07/06/2026
🔴 La lésion de Bankart : bien plus qu’une simple entorse de l’épaule 🔴
La lésion de Bankart correspond à un décollement du bourrelet glénoïdien (labrum) associé aux structures ligamentaires situées à l’avant de l’épaule, généralement à la suite d’une luxation antérieure. Cette atteinte compromet la stabilité de l’articulation, comme si le rebord d’un support était endommagé et ne permettait plus à la tête humérale de rester correctement en place.
Cette lésion survient principalement chez les jeunes adultes après un premier épisode de luxation traumatique. En l’absence de traitement adapté, le risque de récidive est important, particulièrement chez les patients de moins de 25 ans.
Comment se manifeste-t-elle ?
Le premier épisode se produit souvent après une chute avec le bras projeté vers l’arrière ou lors d’un traumatisme sportif. La douleur est intense, le bras devient difficile à mobiliser et une réduction en urgence est généralement nécessaire.
Par la suite, de nombreux patients décrivent une appréhension lors des mouvements d’élévation ou de rotation du bras, avec la sensation que l’épaule pourrait « sortir » à nouveau. Certains gestes du quotidien ou activités sportives sont progressivement évités.
Lorsque les récidives surviennent, les luxations deviennent parfois de plus en plus faciles, pouvant apparaître lors d’un mouvement banal, voire pendant le sommeil. Si la douleur tend à diminuer au fil des épisodes, l’instabilité de l’épaule s’accentue.
Dans certains cas, une lésion osseuse associée, appelée encoche de Hill-Sachs, peut être observée sur l’imagerie, notamment à l’IRM.
Pourquoi l’épaule devient-elle instable ?
Les mécanismes les plus fréquents sont les traumatismes en abduction et rotation externe, les chutes sur la main tendue ou les sports de contact. Certains facteurs augmentent également le risque d’instabilité, comme l’hyperlaxité ligamentaire ou une première luxation survenue avant l’âge de 20 ans.
Le principal problème réside dans le fait que le labrum antéro inférieur se détache de son insertion et cicatrise rarement spontanément dans une position permettant de restaurer une stabilité optimale.
Les solutions thérapeutiques
Après une première luxation, une immobilisation courte par écharpe est généralement recommandée, associée à des mesures antalgiques et à la cryothérapie. Les immobilisations prolongées sont aujourd’hui peu indiquées.
La rééducation joue un rôle essentiel. Elle vise à renforcer la coiffe des rotateurs et les muscles stabilisateurs de l’omoplate, tout en améliorant le contrôle neuromusculaire et la proprioception de l’épaule. Elle est particulièrement intéressante chez les patients plus âgés ou peu exposés aux activités à risque.
L’IRM arthrographique ou l’arthroscanner permettent d’évaluer précisément l’atteinte du labrum, de la capsule et des structures osseuses afin d’orienter la prise en charge.
Chez les patients jeunes, sportifs ou présentant des récidives, une stabilisation chirurgicale est souvent proposée. La réparation arthroscopique de Bankart consiste à réinsérer le bourrelet glénoïdien à l’aide d’ancres. L’intervention est généralement suivie d’une immobilisation de trois à quatre semaines puis d’un programme de rééducation progressif.
La reprise des activités sportives sans contact est habituellement envisagée autour du troisième mois, tandis que les sports de contact nécessitent souvent quatre à six mois selon l’évolution.
En présence d’une perte osseuse importante ou de luxations récidivantes, la procédure de Latarjet peut être indiquée. Cette technique apporte une stabilité très fiable, notamment chez les sportifs pratiquant des disciplines de contact.
Quand consulter rapidement ?
Une réévaluation spécialisée est recommandée en cas de nouvelle luxation, de sensation de déboîtement, de blocage douloureux, de perte de force ou lorsqu’un premier épisode survient chez un sportif de moins de 25 ans.
À retenir:
La lésion de Bankart est la principale cause d’instabilité antérieure récidivante de l’épaule. Lorsqu’une épaule luxée continue à provoquer une appréhension ou une sensation d’insécurité lors des mouvements, une évaluation par un spécialiste de l’épaule est essentielle. Un diagnostic précis, associé à une rééducation adaptée et, si nécessaire, à une stabilisation chirurgicale, permet dans la majorité des cas de retrouver une épaule stable et de reprendre ses activités sportives en toute confiance