28/04/2026
Le rétablissement du Trouble Dissociatif de l'Identité (TDI) existe. La littérature scientifique le documente, et je l'expérimente.
Le modèle de traitement en trois phases, théorisé par Van der Hart, Nijenhuis et Steele dans le cadre de la dissociation structurelle, articule un parcours rigoureux : stabilisation et sécurité, traitement des mémoires dissociatives traumatiques, puis intégration et reconnexion. La phase 3 est celle de l'espoir, de la cohabitation, de la coopération entre parties dissociatives, et progressivement de leur intégration les unes aux autres.
J'y suis.
Je suis née et j'ai grandie dans une dérive sectaire où j'ai subi des violences extrêmes et répétées qui ont structuré mon TDI comme système de survie, j'ai commencé une véritable prise en charge en 2014. Le diagnostic a été posé en 2018 par deux psychiatres et une psychologue. Plus de dix ans de travail thérapeutique.
Aujourd'hui, certaines de mes parties dissociatives se sont intégrées les unes aux autres. Pas encore toutes. Mais le chemin est ouvert.
Il m'arrive de me regarder vivre comme une observatrice. Je compare avant et après, mes réactions d'hier et celles d'aujourd'hui. Je mesure des changements significatifs. Une gratitude profonde monte alors, pour ce que mes parties dissociatives et moi avons traversé, pour les souffrances dépassées, pour les combats menés envers et contre tout.
Je souffre encore. Parce qu'une partie dissociative non intégrée, c'est un fil qui me relie à un événement traumatique. Tant que ce fil tient, mon passé rejoue dans mon présent. C'est précisément pour cela que mon objectif de soin reste l'intégration. Je ne veux plus être pilotée par mon passé. Je ne veux plus que mes agresseurs aient prise sur ce que je pense, vis, éprouve aujourd'hui.
Ce chemin, je ne l'ai pas parcouru seule. Mes soignantes ont été des guides. Leur implication, leur formation, leur rigueur clinique ont fait la différence. Grâce à elles, je me suis enfin sentie vue, entendue dans ma souffrance, dans ce que j'avais vécu, dans qui j'étais et dans la logique de mon fonctionnement. Elles se sont battues à mes côtés. Du fond du cœur, merci.
Et merci à tous les soignants qui s'impliquent, qui se forment, qui mènent ces combats pour que les enfants que nous avons été soient enfin entendus, crus, soutenus à la hauteur de leur courage.
À toutes les personnes paires engagées dans ce parcours : une vie en dehors de la survie existe. Une vie de bien-traitance existe. Et vous y avez droit.
Continuez.