28/05/2026
— Doc, l'enfant de ma sœur est décédé… Je n'arrive pas à comprendre ce qui s'est passé. Je suis ravagée.
— Mes condoléances, Lady… Vraiment navré pour votre perte.
— Merci, Doc. Mais je n'arrive pas à comprendre… Pourquoi cet enfant est-il mort ? Je l’ai vu avant-hier, il est même venu m’embrasser. Pendant tout le temps que j’ai passé avec sa mère, il jouait avec ses frères. Je ne comprends pas… Il n’était pourtant pas malade…
— Aïe… L’enfant n’a-t-il présenté aucun signe qui aurait pu laisser entrevoir un problème ?
— Vraiment, Doc, aucun. J’ai même demandé à sa mère si l’enfant était malade. Elle m’a dit non, que tout allait bien. Elle m’a juste raconté qu’il avait eu de petites fièvres il y a une semaine, mais qu’après du paracétamol, ça passait, et il jouait normalement. Mais ce matin, il ne s’est pas levé… Il était tout fatigué et respirait bizarrement. Le temps de l’amener à l’hôpital, il était déjà mort… Franchement, quelle maladie peut tuer aussi vite ?
— Il peut pourtant y avoir une explication…
— Doc, peut-être que ce sont les injections qu’on lui a faites là où on l’a amené ? Pour rien comme ça ?
— Je ne crois pas, madame, que ce soit lié à une erreur médicale.
— Alors c’est quoi ?
— À mon avis, cet enfant avait le paludisme.
— Le paludisme, Doc ? Ce simple
paludisme-là ?
— Oui, madame. Ce "simple" paludisme que beaucoup de gens négligent… Mais ce que beaucoup ignorent, c’est que les adultes ne supportent pas le paludisme comme les enfants…
— Ah bon, Doc ?
— Oui… La preuve, c’est que ce sont les enfants les premières victimes.
— Mais comment expliques-tu que l’enfant soit mort si vite ? C’est bizarre…
— C’est simple. Vous avez dit que l’enfant avait de la fièvre. En fait, le Plasmodium, le parasite responsable du paludisme, attaque les globules rouges. Il entre à l’intérieur, s’y multiplie et finit par les faire éclater, un peu comme si vous remplissiez un ballon d’eau jusqu’à ce qu’il explose.
Maintenant, Dieu a mis en place un système de défense : quand le sang est infecté, la fièvre monte. C’est un mécanisme utile pour combattre l’infection, car en augmentant la température du corps, l’organisme tente de tuer les microbes. Mais c’est aussi un signal d’alerte indiquant qu’il faut intervenir.
Dans le cas du paludisme, quand les parasites éclatent un grand nombre de globules rouges, ils fuient la chaleur et se réfugient dans d’autres globules rouges pour recommencer le cycle. C’est pourquoi, après une poussée de fièvre, on a parfois l’impression que l’enfant va mieux… mais en réalité, c’est juste une accalmie avant que le processus ne reprenne.
— Mince… Doc, je ne savais pas ça… Donc à chaque fièvre, le sang de l’enfant diminue, puisque ses globules rouges sont détruits ?
— Exactement… Vous comprenez mieux. Chaque épisode de fièvre dû au paludisme rapproche l’enfant de l’anémie. Et c’est encore plus grave si l’enfant a une hépato-splénomégalie, ce que les gens appellent "la rate gonflée".
En effet, la rate est l’organe chargé de détruire les globules rouges usés ou malades. Donc si le paludisme détruit déjà beaucoup de globules rouges et que la rate en élimine encore plus, la quantité de sang diminue encore plus vite.
— Houlala… Doc, donc tu veux dire que c’est l’anémie qui a peut-être causé la mort de mon neveu ?
— C’est une hypothèse à envisager. On ne plaisante pas avec le paludisme… Beaucoup le prennent à la légère, pensant qu’un simple traitement comme le Coartem suffit. Mais c’est plus complexe que ça. Et encore, là, je ne parle que de l’anémie… Il faut savoir que le paludisme peut aussi entraîner d’autres complications comme des convulsions, une insuffisance rénale, voire un coma…
— Comment faire alors pour éviter ça, Doc ?
— Il faut d’abord prévenir le paludisme :
1. Maintenir un environnement propre en supprimant les flaques d’eau, en coupant les herbes hautes et en éliminant les déchets autour de la maison.
2. Dormir sous des moustiquaires imprégnées d’insecticide.
3. Et surtout, si un enfant présente le moindre signe suspect, il faut l’emmener à l’hôpital immédiatement et ne jamais minimiser les symptômes… Pour éviter qu’il ne soit trop t**d.
— Merci, Doc…
— Je vous en prie. Et encore une fois, mes sincères condoléances.
Dr Steve
́féminine