement. Le temps, la fatigue, les salaires, les grèves, les compétences limitées… tout passe encore par nous.
Maintenant, projette-toi. Optimus marche parfaitement. Pas « bien ». Parfaitement. Ça veut dire qu’on peut reproduire l’intégralité des tâches humaines — physiques, cognitives, répétitives, de précision — par des robots.
Voici ce qui se déroule, étape après étape.
L’agriculture : des flottes de robots qui cultivent, récoltent, transforment et livrent 24 heures sur 24. Nourriture en surabondance, fraîche, locale, quasi gratuite. La faim devient un concept historique.
La construction : maisons, immeubles, infrastructures assemblés en jours, pas en années, à un coût marginal proche de zéro. Plus de crise du logement. Le toit au-dessus de la tête cesse d’être un combat.
La manufacture : tout ce qu’on porte, utilise, consomme produit en quantités quasi illimitées. Voitures, vêtements, électroniques, meubles… le coût de production s’effondre.
Le transport et la logistique : robotaxis partout, drones, frets automatisés. Se déplacer et faire livrer n’importe quoi devient aussi simple que d’ouvrir un robinet.
La santé : diagnostics instantanés, chirurgies robotisées plus précises que n’importe quel humain, médicaments synthétisés à la demande. Espérance de vie qui explose. Maladies chroniques qui reculent massivement.
Les services du quotidien : ménage, cuisine, assistance aux personnes, éducation de base, maintenance… entièrement automatisés.
Résultat : l’abondance pure. Plus de biens et de services que n’importe quel humain ne pourrait jamais consommer. Exactement ce que Musk décrit. L’inflation ? Non. La déflation. Le Trésor peut littéralement envoyer des chèques — ce qu’il appelle universal high income. L’argent perd sa raison d’être principale.
À ce stade, la société se réorganise forcément autour de cette réalité. On passe d’une centralisation massive à une décentralisation extrêmement forte. Une décentralisation complètement antithétique avec le projet européen.
Je pense qu’ils se plantent là-dessus. Il faut réorganiser la société de manière décentralisée, avec des sortes de cités-États. Garder les pays, bien sûr, pour la défense, les grandes infrastructures. Mais redonner beaucoup, beaucoup plus de leviers aux villes et aux échelons locaux. La robotique et l’intensité de capacité qu’elle va débloquer vont littéralement rendre caduc le modèle centralisé. Ce modèle très, très français et très européen, qui croit que tout doit être piloté d’en haut par des administrations lointaines, s’effondre quand chaque territoire peut produire localement quasiment tout ce dont il a besoin.
Et une fois qu’on y est, se pose la vraie question : quel est le rôle de l’humain ?
Je pense que le rôle de l’humain va être de créer toujours plus de beau. D’être dans le fait de s’impressionner les uns les autres. L’art, le style, l’expérience unique, le récit, la relation, l’émotion pure. Tout ce qui repose sur le fait de s’impressionner mutuellement. Impressionner, émerveiller, inventer des formes de beauté que seule la signature humaine peut porter.
Le travail, du point de vue purement labeur, sera optionnel. Exactement comme Elon le dit avec l’analogie du jardin : tu peux aller chercher des tomates parfaites au magasin, ou en cultiver des un peu moins parfaites mais artisanales dans ton jardin, juste pour le plaisir et pour impressionner tes amis. C’est ça le futur du travail. Et le niveau de vie moyen — le niveau de vie de quelqu’un de « pauvre » dans un système comme ça — sera supérieur à celui d’un bourgeois d’aujourd’hui. Maison spacieuse, santé parfaite, nourriture abondante et de qualité, mobilité totale, loisirs illimités. La pauvreté matérielle disparaît. Ce qui reste, c’est la compétition pour le sens, pour le beau, pour l’admiration mutuelle.
C’est pour ça que je n’ai jamais été aussi optimiste. Ce futur n’est pas de la science-fiction. Il se construit sous nos yeux, robot après robot, modèle d’IA après modèle. Mais pour y arriver vraiment, il faut se battre maintenant contre tout ce qui freine : (NDLR: l’extrémisme du) gauchisme qui veut redistribuer la rareté au lieu de créer l’abondance, et la centralisation qui veut tout contrôler d’en haut alors que la technologie nous pousse vers le local, le libre, le décentralisé.
Le 21e siècle sera celui de l’abondance et des bâtisseurs. À nous de le rendre possible.
Brivael Le Pogam ce matin. (Il génère des millions de vues sur le réseau social à une lettre)