Dr Éric Maeker

Dr Éric Maeker Gériatre Psychogériatre
Soins palliatifs
Empathie

Améliorer la santé et la qualité de vie des personnes âgées

10/09/2026

Votre mère pleure au téléphone, et les mots qui viennent semblent trop légers. 😔

L'affection est là. L'outil manque.

Le modèle NURSE propose cinq appuis simples, nés dans la formation des soignants et utilisables par n'importe quel proche :

• Nommer ce que vous percevez : « j'ai l'impression que cette nouvelle t'attriste »
• Comprendre : relier l'émotion à ce que la personne vit vraiment
• Respecter ce qu'elle traverse déjà, avec un mot sincère
• Soutenir en promettant seulement ce que vous tiendrez
• Explorer par une question ouverte, puis se taire 🌿

Se tromper d'émotion ouvre la conversation autant que viser juste : votre proche corrigera, et cette correction est déjà un échange.

Et vous, quelle phrase vous vient quand quelqu'un que vous aimez pleure devant vous ?

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10/09/2026

Carl ouvre enfin le carnet d'aventures d'Ellie. 📖

Il l'a cru vide pendant des années, du temps où le voyage promis vers l'Amérique du Sud restait un projet. Les pages, elles, débordent de photos : leur maison, leurs pique-niques, leurs fous rires. En dessous, l'écriture d'Ellie : « Merci pour mon aventure. » C'était ça, l'aventure.

Cette scène du film Là-haut décrit un soin : la thérapie des réminiscences. Raconter sa vie, la revisiter, lui rendre sa cohérence.

Demander à votre proche de raconter lui redonne un rôle : celui du témoin, de celui qui transmet. Comment il a rencontré votre mère. Pourquoi ce métier-là.

Ce soir, une phrase ouvre la porte : « Raconte-moi un souvenir que tu aimes. » 💛

Racontez-nous : quel souvenir revient le plus dans la bouche de votre proche ?

Notre analyse: Dépression / Crise existentielle
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08/09/2026

« À quoi je sers encore ? » Cette question vous glace. 💭

Elle appartient au travail intime du grand âge. Les rôles s'effacent, le corps cède du terrain, les amis partent. Se demander à quoi sert sa vie relève alors du normal, et même du sain.

Écoutez la forme des mots. Une question reste ouverte : « à quoi je sers ». Une conviction se referme : « je suis un fardeau », « le monde irait mieux sans moi ».

Ce glissement de la question vers la certitude est le signe qui appelle une consultation.

Devant la question, accueillir la parole sans la corriger ouvre le dialogue : « Je t'entends dire que tu te sens inutile. Ça a l'air douloureux. » Puis se taire, et laisser venir. 🤍

Quelle phrase de votre proche vous a le plus déstabilisé récemment ?

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29/08/2026

L'été se termine. Pour beaucoup d'entre vous, il a aussi été l'été de l'aidant. 🍂

Peut-être que vous avez passé des semaines chez votre parent. Ou qu'il est venu chez vous. Et dans ce rapprochement, vous avez vu des choses.

Le repas qu'il n'a pas réussi à finir. La confusion d'un soir. La fatigue qui arrive bien avant le coucher. Les nuits courtes pour vous deux.

Ces moments ne sont pas des catastrophes. Mais ils ne s'oublient pas non plus. Ils posent des questions que la rentrée rend urgentes.

Ce que j'entends souvent : « Je savais que ça se dégradait. Mais là, ça m'a frappé en plein visage. »

L'été a ce pouvoir — concentrer en quelques semaines ce qui se passait progressivement depuis des mois.

À la rentrée, la tentation est forte de tout repousser. De reprendre le rythme, de remettre à plus t**d. Mais certaines choses vues cet été méritent d'être nommées, partagées, accompagnées.

Vous n'avez pas à décider de tout seul. Et vous n'avez pas à tout décider maintenant.

Mais par quoi commencer — une conversation, un rendez-vous médical, une aide à organiser — c'est une question que vous êtes les mieux placés pour répondre.

Et vous — qu'est-ce que cet été a révélé dans votre rôle d'accompagnant ? 💬

28/08/2026

Le plus beau hall d'entrée. Le tarif le plus élevé. Sept kilos perdus.

Le médecin de Mme L. me l'a raconté : sa fille avait visité six établissements avant de choisir le plus cher et le plus lumineux. Trois mois après l'entrée, sa mère avait maigri.

Un hall ne dit rien des bras présents la nuit. Les travaux de l'IRDES, en 2024, ne retrouvent aucun lien entre le tarif et la qualité des soins. 🏡

Ce qui se vérifie, en revanche : combien de soignants la nuit, par étage ? Le week-end, autant qu'en semaine ? Le personnel reste-t-il d'une année sur l'autre ?

Un établissement qui refuse de répondre vient de répondre.

Pendant une visite, quel détail vous a rassuré, ou inquiété ?

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27/08/2026

« Je n'ai pas pris une journée pour moi depuis huit mois. »

Cette phrase, je l'entends presque chaque semaine en consultation. Des filles, des fils, des épouses qui tiennent et qui s'oublient.

Ils sont onze millions en France à accompagner un proche. Près d'un sur deux décrit des répercussions sur sa propre santé : fatigue qui s'installe, nuits hachées, anxiété. 💛

Le répit existe pourtant. Accueil de jour, hébergement temporaire, relais à domicile : une aide financière peut cofinancer ces solutions quand votre proche perçoit l'APA.

Confier son proche une semaine reste un soin. Il y gagne un aidant reposé.

Qu'est-ce qui vous retient, aujourd'hui, de demander ce relais ?

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26/08/2026

Hier, vous avez posé votre main sur la sienne, sans rien dire.

Elle a tourné la tête vers vous. Elle a souri.

Ce sourire, vous l'attendiez depuis des semaines. Il est venu d'un geste, pas d'une phrase. 🤝

Quand les mots se dérobent, le regard, le toucher et le ton de la voix restent compris très longtemps, parfois jusqu'à la fin.

Trois appuis simples : approcher de face, se placer à hauteur des yeux, accepter le silence.

Et votre calme se transmet avant vos paroles, ce qui rend les jours de fatigue plus rudes pour vous deux.

Avec votre proche, qu'est-ce qui apaise encore, quand les mots ont cessé de venir ?

25/08/2026

21h. Le salon de Madeleine affiche 32 degrés, la carafe est encore pleine.

Elle a 84 ans. Sa fille Camille appelle de Lyon, à sept cents kilomètres. La voix vient lentement. Un mot qui manque. Un silence qui s'étire.

Camille raccroche et pleure dans son couloir. 💧

Voici le piège : avec l'âge, la soif arrive en ret**d. Au moment où votre proche la ressent, son corps a déjà commencé à se déshydrater.

Certains trouvent utile de fixer des heures plutôt que d'attendre la demande : un verre au réveil, un avant chaque repas, un avant le coucher.

Chez vous, qui pense à proposer le verre d'eau quand la journée s'étire ?

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24/08/2026

« Les vieux, ils devraient pas prendre les transports aux heures de pointe. »

L'homme a soupiré derrière Gérard, dans un bus, s'est penché vers sa femme et a parlé assez fort pour être entendu.

Gérard a 78 ans. Cardiologue à la retraite, quarante ans passés à former des internes et soigner des gens à n'en plus compter. Il a trouvé son ticket. Il est monté sans un mot.

Dans la rue, à sa fille : « Je commence à me sentir transparent. » 🚌

Ce sentiment porte un nom : l'âgisme. Et il abîme plus qu'il n'y paraît. Les personnes qui finissent par intérioriser ces regards vivent moins longtemps. En moyenne 7,5 ans de moins que celles qui gardent une vision positive du grand âge.

Quel mot, entendu sur votre âge ou celui d'un proche, vous est resté ?

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22/08/2026

« Maman n'est pas seule, elle est en EHPAD. »

C'est une phrase que j'entends souvent. Et je comprends pourquoi les familles se rassurent ainsi.

Mais la réalité est plus complexe. Des études montrent que 60% des personnes âgées souffrent de solitude modérée — et que les personnes en institution sont souvent plus touchées que celles à domicile. 💙

Pas parce que les EHPAD font mal leur travail. Mais parce que la solitude n'est pas une question de présence physique. C'est une question de lien.

Il y a 3 types de solitude chez les personnes âgées que j'essaie toujours de distinguer :

🔹 La solitude passagère — après un deuil, un déménagement. Normale. Elle passe.
🔹 La solitude situationnelle — liée à un événement précis. On peut agir.
🔹 La solitude chronique — elle dure depuis plus de 2 ans, elle s'accompagne de tristesse. Elle a de vraies conséquences sur la santé.

Ce qui aide vraiment dans la solitude chronique, selon la recherche ? Pas nécessairement plus d'activités. Plutôt aider la personne à reconnaître les pensées négatives qu'elle a développées sur les autres — ces petites convictions silencieuses qui l'empêchent de se reconnecter.

Si votre proche vous dit « je n'ai besoin de personne » ou « les autres ne s'intéressent pas à moi », prenez ce signal au sérieux. Ce n'est peut-être pas de la fausse modestie.

Est-ce que vous avez déjà remarqué ce type de repli chez un proche ? Comment vous l'avez accompagné ? 💬

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