09/02/2026
Hier, j’ai animé un « cabinet public » pour des élèves de terminale…
Deux classes, accompagnées de leurs professeurs de philosophie, à l’initiative du projet.
Leur envie : sensibiliser au pouvoir des mots, en abordant l’hypnose, la notion d’inconscient, les neurosciences…
Et forcément, face à eux, une question m’est venue :
à leur âge, quels mots m’ont façonné… sans que je m’en rende compte ?
En entrant dans la salle, quelque chose m’a frappé. Leurs regards. Un mélange de curiosité, de distance, parfois de scepticisme. Et soudain, je me suis revu là. Assis à leur place. Découvrant la philosophie, le concept d’inconscient.
À l’époque, on m’en parlait surtout en termes freudiens. Déjà, cette vision me dérangeait un peu. Trop idéologique. Un peu simpliste. J’aurais aimé qu’on me montre plus tôt à quel point ces notions sont vivantes. À quel point elles nous traversent, au quotidien. Alors, hier, on a parlé des mots. De leur pouvoir discret. De la façon dont ils ne se contentent pas de décrire le réel, mais le modèlent.
En hypnose, c’est presque tangible. Une anesthésie, par exemple : quelques mots, et la perception se transforme, au point qu’une partie du corps ne ressent plus rien.
Mais les effets les plus profonds sont souvent les plus silencieux. Les mots que l’on entend enfant, adolescent. Ceux qui circulent dans une famille, dans une culture, dans une époque.Ils dessinent des cadres. ils ouvrent des chemins et en ferment d’autres.
On grandit avec eux.Et parfois, on passe ensuite une partie de sa vie à essayer de comprendre d’où ils viennent,ce qu’ils ont façonné en nous,et ce qu’ils continuent d’influencer.Je ne sais pas si ce travail peut être évité.Peut-être est-il nécessaire.Peut-être fait-il simplement partie du chemin.Mais je me dis qu’il est peut-être possible, très tôt,de semer autre chose.Des fissures.Des espaces.
Pour que, le jour où ce sera le bon moment,il soit un peu plus facile de retrouverdu mouvementet de la liberté.
C’est ce que j’ai tenté de faire hier...
Un grand merci à ces professeursd’avoir osé cette initiative.