A deux voix

A deux voix Parce que l'expérience vécue est une force.

Pair-aidante professionnelle proposant un accompagnement par visioconférence pour personnes vivant avec un traumatisme complexe, des troubles dissociatifs (TDI) et sorties d'emprise sectaire.

Voici une infographie qui adapte la théorie des cuillères au vécu dans une dérive sectaire. En 2003, Christine Miserandi...
05/09/2026

Voici une infographie qui adapte la théorie des cuillères au vécu dans une dérive sectaire.

En 2003, Christine Miserandino a proposé cette métaphore pour expliquer la maladie chronique : chaque personne dispose d'un stock d'énergie limité pour la journée, une cuillère par unité. Elle est aujourd'hui largement utilisée pour rendre visible le handicap invisible, les difficultés qui ne se voient pas.

Cette fiche articule la métaphore avec les cadres théoriques mobilisés indiqués en bas de page. Elles s'adressent aux professionnel·les, aux personnes concernées et à leur entourage.

Voici une infographie qui adapte la théorie des cuillères au vécu avec un Trouble Dissociatif de l'Identité (TDI). En 20...
05/09/2026

Voici une infographie qui adapte la théorie des cuillères au vécu avec un Trouble Dissociatif de l'Identité (TDI).

En 2003, Christine Miserandino a proposé cette métaphore pour expliquer la maladie chronique : chaque personne dispose d'un stock d'énergie limité pour la journée, une cuillère par unité. Elle est aujourd'hui largement utilisée pour rendre visible le handicap invisible, les difficultés qui ne se voient pas.

Cette fiche articule la métaphore aux critères du DSM-5-TR et de la CIM-11, avec les cadres théoriques mobilisés indiqués en bas de page. Elles s'adressent aux professionnel·les, aux personnes concernées et à leur entourage.

Voici une infographie qui adapte la théorie des cuillères au vécu avec un Trouble de Stress Post-Traumatique Complexe (T...
05/09/2026

Voici une infographie qui adapte la théorie des cuillères au vécu avec un Trouble de Stress Post-Traumatique Complexe (TSPT-C).

En 2003, Christine Miserandino a proposé cette métaphore pour expliquer la maladie chronique : chaque personne dispose d'un stock d'énergie limité pour la journée, une cuillère par unité. Elle est aujourd'hui largement utilisée pour rendre visible le handicap invisible, les difficultés qui ne se voient pas.

Cette fiche articule la métaphore aux critères du DSM-5-TR et de la CIM-11, avec les cadres théoriques mobilisés indiqués en bas de page. Elles s'adressent aux professionnel·les, aux personnes concernées et à leur entourage.

Les conséquences psychologiques des dérives sectaires restent très peu documentées dans la littérature scientifique, alo...
01/09/2026

Les conséquences psychologiques des dérives sectaires restent très peu documentées dans la littérature scientifique, alors que les signalements augmentent.

Une recherche est en cours pour combler ce vide. Elle est menée par Victor Laurent, chercheur postdoctoral en psychologie à l'Université de Lille et co-financée par la MIVILUDES et le Cn2r.

J'ai eu la chance de travailler sur cette enquête comme patiente partenaire en recherche du Cn2r.

Le questionnaire est en ligne et entièrement anonyme, aucune donnée identifiante n'est collectée. 51 questions, 20 à 35 minutes.

N'hésitez pas à relayer ou à participer si vous êtes concernés.

Le présent document décrit l’étude à laquelle il vous est proposé de participer. Il résume les informations en répondant à plusieurs questions que vous pouvez vous poser dans le cadre de votre participation à cette recherche.

Mon seul diplôme reconnu obtenu dans la dérive sectaire est un baccalauréat littéraire.Dans la dérive sectaire où je sui...
26/08/2026

Mon seul diplôme reconnu obtenu dans la dérive sectaire est un baccalauréat littéraire.

Dans la dérive sectaire où je suis née, l'instruction n'a jamais été interdite. Elle a été dosée, choisie, utilisée. J'ai été scolarisée assez pour que rien n'alerte, et ma formation a servi là où le groupe avait besoin de compétences.

J'ai commencé mon apprentissage dans les « salles bébés », où les enfants étaient séparés de leurs parents la journée et éduqués par une personne choisie selon les critères arbitraires du gourou. Maternelle et début du primaire par correspondance. Première scolarisation en CM1, avec du re**rd et des lacunes.

À quinze ans, retirée à mes parents et placée chez le gourou, devenu tuteur de fait, sans qu'aucun établissement ne s'interroge sur la présence d'un homme qui n'était pas mon père.

Puis les formations Montessori, AMI 3-6 puis AMI 6-12. La consigne était explicite : rapporter le contenu des cours pour les écoles de la communauté. Le diplôme n'intéressait personne, et il n'a aucune valeur, je ne peux postuler dans aucune école classique.

Voilà la logique. Une instruction calibrée pour produire une adulte utile, peu qualifiée, exploitable.

La suite est prévisible. Sans qualification reconnue, on ne postule pas, on prend ce qui reste : secteurs sous-rémunérés, emplois précaires, épuisants, parfois dangereux. Et ce qu'on gagne ne suffit jamais à se soigner, à se loger et à se reconstruire.

J'ai fini par obtenir un diplôme universitaire de pair-aidance. Mais en regle générale, la pair-aidance reste une profession précaire, souvent sollicitée comme témoignage et rarement rémunérée comme une compétence.

Le savoir expérientiel, on veut bien l'entendre. Le reconnaître et le payer comme une compétence professionnelle, c'est autre chose.

La nomenclature Dintilhac connaît le préjudice scolaire, universitaire ou de formation. Elle l'a pensé pour une année perdue, un redoublement, une réorientation subie. Elle n'a pas de case pour une instruction administrée selon les besoins d'un groupe coercitif.

On ne rattrape pas une instruction qu'on ne vous a jamais donnée.

Je suis autiste. Diagnostiquée après quarante ans.L'autisme est un trouble du neurodéveloppement. Ses facteurs de risque...
25/08/2026

Je suis autiste. Diagnostiquée après quarante ans.

L'autisme est un trouble du neurodéveloppement. Ses facteurs de risque sont documentés.

L'hérédité d'abord. J'ai d'autres autistes dans ma famille. L'âge paternel ensuite : mon père avait 41 ans à ma naissance. La prématurité enfin : née à 33 semaines, après quatre jours dans le ventre de ma mère avec ma jumelle Benoîte morte in utero, puis deux mois en couveuse.

Rien n'a été repéré. Encore aurait-il fallu que quelqu'un regarde.

Un enfant autiste a des besoins précis. Voici ce que le groupe sectaire en faisait.

Le besoin de temps seule. J'ai grandi dans une socialisation forcée et permanente. Les salles bébés et enfants, gardés toute la journée pendant que nos parents travaillaient gratuitement. À Sommervieu, nous vivions parfois à cent.

Le besoin de prévisibilité. Tout dépendait du gourou, qui décidait d'un départ, d'un lieu, d'une règle, sans logique.

Les difficultés sensorielles. Les besoins particuliers et les inconforts étaient interdits.

Le contact. Le love bombing était la norme, embrassades et gestes tactiles compris.

La communication littérale. Le groupe fonctionnait à l'implicite et au double sens.

Aucun de ces besoins n'était satisfait, et manifester la moindre difficulté était une faute.
Alors j'ai masqué. Pas de flapping, pas de shutdown, pas de meltdown visible. L'obligation était de sourire, de chanter, de montrer sa joie. J'ai compensé sans savoir pourquoi c'était si coûteux.

Le masking n'était pas une stratégie sociale, c'était une condition de survie.

Un masking efficace ne protège pas, il re**rde. Quand rien ne se voit, personne ne cherche. C'est pour cela que les femmes autistes sont diagnostiquées si t**d.

À cela s'ajoute le trauma. Le Cn2r documente que les personnes autistes ont six fois plus de risques de développer un TSPT, et que les symptômes des deux se recouvrent au point qu'il reste sous-diagnostiqué.
https://lnkd.in/eq3g4ZvJ

Dans mon cas, deux diagnostics dus au trauma : TSPT-C et trouble dissociatif de l'identité. Le masking cachait l'autisme, la dissociation cachait le trauma, chacun rendant l'autre illisible.

Un diagnostic t**dif, c'est une vie passée à compenser sans savoir pourquoi.

Je n'ai plus de liens familiaux.Rupture avec ma mère, ma sœur, un frère, mes trois demi-frères et ma demi-sœur. Perte de...
24/08/2026

Je n'ai plus de liens familiaux.

Rupture avec ma mère, ma sœur, un frère, mes trois demi-frères et ma demi-sœur. Perte de tous mes amis d'enfance.

Cela n'a pas commencé à ma sortie.

Ma famille élargie était diabolisée. Mes grands-parents paternels étaient présentés comme hostiles, comme mauvais, par le gourou et par mon propre père. Les visites étaient soumises à autorisation et pouvaient être refusées. Adolescente, on m'a interdit d'aller à l'enterrement de ma grand-mère.

C'est ce que Hassan décrit dans le modèle BITE : couper les liens extérieurs, apprendre à s'en méfier, faire de la sortie une catastrophe sociale.

À la place, une famille de substitution. Nous étions tous frères et sœurs dans la dérive sectaire. Le gourou tenait le rôle du père, décidait pour moi, pour mes parents, pour ma fratrie. J'ai été élevée davantage par des adultes qu'il désignait que par ma famille.

Quitter un tel groupe, c'est donc perdre deux familles d'un coup. Celle du sang, avec qui les liens avaient été coupés progressivement. Et celle du dedans, immense, qui vous efface aussitôt.

L'effacement est un rite dans la dérive. On retire les photos. On change de trottoir. On ne regarde pas, on ne parle pas.

Reste l'apprentissage social. J'ai appris à créer des liens dans un système d'emprise. Mes repères sont donc faux. Je n'ai pas appris à repérer ce qui est dysfonctionnel, à distinguer une relation d'un rapport de contrôle, à savoir ce qui est violent et ce qui ne l'est pas. On retombe dans ce qu'on connaît.

Reste l'impossibilité de raconter. Ce que j'ai vécu n'a aucun équivalent dans la vie de mes interlocuteurs. Il n'y a pas de référence commune, pas d'expérience approchante à laquelle rattacher mon récit. Alors les gens ne comprennent pas ou changent de sujet. On finit par ne plus rien dire, et l'isolement se referme.

Le droit connaît le préjudice d'affection, la douleur de perdre un proche par la faute d'un tiers. Il ne prévoit rien pour la suppression organisée de tous les liens d'une personne, avant comme après.

On ne perd pas seulement des gens. On perd le monde dans lequel on savait vivre.

Il existe des deuils que personne ne reconnaît, parce qu'ils ne portent sur personne de mort.Le deuil de l'enfance ordin...
23/08/2026

Il existe des deuils que personne ne reconnaît, parce qu'ils ne portent sur personne de mort.

Le deuil de l'enfance ordinaire. Pas de jouets à soi, pas de vêtements choisis, pas de sorties, pas de vacances. Une privation directe, organisée par la doctrine et par l'appauvrissement volontaire des familles.

Le deuil de l'insouciance. Il faudrait avoir été en sécurité quelque part, une fois, pour savoir ce que c'est.

Le deuil de l'adolescence. Pas de premières fois, pas d'essais, pas d'erreurs permises, pas de corps qui vous appartient.

Le deuil du premier amour. Le mien a existé, une correspondance avec un jeune homme. Le gourou et sa femme l'ont su, m'ont convoquée, ont menacé, humilié. Tout contact a été interdit, même pour dire au revoir.

Le deuil de la vie de jeune femme, celle où l'on décide où l'on habite, avec qui l'on sort, ce que l'on fait de ses journées.

Le deuil de la vie de femme mariée quand on a eu un mariage forcé. Ce que je porte n'est pas le souvenir d'un couple, c'est celui d'une contrainte.

Le deuil de la communauté, du sens et de l'identité construits depuis la naissance. Sortir, c'est perdre en une fois son monde, son passé, son langage, son avenir et l'explication de sa propre existence.

Le deuil de la famille idéale, celle qui n'a jamais pu exister et ne pourra jamais exister, parce que les personnes qui auraient dû la constituer sont mortes, sous emprise ou complices. Celle que j'ai eue enfant, et celle que j'ai construite adulte.

Le deuil d'une vie sans traumatismes. Sans les blessures, les cassures et les handicaps qu'ils ont laissés, et avec lesquels je vis chaque jour.

Ces deuils ont une caractéristique commune. Ils sont cumulatifs, ils se résolvent difficilement par le temps, et ils ne portent sur rien de perdu, mais sur ce qui n'a jamais eu lieu. La clinique les appelle deuils blancs ou pertes ambiguës.

Aucune institution ne les reconnaît. Ils ne donnent droit à rien, ni à un arrêt, ni à une reconnaissance, ni à un mot sur un formulaire.

On peut passer sa vie à porter le deuil de ce qu'on n'a jamais eu.

Sortir d'une dérive sectaire coûte à la personne. Cela coûte aussi à la collectivité, et personne ne compte cette part-l...
22/08/2026

Sortir d'une dérive sectaire coûte à la personne. Cela coûte aussi à la collectivité, et personne ne compte cette part-là.

Voici ce que ma reconstruction a coûté à la Société, reconstitué approximativement.

Six ans et demi de suivi psychiatrique hebdomadaire en libéral, de septembre 2017 à février 2024 : de l'ordre de 17 000 euros.

Cinq ans de suivi mensuel en centre de psychotraumatologie hospitalier, d'août 2021 à juillet 2026 : de l'ordre de 12 000 à 15 000 euros.

Trois hospitalisations psychiatriques, en décembre 2011, mai 2018 et septembre 2022, pour un ordre d'environ 25 000 euros.

Des arrêts maladie répétés.

Et depuis les diagnostics, une allocation aux adultes handicapés (AAH) de 603,51 euros par mois, une reconnaissance de travailleur handicapé et une affection de longue durée (ALD).

Le total dépasse 54 000 euros de dépenses publiques, auxquels s'ajoute l'AAH versée chaque mois.

Chaque euro de cette liste est la conséquence directe de violences commises dans un groupe que l'Église catholique a reconnu canoniquement pendant plus de trente ans, et que l'État a laissé fonctionner jusqu'en 2015. Aucun de ces euros n'a été réclamé aux auteurs. Aucune action récursoire n'a été engagée.

C'est le cœur du problème économique des dérives sectaires. Le groupe capte le travail, les biens et les cotisations pendant des décennies. Il produit des personnes malades, sans qualification et sans droits. Puis la collectivité paie les soins, les allocations et la reconstruction, pendant que le patrimoine capté, lui, reste au service du gourou.

La CIIVISE a chiffré le coût économique du déni des violences se*****es faites aux enfants à 9,7 milliards d'euros par an. Personne n'a encore fait ce calcul pour les dérives sectaires.

Tant que ce coût reste invisible, la dérive sectaire restera un modèle économiquement viable.

Adresse

17, Boulevard Champfleury
Avignon
84000

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